31 Août 2026
Quand une comédie romantique décide d’aborder la trentaine avec une bonne dose de pragmatisme, ça donne Settling. Cette série néo-zélandaise signée Hannah Marshall et Pax Assadi prend un pitch de départ très classique pour le transformer en un récit bien plus ancré dans la réalité. Le principe est simple : deux anciens camarades de lycée s'étaient promis de se marier s'ils se retrouvaient encore célibataires vingt ans plus tard. Ce qui n’était qu'une boutade en 2006 devient subitement un plan de secours tout à fait raisonnable en 2026.
Deux trentenaires déçus mettent en œuvre leur pacte d'adolescence, un mariage platonique, pour satisfaire les attentes de la famille et de la société.
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Les deux premiers épisodes de cette première saison posent les bases d'une histoire qui fait rire, mais qui touche aussi très juste sur la vie adulte, la solitude et le besoin de trouver sa place quand tout ne s'est pas déroulé comme prévu. Ce pacte d’adolescents qui resurgit deux décennies plus tard ne relève pas du coup de foudre. Le premier épisode prend le temps de nous montrer où en sont Harry et Sal avant qu'ils ne se croisent à nouveau. Le tableau n'est pas vraiment idéal. Sal sort d'un divorce difficile, vit mal son célibat et ne supporte plus les remarques de sa famille. Harry galère tout autant de son côté, entre une rupture compliquée avec son boss et des finances dans le rouge qui l'empêchent de se loger correctement.
La réunion des anciens élèves débarque au bon moment. En faisant le bilan de leurs vies, ils réalisent qu'ils sont exactement là où ils craignaient d'atterrir. Plutôt que de laisser ce pacte au rang des vieux souvenirs, ils décident de le prendre au pied de la lettre. Ce qui rend la démarche intéressante dès le départ, c'est l'absence totale de grand romantisme. On ne parle pas ici d’un coup de tête passionnel. Pour Sal, ce mariage est une porte de sortie face à la pression sociale. Pour Harry, c'est l'opportunité de trouver une stabilité financière et d'envisager enfin l'achat d'un toit. Le titre Settling résume parfaitement cette démarche.
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En anglais, le mot renvoie bien sûr à l'idée de s'installer, mais il évoque aussi le fait de revoir ses ambitions à la baisse, d'accepter ce qui est à portée de main plutôt que de courir après une illusion. La cérémonie traduit immédiatement cette vision désabusée. Pas de robe blanche, pas de fête grandiose ni d'échange de voeux enflammés. Harry et Sal se passent la bague au doigt en survêtement, avec une alliance improbable. Cette scène pose le ton d'une série qui s'amuse à prendre les codes du genre à contre-pied. Le mariage n'arrive pas au bout de l'histoire pour sceller un amour naissant, il sert de point de départ à un contrat très clair : pas de sentiment, pas de sexe, juste de la logistique.
Même si l'on se doute bien que ces barrières finiront par se fissurer, le duo fonctionne instantanément. L'alchimie entre Hannah Marshall et Pax Assadi rend leur complicité très naturelle. Assadi apporte à Sal une vulnérabilité touchante sous ses airs maladroits, tandis que Marshall offre à Harry un répondant parfait. Dans le deuxième épisode, la série entre dans le vif du sujet. Décider de se marier sur un coup de tête est une chose, assumer cette nouvelle réalité devant ses proches en est une autre. Ce deuxième chapitre explore l'impact concret de leur décision sur leur quotidien. Il faut gérer le regard des familles, adapter sa façon de vivre et faire face aux contraintes du quotidien. L'intérêt monte d'un cran, car c'est là que le pacte rencontre la vraie vie.
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De plus, cette règle absurde du « pas de sexe » crée une tension comique prévisible mais efficace. On sait très bien que l'accord risque de voler en éclats, la seule question est de savoir quand et comment. Derrière la comédie, Settling aborde des sujets très matériels comme la crise du logement, la précarité financière ou le poids des attentes familiales. La série n'utilise pas le célibat comme une simple ficelle comique, elle en fait un miroir des difficultés d'une génération. Cette touche sociale donne plus de corps au récit. L'ambiance néo-zélandaise apporte elle aussi une vraie fraîcheur, avec ses décors, sa bande-son et un humour très local qui tranche avec les productions hollywoodiennes habituelles. Seule petite ombre au tableau : la présence de Rainn Wilson à la narration.
Si son ton décalé offre un contraste amusant, le procédé ressemble parfois un peu trop à un argument marketing pour exporter la série à l'international. Au terme de ces deux premiers épisodes, le bilan est très positif. La saison ne compte que six épisodes, et ce choix de rythme fonctionne bien. Le premier épisode installe le décor et les faiblesses des personnages, le second commence à démêler les fils de leur nouveau quotidien. La suite devra prouver que la série peut dépasser son concept initial sans tourner en rond, mais la dynamique est lancée. En ancrant sa comédie romantique dans les compromis pragmatiques de la trentaine plutôt que dans un idéal de conte de fées, Settling propose un début de saison particulièrement attachant.
Note : 7/10. En bref, portés par une alchimie évidente et un humour néo-zélandais rafraîchissant, ces deux premiers épisodes détournent les codes de la comédie romantique pour aborder le célibat et la trentaine avec un pragmatisme mordant. En préférant les compromis du quotidien aux clichés du grand amour, Settling pose les bases d'une série aussi attachante que pertinente.
Prochainement en France
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