4 Août 2026
House of the Dragon // Saison 3. Episode 7. The Dragon in Winter.
Après un sixième épisode qui tournait franchement en rond, House of the Dragon retrouve un peu de poil de la bête pour ce septième chapitre. On ne va pas crier au chef-d'œuvre pour autant. À l'approche du final, cette troisième saison garde son plus gros travers : vouloir courir trente lièvres à la fois et faire avancer chaque intrigue de trois millimètres par semaine. Mais il y a un vrai point fort cette fois. L'épisode remet enfin les dragons au centre du jeu. Pas seulement comme des armes de destruction massive qu'on sort du garage pour faire du spectacle, mais comme des créatures vivantes qui transforment physiquement et mentalement ceux qui les chevauchent.
C'est de loin la meilleure idée de l'épisode, bien plus captivante que les interminables messes basses dans les couloirs du pouvoir. Du côté de Rhaenyra, le changement s'accélère. La prétendante au Trône qu'on soutenait spontanément au début s'efface petit à petit derrière une cheffe froide, isolée et enfermée dans ses certitudes. Sa scène avec Helaena est d'ailleurs l'une des plus réussies. Derrière les répliques énigmatiques d'Helaena, on comprend bien ce que coûte réellement le pouvoir et quelle emprise ces monstres volants exercent sur leurs maîtres. Plus Rhaenyra aligne les dragons dans son camp, plus elle perd son humanité. On sent encore un reste d'empathie chez elle, mais son besoin maladif de tout contrôler prend le dessus.
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L'évolution est logique et bien amenée, même si la série aurait gagné à laisser respirer certaines scènes. On a parfois l'impression de voir une liste de cases à cocher plutôt qu'une vraie trajectoire émotionnelle. Pour Alicent, c'est une autre histoire. Le personnage semble errer sans but depuis le début de la saison. Entre ses tentatives de fuite et ses revirements incessants, son arrivée à Harrenhal laisse perplexe. Olivia Cooke fait des merveilles avec ce qu'on lui donne, c'est indiscutable. Mais le scénario force manifestement le trait pour lui garder du temps d'écran, quitte à créer des détours inutiles par rapport au livre. Heureusement, ses retrouvailles avec Aemond sauvent les meubles et apportent un peu de tension.
Aemond, justement, reste l'une des rares réussites constantes cette année. Sa dynamique avec Alys Rivers est fascinante. On est en plein dans la manipulation psychologique, le mystère et la dépendance affective. La série prend son temps pour poser ces échanges, et ça fait un bien fou. Pendant ce temps, la fracture se creuse gentiment entre Daemon et Rhaenyra. La confiance vole en éclats, tandis que Mysaria gagne du terrain dans l'ombre. L'idée est excellente, mais la réalisation manque un peu d'impact. Beaucoup de ces confrontations ressemblent à des scènes d'exposition pour la suite plutôt qu'à de vrais grands moments de télévision. Même constat pour Rhaena : malgré de très beaux plans aériens, son histoire manque cruellement d'enjeu émotionnel pour qu'on s'y attache vraiment.
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La très bonne surprise vient de là où on ne l'attendait plus : Aegon. Son évolution est sans doute la mieux écrite de cette saison 3. L'ancien roi n'est pas devenu un saint du jour au lendemain, mais les calvaires qu'il traverse l'ont forcé à ouvrir les yeux sur ce qu'il est vraiment. La séquence finale qui le concerne est le sommet de l'épisode. Sans tomber dans la surenchère d'effets spéciaux, la série rappelle ce qui fait le cœur de la mythologie Targaryen. Le lien entre le dragon et son cavalier n'est pas une simple tactique de guerre. C'est une connexion intime, presque mystique, qui touche à l'essence même de cette famille. C'est exactement grâce à ce genre de scène que l'épisode 7 dépasse le précédent. Les dragons redeviennent le cœur battant du drame.
Le vrai problème reste cette structure en mosaïque complètement hachée. La réalisation saute d'un château à l'autre toutes les trois minutes. Impossible d'installer une ambiance ou de laisser une émotion reposer. C'est particulièrement frustrant pour un avant-dernier épisode. À ce stade de la compétition, on attendrait une montée en pression brutale, un sentiment d'urgence étouffant. Au lieu de ça, l'intrigue avance à petits pas prudents. Visuellement, il n'y a pas grand-chise à redire. La présence simultanée de plusieurs dragons à l'écran installe enfin un vrai sentiment de danger imprévisible. La caméra nous rappelle intelligemment que ces bêtes restent des monstres indomptables. C'est nettement plus prenant que les interminables réunions de conseil.
Note : 5.5/10. En bref, ce septième épisode relève la barre après la déception de la semaine dernière, sans pour autant atteindre la maîtrise de l'épisode 5. Les thèmes abordés autour du pouvoir et de la fascination pour les dragons tiennent la route, mais le montage trop morcelé casse le rythme. Il ne reste plus qu'un épisode. Espérons que la série saura transformer cette longue mise en place en un feu d'artifice digne de ce nom pour conclure la saison.
Disponible sur HBO max
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