Critiques Séries : Reacher. Saison 4. Episode 3.

Critiques Séries : Reacher. Saison 4. Episode 3.

Reacher // Saison 4. Episode 3. One Small Step.

 

Après deux premiers épisodes lancés à 200 km/h, la saison 4 de Reacher ne relâche pas la pression. On reste dans ce savant mélange qui fait la marque de la série : de l'enquête poisseuse, des machinations d'espionnage et, bien sûr, quelques têtes fracassées contre les murs. L'épisode 3 passe clairement un cap. Jack se retrouve pris en étau entre plusieurs factions qui veulent toutes mettre la main sur cette foutue clé USB associée à Anna Merrick. Ce qui marche fort cette semaine, c'est ce sentiment d'urgence absolue. Dès qu'on pense avoir pigé un morceau du puzzle, le scénario balance une nouvelle tuile. Et avec un type comme Reacher, quand les mots ne suffisent plus, les poings prennent le relais très vite.

 

La dynamique de groupe commence d'ailleurs à se fissurer, et ce n'est pas plus mal. Jacob Merrick, complètement ravagé par la mort de sa sœur Anna et rongé par l'inquiétude pour son neveu Ben, devient une vraie bombe à retardement. Il agit sous le coup de l'émotion, ce qui agace profondément Reacher. Pour Jack, la méthode est simple : on garde la tête froide, on analyse le terrain, et ensuite seulement on frappe. Sa lecture de la situation est glaciale, presque violente pour les proches, mais elle se tient. C'est là que Tamara Green intervient et impose son style. Elle ne se dégonfle pas face au colosse et lui rappelle que Jacob n'est pas une machine.

Ce duel de visions entre le flic militaire rompu aux pires horreurs et la journaliste aux pieds sur terre donne un vrai relief aux dialogues. Tamara n'est pas un faire-valoir, elle a du coffre et n'hésite pas à recadrer le héros quand il pousse le bouchon trop loin. Évidemment, la pause boisson ne dure qu'un temps. Une poignée de types armés déboule pour nettoyer la place, et la série repart dans ce qu'elle sait faire de mieux : faire du dégât dans un décor ordinaire. Reacher improviser avec ce qu'il a sous la main, c'est toute une philosophie. Sa corpulence est une arme, son environnement aussi. Voir un type neutraliser des tueurs avec des baguettes chinoises ou du mobilier de bureau, c'est le genre de détails qui me fait marrer et qui donne de la saveur aux combats. 

 

On n'est pas sur de la chorégraphie millimétrée à la John Wick, mais sur du rentre-dedans brut, inventif et très physique. Côté scénario, les masques tombent. Lila Hoth a menti, et Reacher n'est pas du genre à laisser passer ça. Il la traque et la confronte dans un endroit pour le moins improbable : un bowling. Mais avant que la baston n'éclate une fois de plus, Lila crache sa nouvelle vérité. Elle affirme être journaliste d'investigation et chercher à balancer des militaires américains impliqués dans des exactions en Indonésie. Sa mère aurait été torturée là-bas, et John Sampson traînait dans le secteur à la même époque. D'un coup, le pitch change d'échelle. 

On ne parle plus seulement d'une histoire familiale dramatique, mais d'une sombre affaire d'État et de crimes de guerre dissimulés. Le souci, c'est que Lila a déjà brodé une première version bidon. Est-ce qu'on peut vraiment lui faire confiance cette fois-ci ? C'est tout l'enjeu. Le passage dans le bowling reste pour moi le gros morceau de l'épisode. Le décalage entre la musique, le bruit des quilles et le déchaînement de violence fonctionne du feu de Dieu. Reacher fait le ménage avec une efficacité terrifiante, sans fioritures. Il va au plus court, au plus percutant. Et la surprise vient de Lila : loin de jouer les victimes terrifiées, elle file un coup de main au milieu du carnage. Ça redistribue un peu les cartes. 

 

Elle n'est peut-être pas la demoiselle en danger qu'on imaginait, mais une joueuse à part entière qui en sait bien plus qu'elle ne le prétend. Cette proximité physique et cette adrénaline partagée les rapprochent forcément. La série rejoue la carte du duo romantique de saison, mais le problème est plus corsé ici. En s'attachant à Lila, Reacher prend le risque de troubler son jugement. Et quand on affronte des gens capables de faire sauter des preuves ou d'aligner des cadavres, perdre sa lucidité est la meilleure façon de finir entre quatre planches. Le vrai coup de maître de l'épisode intervient dans le dernier acte. Reacher va demander des comptes à John Sampson sur son passé en Indonésie. Le vieux reconnaît avoir servi là-bas, mais jure sur ses grands dieux qu'il n'a jamais touché à des civils. 

Reacher choisit de le croire. Le projecteur se braque alors sur un autre bonhomme : Nolan Cahill, le chef de cabinet de Sampson. Le type était présent dans la station de métro le jour où Anna Merrick s'est donné la mort. Il a assisté au drame avant de s'éclipser en douce, sans attendre les flics. Quand Reacher débarque pour lui cuisiner les côtes sur le toit d'un hôtel, Cahill ne cherche même pas à se défendre. Il sait que le piège se referme. Plutôt que de cracher le morceau ou de finir dans une cellule à se faire cuisiner, il fait le grand saut et se jette dans le vide. La claque. Ce geste désespéré redistribue totalement les cartes. Qu'est-ce que ce cadre politique faisait dans ce métro ? Pourquoi préférer la mort plutôt que de lâcher trois mots sur ce qu'il savait ?

 

Note : 8/10. En bref, ce troisième chapitre coche toutes les bonnes cases. Il garde ce côté film d'action badass tout en épaississant la trame politique et militaire. On a de la baston mémorable, un rythme qui ne faiblit pas et un mystère qui s'épaissit intelligemment. La mort de Cahill prouve qu'Anna Merrick avait levé un lièvre bien plus gros qu'on ne le pensait. Autant dire que j'attends la suite de pied ferme.

Disponible sur Amazon Prime Video

 

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