Critique Ciné : Drive - The Pretenders (2026, Amazon Prime Video)
Drive - The Pretenders // De Sergej Moya. Avec Lisa-Marie Koroll, Amin Baahmed et Gustav Schmidt.
On connaît tous la recette classique de la comédie romantique : deux personnes que tout oppose, un mensonge de départ, et des sentiments qui finissent par tout emporter. Quand on y ajoute l'univers du sport automobile, le cocktail a de quoi séduire. C'est exactement le pari de Sergej Moya avec Drive The Pretenders. L'histoire pose ses bases sans perdre de temps : Sarah Jenkins, une mécanicienne passionnée de course, accepte de devenir la fausse fiancée de Dante Annunziata, un pilote au CV sulfureux. Elle a besoin d'argent pour ses projets, lui cherche à redorer son image auprès du public et des sponsors.
Une jeune mécanicienne de course prétend être fiancée à la star de course la plus scandaleuse de la scène, officiellement pour sa réputation, mais secrètement pour sa propre chance au volant. Bientôt, le mensonge menace de tout détruire.
Sur le papier, l'idée promet son lot de situations cocasses, de piques bien senties et de rapprochements forcés. Sauf que le film oublie l'essentiel : construire son récit. Tout s'enchaîne à une vitesse folle, les personnages manquent d'épaisseur et la romance tombe comme un cheveu sur la soupe. Le visionnage laisse surtout un goût d'inachevé et de frustration. Le trope des faux fiancés est une valeur sûre pour créer de la tension. Jongler entre les apparences en public et la distance en privé offre un terrain de jeu idéal, à condition d'installer une vraie progression. Ici, cette frontière disparaît presque instantanément. Sarah et Dante passent de la confrontation pure à l'attirance en un temps record.
Le contrat vient à peine d'être signé que les sentiments prennent déjà toute la place. Le faux engagement n'a même pas le temps de vivre en tant que ressort comique ou narratif. Le scénario est tellement pressé d'arriver aux scènes d'amour qu'il en oublie de créer la moindre étincelle. Pire encore, les réactions manquent totalement de logique. Un coup les personnages s'accrochent et se détestent, et le plan d'après, ils partagent un moment intime. On a l'impression d'une simple check-list de scénariste qu'on coche à la chaîne. Une histoire d'amour peut totalement fonctionner avec des codes vus et revus, à condition que les étapes soient crédibles. Ici, le lien émotionnel ne prend jamais.
Pourtant, le point de départ offrait du potentiel. Sarah Jenkins aurait pu porter le film à elle seule. Évoluer en tant que mécanicienne dans un milieu ultra-masculin et compétitif lui donne une vraie épaisseur. Elle ne devrait pas être réduite à sa simple relation avec Dante : ses ambitions professionnelles et ses galères de terrain méritaient beaucoup plus de place. Malheureusement, ce pan de sa vie disparaît au profit de la romance, reléguant ses objectifs au rang de simple prétexte scénaristique. En face, Dante hérite du profil classique du pilote talentueux mais brisé par ses erreurs. Son passif aurait dû servir à humaniser ses réactions. Sauf que le traitement reste superficiel.
Quand le film aborde enfin ses failles, l'émotion tombe à plat, faute d'une construction sur la durée. L'alchimie entre Lisa-Marie Koroll et Amin Baahmed souffre exactement du même mal. Les comédiens ont du potentiel, mais le texte ne leur donne pas la matière nécessaire pour créer une dynamique de couple naturelle. Les dialogues sonnent parfois faux et les moments clés ne touchent pas leur cible. Visuellement, le film s'en sort plutôt bien. L'ambiance des paddocks, les bolides et l'esthétique générale donnent une identité sympa à l'ensemble, joliment soutenue par la bande originale. Mais le sport automobile ne sert finalement que de papier peint. Les scènes de course sont anecdotiques et n'influencent jamais vraiment l'intrigue.
Dommage, car confronter Sarah et Dante autour d'une passion commune, de rivalités sur la piste ou de visions opposées de la compétition aurait pu créer de vrais conflits stimulants. Le film accumule les bonnes idées sans jamais en creuser une seule. Le gros point noir de Drive The Pretenders reste son rythme. Les scènes défilent sans poser leurs valises, et les problèmes trouvent des solutions en deux minutes chrono. La fin résume à elle seule ce problème d'équilibrage. Après un parcours qui a déjà du mal à installer ses enjeux, le récit s'arrête net, sans sommation. La coupure est tellement brutale qu'on se demande s'il manque une bobine. Il n'y a pas de vraie conclusion pour boucler l'évolution des personnages.
Si vous cherchez un petit divertissement sans prise de tête un dimanche après-midi, vous y trouverez peut-être votre compte. Mais pour peu que vous soyez exigeants sur la construction d'une romance, vous risquez de caler dès les premiers virages.
Note : 3.5/10. En bref, Drive The Pretenders avait pourtant les cartes en main : un cadre stylé, un pitch efficace et des personnages qui partaient de loin. Mais le manque de patience du réalisateur plombe tout. Le film refuse de prendre le temps de raconter pourquoi ces deux-là devraient finir ensemble.
Sorti le 28 octobre 2026 directement sur Amazon Prime Video
Blog indépendant, sans sponsor. Un petit geste aide à le faire vivre.
/image%2F1199205%2F20261025%2Fob_9c274c_ccs-logo-fond-clair.png)
/image%2F1199205%2F20261030%2Fob_d69669_mv5bmdgzngnhmjktzja0mc00ngq2lwjlnwmtm2.jpg)