Critiques Séries : Fightland. Saison 1. Episode 2.

Critiques Séries : Fightland. Saison 1. Episode 2.

Fightland // Saison 1. Episode 2. Brick by Brick.

 

Après un pilote qui posait le cadre de la chute de Duke Kilroy, ce deuxième épisode enchaîne sans faire de pause. Duke vient de tuer le type qui avait pigé son plan, et Jay débarque en plein drame sans mesurer où il met les pieds. La série garde son tempo : la moindre action de Duke déclenche aussitôt une nouvelle galère. Ce deuxième chapitre, intitulé « Brick by Brick », pose les vraies conséquences. Duke cherche à démolir l’empire de Kingsley brique par brique, mais sa stratégie bat déjà de l’aile. Sa soif de revanche lui donne un cap, mais elle l’aveugle complètement. L'incident avec Lazaro aurait pu tourner au carnage. Duke réussit de justesse à calmer le jeu pour sauver Jay, mais son pote se retrouve coincé dans l'histoire.

 

C'est là que l'épisode gagne en humanité. Jay n’est pas un tueur de sang-froid capable de tout avaler sans broncher. Il découvre le merdier au fur et à mesure et réalise que Duke s'attaque à un réseau prêt à tout pour protéger ses intérêts. Quand Duke lui avoue que Kingsley serait derrière la mort de Calvin, le regard de Jay change. Il accepte de l'aider, notamment en tentant de faire accuser les Albanais pour le vol de drogue des Marshall. Sauf que rien ne se passe comme prévu. Un vulgaire contrôle de police fait foirer la livraison. Ce grain de sable fonctionne très bien à l'écran : il rappelle que malgré son vécu et ses années de tôle, Duke ne maîtrise absolument rien.

Le problème de Duke, c'est son impatience. Il agit souvent au culot, sans assurer ses arrières. Il lui faut un plan B en urgence, et Jay devient indispensable grâce à ses contacts dans Londres. On comprend enfin pourquoi Duke ne peut pas mener sa vendetta en solo, même s'il aimerait tout contrôler. Mais leur nouvelle tentative face aux Albanais dérape encore et se termine dans le sang. Un cadavre de plus au compteur de Duke. Son idée reste la même : créer une guerre de territoires pour affaiblir les Marshall et débusquer Kingsley. Le raisonnement se tient, mais chaque faux pas le rapproche un peu plus du point de non-retour. Du côté de la famille Marshall, les lignes bougent. 

 

Zeek veut désespérément prouver qu'il a le niveau pour reprendre le business de son père, mais il marche à l'affect. Il joue les caïds alors que ses décisions trahissent ses faiblesses. CeCe joue dans une autre catégorie. Elle observe, calcule et garde son calme. Sous ses airs posés, elle pige vite que quelque chose cloche et se méfie beaucoup plus de Duke que son frère. Ce duo apporte une vraie tension. Si Zeek est le pigeon idéal pour permettre à Duke de s'infiltrer, CeCe risque de devenir celle qui fera sauter sa couverture. La relation entre Duke et Joy continue d'occuper le terrain. Duke aimerait reprendre là où ils s'étaient arrêtés, mais Joy pose ses limites. 

Il a disparu de la circulation pendant des années sans donner de nouvelles, et l'attirance ne suffit pas à effacer la rancœur. Cette parenthèse montre bien que l'histoire de Duke dépasse la simple mort de Calvin. Joy est le lien direct qui le rattache à Kingsley. Mais Duke choisit d'omettre ce détail face à Jay, une rétention d'information qui risque de lui exploser au visage. Alors que le premier épisode laissait le noble art au second plan, la boxe retrouve enfin une utilité scénaristique. En coachant Kareem en plein combat pour inverser la tendance, Duke prouve qu'il n'a rien perdu de son œil de lynx. Cette intervention lui permet surtout de choper la confiance de Zeek. 

 

C'est un point clé : Duke n'a pas besoin de remonter sur le ring en tant que champion, il doit juste se rendre indispensable aux yeux des Marshall pour gratter du terrain. Ce deuxième épisode confirme la bonne dynamique de départ. Les pièces du puzzle s'assemblent vite, parfois un peu trop, mais les relations entre les personnages prennent enfin du relief. L'arrivée de Kim, la taupe de la police, ajoute une pression supplémentaire. Elle gravite autour de Duke sans qu'il ne se doute de rien. Pendant ce temps, les Marshall se retrouvent au bord de la rupture face aux Albanais.

 

Note : 7/10. En bref, après deux épisodes, la série trouve ses marques entre drame familial, milieu poisseux et affrontements de coulisses. Même si certaines intrigues vont un peu vite en besogne, l'écriture de CeCe et de Jay rehausse l'ensemble. Duke pensait poser ses briques une à une pour bâtir sa vengeance ; il est en train de construire le piège qui va l'enfermer.

Prochainement en France

 

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