Paris is Always a Good Idea (Mini-series, épisodes 5 et 6) : un final plus malin qu’il n’y paraît

Paris is Always a Good Idea (Mini-series, épisodes 5 et 6) : un final plus malin qu’il n’y paraît

Après avoir passé une bonne partie de la mini-série à courir après ses ex, Chelsea touche enfin au but dans ces épisodes 5 et 6. Le voyage touche à sa fin, et on comprend enfin le vrai sens de tous ces rendez-vous nostalgiques. Il ne s'agissait pas de trouver le bon mec parmi ses vieux souvenirs, mais de piger ce qu'elle voulait vraiment faire de sa vie. Et surtout avec qui elle avait envie d'être. L'épisode 5 embarque Chelsea en Espagne pour retrouver Marcos. Après Colin et Sebastian, le ton change. Marcos représente une vie alternative plausible, celle qu'elle aura pu avoir si le destin ne l'avait pas ramenée aux États-Unis. Installé dans un grand domaine viticole, le personnage semble cocher toutes les cases. 

 

Il a les moyens de monter des projets intelligents, s'intéresse sincèrement à ce qu'elle pense et accepte de remettre en question sa petite routine dorée. Ce qui marche bien dans leur dynamique, c'est que Chelsea ne lui tombe pas tout de suite dans les bras. Elle garde son caractère, lui balance ses quatre vérités et lui fait comprendre que son fric pourrait servir à des trucs un peu plus utiles qu'un simple confort personnel. Cette franchise tape dans le mille. Marcos écoute, prend des notes et évolue. On sent qu'elle a laissé une vraie trace chez lui, même après tout ce temps. Pourtant, la sauce ne prend pas complètement. Même face à un mec séduisant, disponible et prêt à tout lui offrir sur un plateau, l'esprit de Chelsea repart sans arrêt vers Knightley. 

C'est l'un des très bons choix de la série : montrer qu'un cadre parfait ne suffit pas à effacer ce qu'on ressent vraiment pour la personne laissée à la maison. Marcos passe à la vitesse supérieure et lui propose une vraie opportunité pro avec la création d'une fondation. L'offre est en or. Chelsea pourrait enfin bosser pour une cause qui lui tient à cœur tout en vivant dans un cadre idyllique. Pendant quelques minutes, l'Espagne ressemble à la solution miracle. Mais la réalité la rattrape à chaque fois qu'elle pense à Knightley. Même s'il est physiquement absent pendant une bonne partie de cette intrigue, le personnage joué par Scott Michael Foster prend une place énorme. 

 

Chelsea se rend compte qu'elle ne le voit pas juste comme un collègue sympa ou un crush de passage. Il lui manque, tout simplement. Cette prise de conscience remet l'histoire sur les rails et donne enfin du relief à la narration. L'épisode 6 s'attaque directement aux dégâts provoqués par les non-dits. Chelsea prend une décision qui risque d'éloigner Knightley pour de bon, tandis que lui reste persuadé qu'elle a choisi la vie espagnole. C'est la grande force et le gros problème de leur duo : ils sont incapables de se parler franchement. Knightley pense que l'affaire est pliée, Chelsea s'imagine qu'il ne comprendrait jamais son geste. Chacun interprète le silence de l'autre dans son coin. 

Ça pourrait être agaçant, mais ça reste fidèle à ce qu'on sait d'eux depuis le début, entre piques ironiques et refus d'assumer leurs sentiments. Il faut attendre un vrai déclic pour que les choses bougent. Ce déclic arrive au mariage de Glenn et Sherrie, le père de Chelsea. Depuis le début, elle refusait de le voir refaire sa vie après la mort de sa mère. En le voyant s'engager auprès de Sherrie, elle pige enfin un truc essentiel : avancer et réapprendre à aimer ne veut pas dire oublier les morts. Son père ne trahit personne, il continue juste son chemin. Cette révélation fait directement écho aux dernières volontés de sa mère, qui lui avait demandé d'explorer le monde et de profiter de la vie. 

 

Chelsea avait mal interprété ce message en voulant protéger la mémoire familiale par la peur d'aimer. La cérémonie remet les idées en place au meilleur moment. Ce dernier chapitre permet à Lacey Chabert de montrer une facette beaucoup plus mature de son personnage. La Chelsea rigide qui se réfugie dans la boulot dès que ça chauffe laisse place à une femme prête à prendre des risques. Sa déclaration à Knightley ressemble d'ailleurs comme deux gouttes d'eau à un pitch de présentation pro, ce qui colle à 100 % avec sa personnalité. Derrière l'aspect propret et l'humour, l'intention est enfin claire. Ce choix éclaire aussi la structure un peu bizarre des premiers épisodes. 

Le mariage aperçu tout au début n'était pas un simple artifice d'écriture pour faire tenir le suspense, mais la vraie ligne d'arrivée d'une femme qui devait apprendre à se faire confiance. La fin boucle joliment l'arc de Chelsea tout en laissant la porte ouverte pour les autres, notamment pour Annabelle. C'est ce qui rend cette conclusion réussie : Chelsea ne finit pas juste dans les bras d'un mec. Elle se réconcilie avec sa famille, accepte de voir son père heureux et arrête d'utiliser le deuil comme une excuse pour geler sa propre existence. 

 

Note : 6/10. En bref, les épisodes 5 et 6 concluent la série avec une idée très juste : le passé sert à se construire, pas à s'enfermer. Chelsea aura traversé la planète pour retrouver ses souvenirs, avant de réaliser que la seule histoire qui comptait vraiment s'écrivait au présent.

Prochainement en France

 

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