6 Avril 2026
Do Not Enter // De Marc Klasfeld. Avec Jake Manley, Adeline Rudolph et Nicholas Hamilton.
Difficile de savoir à quoi s’attendre avec Do Not Enter. L’idée est pourtant efficace : un groupe d’explorateurs urbains, obsédés par leur popularité en ligne, décide de pénétrer dans un hôtel abandonné dont personne ne serait jamais ressorti vivant. Un point de départ simple, qui aurait pu donner un huis clos tendu et angoissant. Très vite, le film pose ses bases : une bande de jeunes créateurs de contenu, prêts à tout pour faire grimper leurs vues. Leurs dialogues tournent souvent autour des abonnés, des vidéos et de la mise en scène de leurs exploits.
Un groupe de personnes explore des zones urbaines abandonnées pour le plaisir. Malheureusement, leur nouvel emplacement, un hôtel vide et condamné depuis longtemps, peut s'avérer plus dangereux qu'ils ne le pensaient...
Ce choix ancre le film dans une époque actuelle, mais il donne aussi une première limite : les personnages existent davantage comme des archétypes que comme de vraies personnes. Difficile de s’attacher à eux ou de comprendre leurs motivations au-delà de cette quête de visibilité. L’entrée dans l’hôtel marque logiquement le début des problèmes. Le lieu, visuellement, a quelque chose d’intéressant. L’architecture semble presque irréelle, avec des couloirs étranges, des pièces qui paraissent mal agencées et une ambiance qui évoque parfois des décors générés artificiellement. Il y a là une vraie intention de créer un espace dérangeant.
Sur ce point, Do Not Enter réussit à installer une atmosphère un peu oppressante, du moins au début. Mais cette promesse ne tient pas longtemps. Le film met beaucoup de temps à réellement lancer son intrigue. Pendant une bonne partie, il donne surtout l’impression de tourner autour de son concept sans savoir comment le faire évoluer. Les personnages se séparent, se retrouvent, prennent des décisions qui semblent peu logiques, et le récit avance de manière assez confuse. Un autre élément vient compliquer l’ensemble : l’ajout d’un groupe extérieur, avec ses propres intentions. Au lieu de renforcer la tension, cette intrigue secondaire alourdit le film.
Elle détourne l’attention de l’essentiel et donne le sentiment que le scénario cherche à multiplier les pistes sans vraiment les maîtriser. Entre la chasse au trésor, les rivalités entre explorateurs et les éléments surnaturels, Do Not Enter ressemble parfois à plusieurs films en un seul. Le problème principal reste toutefois le manque de cohérence. Certaines situations semblent difficilement crédibles, même dans un film d’horreur. Des personnages blessés gravement continuent d’agir comme si de rien n’était, d’autres font face au danger sans réagir de manière logique. Ce type de détail finit par casser toute immersion. À force, le spectateur ne ressent plus vraiment de tension, seulement une forme de distance.
Côté interprétation, le film s’en sort de manière inégale. Quelques visages connus comme Adeline Rudolph ou Nicholas Hamilton apportent un peu de présence à l’écran, mais ils doivent composer avec un script qui ne leur laisse pas beaucoup de place. Les dialogues manquent de naturel et les interactions entre les personnages semblent parfois forcées. Il manque une vraie dynamique de groupe, pourtant essentielle dans ce genre de film. Le personnage du “monstre”, censé incarner la menace principale, peine lui aussi à convaincre. Son design et sa mise en scène ne parviennent pas à créer une véritable peur.
Au contraire, certaines apparitions frôlent le ridicule, notamment à cause d’effets visuels qui manquent de finition. Dans un film d’horreur, c’est un problème majeur : sans menace crédible, la tension disparaît rapidement. Le film tente aussi d’introduire une dimension plus sombre, avec des éléments liés à des rituels ou à une histoire cachée derrière l’hôtel. L’idée n’est pas mauvaise, mais elle reste trop floue. Les explications arrivent tard, parfois de manière confuse, et ne suffisent pas à donner du sens à l’ensemble. Là encore, le sentiment dominant est celui d’un potentiel mal exploité.
Le rythme pose également question. Malgré une durée relativement courte, Do Not Enter paraît plus long qu’il ne l’est réellement. Certaines scènes s’étirent inutilement, tandis que d’autres moments importants sont expédiés. Ce déséquilibre donne une impression de film mal structuré, qui ne parvient pas à trouver son tempo. La fin ne rattrape pas vraiment les choses. Sans entrer dans les détails, elle laisse un goût étrange, presque détaché de ce qui précède. Les personnages semblent passer à autre chose sans réellement mesurer ce qu’ils viennent de vivre. Ce choix peut surprendre, mais il renforce surtout l’impression que le film manque de direction claire.
Malgré tout, Do Not Enter n’est pas totalement à rejeter. L’idée de départ reste intéressante, et certains éléments visuels montrent une vraie envie de créer quelque chose d’un peu différent. Mais ces qualités restent trop isolées pour compenser les faiblesses du scénario et du rythme.
Note : 3.5/10. En bref, Do Not Enter s’inscrit dans la catégorie des films d’horreur qui avaient une bonne base mais qui peinent à la développer. Entre personnages peu attachants, intrigue confuse et tension limitée, l’expérience reste assez frustrante.
Prochainement en France en SVOD
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