Critique Ciné : Southern Scares (2026, Amazon Prime Video)

Critique Ciné : Southern Scares (2026, Amazon Prime Video)

Southern Scares // De Paul Rowe. Avec Dee Wallace, Mila Rose et Shifali Baliga.

 

Sur le papier, le pitch de Southern Scares avait presque de quoi réveiller le cinéphile blasé qui sommeille en moi. Prenez une bonne dose de folklore poisseux du sud des États-Unis, saupoudrez le tout d'une esthétique VHS bien rétro et emballez le paquet dans du found footage à l'ancienne. Le réalisateur Paul Rowe nous promettait un hommage vibrant aux grandes heures de l'épouvante des années 80 et 90. En réalité, il nous livre surtout un somptueux calmant, idéal pour lutter contre l'insomnie mais catastrophique si l'on espérait ressentir le moindre frisson. 

 

Dans les années 90, une employée de vidéoclub découvre de terrifiants secrets dans la série documentaire de sa sœur disparue, mêlant mystère, horreur et folklore du Sud américain.

 

L’aventure démarre pourtant dans un vieux vidéoclub poussiéreux, le genre d’endroit qui tire une petite larme nostalgique à ceux qui ont connu l’époque glorieuse des bandes magnétiques qu’on devait rembobiner sous peine d’amende. Ellen y trouve un colis suspect envoyé par sa sœur Roberta, mystérieusement disparue alors qu'elle traquait des monstres locaux. À l'intérieur, des cassettes pleines de grésillements censées nous plonger dans l’horreur brute de l'Amérique profonde. C’est la seule idée qui tient à peu près debout. Visuellement, le côté vieux téléviseur cathodique et pellicule volontairement dégradée fait son petit effet au début. Mais une jolie coque ne suffit pas à faire avancer un navire qui prend l'eau de toutes parts.

 

Le rythme du film est un modèle d'inefficacité dramatique. On attend que l'intrigue démarre, on attend encore, et puis on finit par regarder sa montre. L'installation du mystère s'étire tellement qu'on oublie presque pourquoi on est là. Les scènes s'enchaînent sans la moindre tension, plate après plate, comme une succession de diapos de vacances ennuyeuses. On cherche désespérément le fil conducteur, mais le scénario préfère visiblement faire du surplace. Le gâchis est d’autant plus frustrant que le folklore du Sud regorge de monstres et de légendes sordides qui auraient pu offrir une matière incroyable. Sauf qu'ici, dès qu'une de ces histoires locales commence à piquer notre curiosité, le montage coupe court pour passer à la suite sans aucune transition logique. 

 

C'est du zapping permanent. On effleure chaque mythe sans jamais creuser, nous laissant avec une terrible impression de vide et de travail bâclé. Pour couronner le tout, le choix du found footage se transforme rapidement en supplice oculaire. Si vous êtes sensible au mal des transports, fuyez. Les mouvements de caméra incessants et faussement chaotiques ne renforcent jamais le réalisme, ils rappellent juste les pires vidéos de vacances de votre oncle un peu trop enthousiaste. Ce n’est pas de la mise en scène, c'est de l'amateurisme déguisé en concept artistique. Au lieu de frémir d'angoisse, on lutte activement contre la migraine. Côté distribution, ce n'est pas le naufrage absolu, mais on est très loin des sommets de l'interprétation. 

 

Sydney Gowan et Emma Gaines font ce qu’elles peuvent pour avoir l'air terrifiées, mais le scénario vide ne leur laisse aucune chance de briller. Le grand-père du vidéoclub, joué par Jason Townsend, apporte une petite étincelle, et on aperçoit même la légendaire Dee Wallace pour une apparition clin d'œil. C’est sympathique pour les nostalgiques d'E.T. ou de Cujo, mais sa présence ressemble surtout à une caution de genre désespérée pour essayer de sauver les meubles. Le pire outrage reste quand même la promesse horrifique non tenue. Un film d'horreur qui refuse de faire peur, c'est comme un resto de sushis sans poisson. Quelques ombres bougent, une musique s'excite dans le vide, mais l'électrocardiogramme du spectateur reste désespérément plat. 

 

Et quand arrive le dénouement, c'est le coup de grâce. Après avoir patiemment enduré toute cette lenteur, on nous balance une conclusion bâclée, sans queue ni tête, qui laisse la moitié des questions en suspens. On sent le manque cruel de budget et d'inspiration pour boucler le récit proprement. 

 

Note : 1/10. En bref, Southern Scares est un gâchis de potentiel monumental. Ce folklore sudiste si riche sert uniquement de papier peint pour masquer la pauvreté d'une écriture sans souffle. Ce n'est même pas un nanar rigolo dont on peut rire entre amis, c'est juste un navet mou qui s'auto-satisfait de sa petite esthétique rétro. Si vous cherchez un vrai frisson ou une histoire solide, passez votre chemin sans regret et laissez cette cassette prendre la poussière là où elle est.

Sorti le 13 juillet 2026 directement sur Amazon Prime Video

 

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