Critiques Séries : Anna Pigeon. Saison 1. Episode 3.

Critiques Séries : Anna Pigeon. Saison 1. Episode 3.

Anna Pigeon // Saison 1. Episode 3. The Preacher.

 

C'est cosy mais ça ne brille pas vraiment. L'actrice principale fait le job, son histoire d'amour est plutôt mignonne, mais du côté du cas de la semaine, on se retrouve rapidement face aux travers habituels des cosy dramas de USA Network à l'époque. Avec ce troisième épisode, la série commence doucement à élargir son univers. L’enquête du jour ne sert pas uniquement à poser un nouveau mystère au milieu du parc naturel. Elle permet surtout d'amener l’héroïne à se confronter directement à certaines de ses certitudes tout en poussant un peu plus les figures secondaires sur le devants de la scène. 

 

Une trajectoire assez bienvenue pour un show qui ne cherche visiblement pas à rendre son personnage principal parfait ou toujours facile à apprécier. C’est d'ailleurs ce qui ressort le plus de cette heure. Anna a beau être déterminée, intuitive et parfois attachante, son comportement devient par moments franchement difficile à défendre. Dans « The Preacher », son attitude vis-à-vis de la religion et des anciens détenus m’a laissé un petit goût amer. Mais la formule fonctionne tout de même, parce que le récit l'oblige à remettre son propre jugement en question avant le générique de fin. Son personnage reste profondément marqué par la mort tragique de son mari et par le traumatisme qui l’a poussée à tout plaquer. 

Si son installation dans le parc devait lui offrir un nouveau départ, sa méfiance naturelle reprend constamment le dessus dès qu'un problème survient dans les parages. Dans cet épisode, Manny se retrouve accusé d’un braquage qu’il jure ne pas avoir commis. Anna refuse de croire à sa culpabilité et préfère creuser d'autres pistes. Son instinct ne la trompe pas sur le fond, mais c'est sa façon d'aborder les suspects qui agace. Elle braque immédiatement son projecteur sur le pasteur local sous prétexte qu'il a un passé judiciaire, alors que le type essaie juste de se racheter une conduite en réinsérant d'anciens prisonniers. La série pose une question classique sur le pardon et la seconde chance, mais Anna bloque complètement au début.

 

La religion occupe d'ailleurs une place centrale ici. Manny et sa compagne Bethany sont très ancrés dans leur foi, alors qu'Anna affiche un scepticisme presque agressif. Qu'elle ne partage pas leurs croyances est une chose tout à fait compréhensible, mais son manque de tact envers leur mode de vie m'a un peu dérangé. Pour eux, cette communauté sert de pilier. À l'inverse, le prosélytisme maladroit du couple envers Anna manque aussi de respect pour ses limites personnelles. Heureusement, l'écriture évite le piège du débat manichéen et préfère nuanced le propos : chacun doit composer avec les convictions de l'autre sans imposer sa vision. Concernant l'intrigue policière proprement dite, on reste sur du classique. 

Un braqueur masqué se faisant appeler le « Preacher » dévalise une banque en copiant le mode opératoire d'un vieux criminel de la région. Manny fait le suspect parfait en raison de ses galères financières. Anna tique sur quelques détails bancals et remonte jusqu'au véritable ancien Preacher, devenu un homme bien qui tente d'aider son prochain. C'est en réalisant que quelqu'un utilise ce passé pour lui faire porter le chapeau qu'elle démasque le vrai coupable, tapis dans l'ombre. Pour être totalement franc, l'enquête pure n'est pas le point fort de l'épisode. Les ficelles restent un peu grosses et le dénouement tombe de manière un peu trop téléphonée. En revanche, cela sert bien le développement personnel de l'héroïne.

 

Le vrai bon point revient au temps accordé à Frederick, l'agent du FBI. La série a la bonne idée de ne pas tout centrer exclusivement sur Anna et laisse respirer ses protagonistes secondaires. Frederick commence à fouiller discrètement les circonstances floues autour de la mort de Zach, le mari d'Anna. Cette sous-intrigue apporte un vrai plus au récit, surtout qu'Anna continue d'être hantée par des cauchemars précis, notamment autour d'un mystérieux manteau rouge aperçu la nuit du drame. La tension subtile et l'attirance naissante entre eux ajoutent une couche de complexité très intéressante pour la suite. Molly, la sœur d'Anna, ainsi que le couple formé par Manny et Bethany profitent aussi de moments plus posés. 

Ces scènes permettent au décor du parc d'exister par lui-même, plutôt que de servir de simple toile de fond prétexte. Au final, ce troisième épisode s'avère imparfait mais utile. L'enquête manque de punch et d'originalité, mais l'évolution d'Anna équilibre l'ensemble. Ses failles, son manque d'empathie initial et ses erreurs de jugement la rendent humaine. Une héroïne imparfaite qui apprend de ses erreurs aura toujours plus d'intérêt à mes yeux qu'une enquêtrice infaillible. La série commence enfin à poser ses vraies bases, il va maintenant falloir transformer l'essai sur les prochains épisodes.

 

Note : 5/10. En bref, ce troisième épisode s'avère imparfait mais utile. L'enquête manque de punch et d'originalité, mais l'évolution d'Anna équilibre l'ensemble. Ses failles, son manque d'empathie initial et ses erreurs de jugement la rendent humaine. 

Prochainement en France

 

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