Critiques Séries : Criminal Minds: Evolution. Saison 4. Episode 8.

Critiques Séries : Criminal Minds: Evolution. Saison 4. Episode 8.

Criminal Minds: Evolution // Saison 4. Episode 8. Requiem for a Dream.

 

On avance bien dans cette saison 4 d'Criminal Minds: Evolution (ou saison 19 pour les puristes), et l'épisode 8, intitulé Requiem, fait vraiment du bien. Après pas mal d'épisodes qui tentaient tant bien que mal de redonner de la voix aux enquêtes classiques du FBI, on tient enfin le bon dosage. C'est l'épisode qui réussit à faire cohabiter les émotions des agents, le suspense d'un tueur du dimanche et le gros fil rouge de la saison sans que l'un ne bouffe l'autre. Le revival avait parfois tendance à s'enfermer dans son histoire de réseau de tueurs à rallonge, quitte à en oublier ce qui faisait le sel de la série originale : une bonne vieille traque bien flippante. 

 

Cette fois, la série trouve son rythme de croisière en alternant intelligemment l'affaire de la semaine et le cas Elias Voit. Et ça marche super bien. Pour l'enquête du jour, l'équipe se frotte à un croque-mort qui profite un peu trop de son boulot pour commettre ses crimes. Dit comme ça, ça ressemble au scénario d'un film d'horreur de série B un peu lourd. Pourtant, la série choisit l'option inverse. Pas besoin de litres de sang ou de jump scares gratuits, tout passe par une ambiance ultra lourde. Le tueur est d'un calme plat, presque mécanique, ce qui rend le personnage super dérangeant. Visuellement, l'épisode a de la gueule. Les réalisateurs ont fait un super boulot sur les lumières et les décors froids de la chambre funéraire. 

Ces plans silencieux, presque figés, installent un malaise permanent. La violence est bien là, mais elle est suggérée par la mise en scène plutôt que balancée gratuitement à la figure du spectateur. Ce côté hyper soigné rappelle les meilleures heures des premières saisons de Criminal Minds, mais avec le ton plus adulte et sombre qu'apporte la version Evolution. Ce focus sur la mort et le deuil n'est pas choisi au hasard, il résonne directement avec ce que vivent nos profilers. Luke en a bavé récemment, et JJ essaie toujours de remonter la pente après le départ de Will. On sent que les scénaristes ont voulu montrer des flics plus humains, plus touchés par la vie, sans pour autant ralentir le rythme de la traque. Pour souffler un peu au milieu de cette noirceur, l'épisode s'accorde une vraie pause. 

 

La petite fête pour Henry fait un bien fou. C'est le genre de scène qu'on avait un peu perdu de vue depuis le retour de la série, alors que ces moments de complicité font partie de l'ADN de la bande. Voir l'équipe réunie comme une famille rappelle pourquoi on est attaché à eux depuis tant d'années. Les dialogues sonnent juste, c'est simple et sincère. On s'attarde un peu sur JJ : elle sourit, elle est là pour son fils, mais on devine la fêlure derrière. La série gère ça avec finesse, sans pathos inutile, juste en montrant qu'elle avance malgré le vide. Du côté de la grande intrigue, ça commence à chauffer pour Elias Voit. Le tueur manipulateur qui avait toujours un coup d'avance est en train de perdre les pédales. 

Le voir dépassé par les événements et subir la situation, c'est le gros point fort de cette saison. Voit comprend que son mystérieux fan est un électron libre hyper dangereux qui échappe complètement à son contrôle. Pour la première fois, on voit ce monstre flipper, surtout quand il capte que ses proches sont dans le viseur. Ses face-à-face avec Tara Lewis sont d'ailleurs excellents. On n'est plus du tout dans le jeu du chat et de la souris habituel. On sent un Voit aux abois, qui gratte de l'aide sans pouvoir vider son sac. Ça crée une tension hyper efficace. En parallèle, l'ombre de "The Fan" plane toujours. J'aime beaucoup le fait que la série prenne son temps et ne l'abatte pas toutes ses cartes d'un coup. Ça change des résolutions à la va-vite et ça donne vraiment envie de voir la suite.

 

Tout n'est pas parfait pour autant. Les segments avec Voit tirent parfois un peu en longueur. J'aurais préféré que l'épisode lâche deux ou trois minutes de psychologie avec Voit pour creuser un peu plus le profil et le passé de notre croque-mort de la semaine, qui restait un super antagoniste. 

 

Note : 7/10. En bref, à deux épisodes du final, la sauce prend bien. Le BAU est soudé, la menace grimpe d'un cran et l'équilibre est enfin là. Si les deux derniers épisodes restent sur cette lancée, cette saison 4 sera clairement la plus solide et la plus fidèle à l'esprit Criminal Minds qu'on ait eue depuis le début du revival.

Prochainement sur Paramount+, TF1 et TF1+

 

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