Critiques Séries : Ted Lasso. Saison 4. Episode 4.

Critiques Séries : Ted Lasso. Saison 4. Episode 4.

Ted Lasso // Saison 4. Episode 4. How to Build A Team.

 

Ce quatrième épisode continue de poser les bases de l'équipe féminine tout en repassant par des chemins hyper balisés pour le reste du casting. Le foot féminin sert de décor pour parler de cohésion, de confiance et de la galère à trouver sa place dans un groupe déjà formé. Ça marche sur quelques scènes, mais l'écriture expédie un peu trop vite certains nœuds dramatiques. Le gros souci des joueuses saute aux yeux dès le début : il n'y a aucun collectif. L'effectif s'est scindé en petits groupes selon les affinités et les profils. D'un côté les cérébrales, de l'autre les protectrices, et au milieu celles qui cherchent surtout le spectacle ou la notoriété.

 

C'est plutôt bien vu parce que ça rappelle une évidence du sport d'équipe : coller des gens dans le même vestiaire ne suffit pas à créer des liens. Les egos, la pression et les ambitions persos créent vite de la friction. Du côté du staff, Ted et Beard pataugent un peu. N'ayant pas accès à l'intimité du vestiaire féminin, ils doivent revoir entièrement leur manière de communiquer. Heureusement qu'Alice repère le malaise avant que le vestiaire n'explose complètement. Fidèle à lui-même, Ted refuse le grand discours moralisateur et préfère embarquer tout ce monde au pub pour une soirée quiz. L'idée est simple mais efficace. Les joueuses doivent bosser ensemble pour battre l'équipe adverse, ce qui permet de faire sauter deux ou trois blocages.

Mais l'épisode bascule quand des mecs s'en prennent directement à Gemma. Là, sans se poser de question, les Lady Greyhounds font bloc. Les clans s'effacent direct : on touche à l'une d'entre elles, le groupe réagit. La bagarre générale qui suit est assez marrante, mais elle sert surtout de gros raccourci pour valider l'esprit d'équipe. C'est sympa grâce à la pêche des actrices, mais ça manque de préparation. Le problème vient du manque de temps accordé aux nouvelles arrivantes. Comme on ne les connaît pas encore très bien, leurs embrouilles et leurs réconciliations manquent un peu de poids par rapport à ce que la série proposait avec l'équipe masculine.

 

En parallèle, l'épisode aborde les coulisses du foot féminin avec l'arrivée de Zelda Southport, une investisseuse bien décidée à injecter du cash. Keeley accroche tout de suite, alors que Rebecca bloque complètement. L'opposition soulève un vrai sujet : faut-il prendre l'argent d'où qu'il vienne pour accélérer la professionnalisation, ou garder une vraie prudence sur le profil des investisseurs ? La série préfère utiliser ce débat pour faire bouger le duo Rebecca-Keeley plutôt que d'approfondir le sujet économique. La méfiance de Rebecca reste d'ailleurs très floue et l'épisode garde ce mystère en réserve, ce qui laisse un sentiment d'inachevé. 

Heureusement, la discussion entre Sharon Fieldstone et Trent Crimm remet un peu de contexte : une équipe ne se monte pas juste sur le terrain, mais aussi dans la manière dont les gens se sentent accompagnés au quotidien. L'autre gros morceau concerne Roy et Keeley, et c'est clairement le point faible de l'épisode. La série s'obstine à les maintenir dans un entre-deux sentimental épuisant. Roy veut retenter sa chance, mais Keeley lui impose une condition absurde : enchaîner dix rencards avec d'autres femmes d'abord. Ça donne deux ou trois scènes comiques où Brett Goldstein fait du très bon Roy Kent en galère totale sur ses rendez-vous, mais le fond pose problème.

 

On a déjà vu ce duo affronter ses peurs d'engagement et ses blocages émotionnels. Les revoir bloquer sur les mêmes trucs donne l'impression que les scénaristes meublent pour gagner du temps plutôt que de les faire avancer pour de bon. Au final, on a un épisode correct mais déséquilibré. Les répliques fusent bien, les Lady Greyhounds prennent un peu plus d'épaisseur et l'énergie générale reste agréable. Seulement, le rythme brusque les choses. Les conflits au vestiaire apparaissent et se résolvent en vingt minutes, pendant que l'intrigue autour de Zelda stagne et que Roy et Keeley font du surplace. C'est typiquement le genre d'épisode de transition qui prépare le terrain. La série garde son capital sympathie, mais il va falloir que les enjeux se concrétisent un peu plus pour que la saison décolle vraiment.

 

Note : 5.5/10. En bref, on a un épisode correct mais déséquilibré. Les répliques fusent bien, les Lady Greyhounds prennent un peu plus d'épaisseur et l'énergie générale reste agréable.

Disponible sur Apple TV

 

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