15 Juillet 2026
Avec ses deux premiers épisodes, la saison 1 de The Westies nous plonge directement dans le grand bain du crime organisé new-yorkais. Ici, pas de fioritures : les alliances tiennent à un fil et la moindre erreur se paie cash. La série ne se contente pas de raconter comment un gang irlandais tente de faire sa place à Hell's Kitchen. Elle montre surtout l'envers du décor : les guerres d'ego, les arrangements foireux pour rester en vie et le choc frontal entre les anciens, accrochés aux traditions, et la nouvelle génération, prête à tout faire sauter pour imposer ses propres règles. Dès le départ, c'est la relation ultra tendue entre les Westies et la puissante famille Gambino qui dicte le tempo. Eamon Sweeney, le boss des Irlandais, passe son temps à marcher sur des œufs.
Au début des années 1980, la construction du centre d'exposition Jacob Javitz, sur le territoire des Westies, un gang irlandais particulièrement redouté de Hell’s Kitchen, laisse entrevoir une manne financière. Bien qu’en nette infériorité numérique face aux cinq puissantes familles de la mafia italienne, leur brutalité et leur ruse leur ont permis de se tailler une part du butin, dans un équilibre aussi fragile que temporaire. Mais les tensions internes, entre une jeune génération plus audacieuse et des dirigeants attachés aux vieilles méthodes, menacent d’enflammer la poudrière et de plonger les Westies au cœur d’une enquête du FBI qui ne cesse de gagner en intensité.
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S'il fait tout pour maintenir une paix fragile avec la mafia italienne, ce n'est pas par sympathie, mais par pur pragmatisme. Il sait pertinemment que son équipe n'a pas les reins assez solides pour assumer une guerre ouverte. En plus, le colossal chantier public du Javits Center représente une mine d'or absolue. C'est l'unique raison pour laquelle Eamon serre les dents et force les siens à ravaler leur fierté face aux provocations. Mais ce calme de façade vole en éclats quand Davey, un membre instable des Westies, prend pour cible Vinnie, un poids lourd du clan Gambino. Pour éviter que la situation ne devienne incontrôlable, Eamon prend une décision radicale : il fait éliminer son propre homme.
Le message est glacial mais limpide : le business passe avant les potes. Sauf que ce choix laisse des traces et commence à fracturer le groupe de l'intérieur, à commencer par Jimmy Roarke. Jimmy est l'un des personnages les plus captivants de ce début de saison. Sa loyauté envers Eamon est totale, mais elle est mise à rude épreuve. Même s'il capte la logique stratégique de son boss, il a l'impression tenace de trahir le code d'honneur et les valeurs qui ont forgé l'identité même des Westies. On sent qu'il est coincé entre deux feux, déchiré entre son obéissance et ses tripes. Il n'est pas encore un rebelle, mais il n'est plus tout à fait le soldat aveugle du début. Pour ne rien arranger, le retour de Mickey Flanagan après un séjour à l'hôpital vient dynamiter ce fragile équilibre.
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Mickey, c'est l'élément inconnu par excellence. Contrairement aux autres, il refuse catégoriquement de courber l'échine devant les Italiens. Son attitude imprévisible fout rapidement le bazar, mais elle met aussi en lumière une rage et des frustrations que les autres membres du gang s'efforçaient de cacher. À côté de ce conflit central, le premier épisode pose d'autres pions importants, comme Bridget et Glenn Keenan. Bridget apporte une vraie profondeur politique à l'intrigue grâce à ses liens passés avec l'IRA. De son côté, Keenan gère le côté flic corrompu. C'est un ancien agent respecté qui s'est brûlé les ailes et se retrouve coincé dans une position intenable : il doit rendre des comptes au FBI tout en protégeant ses arrières avec Eamon. Un vrai numéro d'équilibriste.
Le deuxième épisode passe à la vitesse supérieure et montre les retombées directes de toute cette tension. Après la disparition de Vinnie, Jimmy tente de sauver les meubles et d'éviter les représailles sanglantes des Gambino. Son plan consiste à faire croire que Vinnie a simplement pris la fuite. C'est malin sur le papier, mais cela montre surtout les limites logistiques des Westies. Ils pensent maîtriser la situation, alors qu'ils ne font que repousser l'échéance. Le maquillage des preuves vire d'ailleurs au fiasco symbolique. Le plan de Jimmy demande une rigueur et une discipline que ses hommes n'ont pas. Entre les coups de sang, l'amateurisme et les réactions impulsives de la bande, le contraste est violent avec le professionnalisme ultra carré de la famille Gambino.
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La menace italienne se précise d'ailleurs très vite. John Gotti commence à s'en mêler et flaire l'arnaque derrière l'absence de Vinnie. Pendant que Jimmy essaie désespérément de gagner du temps, les Gambino repèrent déjà les failles. On voit bien la différence de niveau : les Westies agissent sous le coup de l'émotion, tandis que leurs rivaux posent leurs pions de manière hyper stratégique. Au milieu de ce chaos, Keenan continue de naviguer en eaux troubles. Son profil de double agent injecte une grosse dose de suspense. Avec son passé militaire et ses secrets, il est impossible à cerner. Ce n'est ni un bon flic infiltré, ni un vrai voyou. Cette ambiguïté totale va clairement peser lourd sur la suite des événements.
Note : 7.5/10. En bref, ces deux premiers épisodes installent une intrigue solide, basée sur l'engrenage infernal de mauvaises décisions. La série évite le piège de la fusillade gratuite pour se concentrer sur les dilemmes psychologiques. Eamon veut sauver les meubles et assurer l'avenir financier du clan, mais il est en train de perdre l'âme de son groupe. La fracture est ouverte, et la suite s'annonce explosive.
Prochainement en France
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