Boston Blue (Saison 2, épisodes 1 et 2) : un retour efficace mais très classique
Boston Blue rempile pour une deuxième saison avec un double épisode qui ne perd pas une seconde. Après le cliffhanger de l'an dernier, la série cherche clairement à accélérer la cadence. Entre les séquelles de l'accident de Brian, la montée en grade de Danny, les déboires familiaux de Lena et l'installation de Maria Baez, les scénaristes mettent énormément de choses sur la table d'entrée de jeu. Le résultat se laisse suivre sans déplaisir, même si on ne va pas se leurrer : la série reste engluée dans des mécaniques de polar télévisuel très traditionnelles, parfois à la limite du prévisible. Dans ce premier épisode, la question centrale trouve vite sa réponse : Brian Rodgers a survécu à son crash.
Mais sortir de l'hôpital est une chose, se remettre au boulot en est une autre. Trois mois plus tard, le bonhomme tente de reprendre le dessus, mais les traumatismes physiques et psychologiques sont bien là. C'est sans doute le traitement de cette partie-là que j'ai trouvé le plus réussi. Brian veut faire comme si de rien n'était et réintégrer le terrain à tout prix, mais Sarah s'y oppose fermement. Sa réaction se tient carrément : lâcher un flic sujet à des crises d'angoisse en pleine intervention, c'est mettre tout le monde en danger. La vraie tension vient plutôt de la méthode, puisque Lena découvre que Sarah a utilisé des éléments confidentiels pour bloquer son compagnon.
La frontière entre vie privée et déontologie devient floue, et j'ai aimé le fait qu'aucun personnage n'ait vraiment tort ou raison. Face à ce blocage, Brian choisit la fuite en avant. Son départ précipité pour la DEA et Washington montre bien qu'il préfère fuir ses démons plutôt que d'affronter sa convalescence. Pendant ce temps, Danny et Lena s'attellent à une enquête sur une série de crimes qui recopie le mode opératoire du tueur en série de Boston. Voir repasser Henry Reagan apporte un petit vent de nostalgie fort sympathique. Son éclairage sur le passé criminel de la ville donne une vraie légitimité à sa présence, sans qu'on ait l'impression d'un simple clin d'œil gratuit pour raccrocher les wagons avec Blue Bloods.
L'affaire autour du suspect persuade d'avoir un lien de sang avec le tueur d'origine se laisse regarder, même si la résolution ne casse pas trois pattes à un canard. De leur côté, Sean et Jonah apportent leur pierre à l'édifice. Leur petite bourde du début rappelle qu'ils restent des bleus, ce qui permet enfin d'exploiter un peu leurs rôles. Danny franchit aussi une étape en acceptant son galon de sergent-détective. C'est une trajectoire cohérente avec ce qu'il construit depuis son arrivée. La discussion qu'il a avec Lena pour s'assurer que ce changement de grade ne viendra pas flinguer leur binôme fonctionne bien. Leur dynamique de travail reste clairement l'un des gros points forts de la série.
/image%2F1199205%2F20261030%2Fob_974c6f_vlcsnap-2026-10-30-16h21m13s958.png)
Le deuxième épisode, « Ripple Effect », continue de dérouler les fils tout en ajoutant une couche d'embrouilles personnelles. À commencer par Danny et Baez, qui essaient d'organiser leur quotidien à Boston avec la petite Elena. Leur routine saute en éclats quand une femme se présente comme la grand-mère biologique du gamin. La façon dont elle approche la famille, en prenant des photos en douce avant d'abattre ses cartes, m'a immédiatement paru suspecte. C'est assez louche pour justifier qu'on vérifie son profil sous toutes les coutures avant de la laisser approcher. L'histoire sent le réchauffé et rappelle des trames déjà vues mille fois dans New York, Unité Spéciale autour d'Olivia Benson.
J'espère juste que Boston Blue prendra le temps de traiter le sujet correctement au lieu de tout balayer en deux scènes à la fin d'un épisode. Côté terrain, Danny et Lena remontent la piste de l'attaque subie par Brian, ce qui les amène tout droit sur un gang de motards empêtré dans du trafic de méthamphétamine. La confrontation finit en fusillade rangée sur un pont. Alors oui, la scène en jette visuellement, mais sur le plan de la crédibilité, c'est tiré par les cheveux. Deux flics isolés qui se frottent à une bande armée jusqu'aux dents sans attendre les renforts, ça manque cruellement de réalisme. Heureusement, c'est l'aspect humain qui rattrape le coup. Le choix de Brian de partir à Washington confirme qu'il refuse de regarder ses traumatismes en face.
Lena finit par tirer les conclusions qui s'imposent et stoppe leur relation. C'est une rupture douloureuse mais salutaire, qui s'inscrit en droite ligne dans l'évolution de son personnage depuis la saison 1. Elle arrête enfin de s'oublier pour faire passer les besoins des autres en premier. Après les secrets autour de son père et les casseroles de Mae, elle prend enfin sa vie en main.
Note : 5.5/10. En bref, ces deux épisodes montrent que Boston Blue conserve ses repères. Les personnages gagnent un peu en relief et la série gère plutôt bien ses arcs personnels, notamment l'émancipation de Lena et la nouvelle vie de Danny. En revanche, la mécanique de l'enquête hebdomadaire reste très conventionnelle, et certaines scènes d'action en font des tonnes pour rien. Si la série veut passer un cap, il faudra que la suite donne une réelle profondeur à ces intrigues secondaires sans tomber dans la facilité.
Prochainement en France
Blog indépendant, sans sponsor. Un petit geste aide à le faire vivre.
/image%2F1199205%2F20261025%2Fob_9c274c_ccs-logo-fond-clair.png)
/image%2F1199205%2F20261030%2Fob_d147e6_vlcsnap-2026-10-30-15h49m35s566.png)