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4 Blocks Zero (Saison 1, épisodes 1 et 2) : les origines du clan Hamady dans un Berlin dur

4 Blocks Zero (Saison 1, épisodes 1 et 2) : les origines du clan Hamady dans un Berlin dur

Après Gomorra : Les Origines, une autre série plonge dans le passé d'un clan criminel qui a marqué les séries européennes. Direction Berlin, en 1994, pour découvrir les jeunes années de la famille Hamady. Ce prequel de 4 Blocks ne cherche pas à accélérer les choses pour copier la série d'origine. Il prend le temps de poser un cadre familial et social lourd, où chacun essaie de survivre dans un pays qui ne fait aucun cadeau. Les deux premiers épisodes installent une ambiance réaliste qui laisse deviner les dérives à venir. Le premier épisode, « Willkommen in Deutschland », commence à Beyrouth. Ibrahim Mansour (Tariq Al-Saies) sort de prison après huit ans d'enfermement. 

 

Dans le Berlin des années 1990, les origines de la famille Hamady avant qu’elle ne devienne l’un des clans les plus influents de la ville. Réfugiés du Liban, tolérés en Allemagne, les Hamady luttent pour s’imposer dans leur nouveau pays et se faire une place dans le milieu criminel berlinois, jusqu’à révéler comment Ali finit par devenir Toni, le personnage central de la série originale.

 

Il a appris l'allemand derrière les bars, mais il ignore ce que l'avenir lui réserve. Sa libération se fait grâce à une affaire de drogue et à l'aide d'Halim Karami. Évidemment, cette liberté a un prix : Ibrahim doit récupérer un colis à Berlin pour son ancien bienfaiteur. Son arrivée en Allemagne marque le vrai point de départ de l'histoire. Il retrouve ses proches installés à Neukölln, dans un petit appartement. La famille vit sous la menace constante d'un statut de séjour précaire. Le moindre faux pas peut tout faire basculer. Malik (Rami Fadel Khalaf), veuf et père de famille, fait tout pour garder la tête hors de l'eau. Il bosse en cuisine, s'occupe de ses enfants et espère leur offrir une vie normale. Mais l'arrivée d'Ibrahim menace cet équilibre fragile.

 

Les deux jeunes frères ont déjà des personnalités bien différentes. Ali (Tareq Nassery), le futur Toni, croit encore que l'école et les efforts peuvent l'aider à s'intégrer, malgré les discriminations. Abbas (Soufiane El Mesaudi), lui, préfère traîner dans la rue et flirter avec les ennuis. J'ai aimé cette façon de construire les personnages pas à pas. La série montre leurs habitudes, leurs failles et leurs contradictions avant qu'ils ne deviennent des figures du crime. Ibrahim n'est pas qu'un simple proche qui revient au pays. Son passé le rattrape très vite. Sa rencontre avec Walid dans une chambre d'hôtel tourne mal et prouve que sa liberté est une illusion. Il est prisonnier d'engagements qui mettent directement sa famille en danger.

 

Tariq Al-Saies campe un personnage magnétique. Ibrahim n'a pas besoin d'en faire des tonnes pour s'imposer. Son calme et son intelligence pèsent lourd, parfois plus que ses mots. Il devient tout de suite une menace pour Malik, même si ses intentions restent floues. Avec « Ignazio », la tension monte d'un cran. Ibrahim commence à travailler en cuisine avec Malik. En surface, c'est un nouveau départ. En réalité, il monte son propre réseau pour écouler la drogue. C'est là que les chemins se séparent. Malik veut protéger son clan, tandis qu'Ibrahim pense que les règles classiques ne mènent nulle part. Ses solutions apportent de l'argent, mais elles entraînent les Hamady dans une spirale incontrôlable.

 

Pendant ce temps, les jeunes frères s'éloignent. Ali se lie d'amitié avec Vince Kerner (Luis Vorbach), un camarade d'un autre milieu qui lui offre une bouffée d'air frais. Abbas, au contraire, replonge. Des anciennes connaissances viennent lui réclamer de l'argent, créant des ennuis qui menacent toute la maisonnée. Ce contraste entre les destins des deux frères fonctionne très bien et montre que l'environnement ne fait pas tout. Visuellement, on retrouve l'ambiance urbaine et brute de la série d'origine. Le Berlin de 1994 est dépeint sans fard, marqué par ses tensions sociales et sa jeunesse en quête de repères. La bande-son rap de l'époque renforce l'immersion sans tomber dans la nostalgie facile.

 

La question de l'intégration pèse lourd sur les décisions des personnages. La série évite la facilité : elle n'excuse pas tout par la misère, mais elle montre comment de mauvais choix, faits pour survivre, ouvrent la porte à pire. Le rythme est posé, surtout au début, ce qui permet de s'attacher aux personnages avant que la machine ne s'emballe. Ces deux premiers épisodes réussissent leur pari. Ils posent des bases solides sans essayer de singer la série mère. Le retour en 1994 éclaire le parcours de la famille Hamady sous un angle intelligent. Ibrahim s'impose comme un perturbateur efficace, Malik essaie de sauver les meubles, et les jeunes frères prennent des chemins opposés. 

 

Ce prequel prend le temps de montrer les humains avant les criminels, et les petits arrangements qui finissent par détruire une vie. Les Hamady n'ont pas encore bâti leur empire, mais les premières fissures sont déjà là.

 

Note : 7/10. En bref, porté par un casting solide et une ambiance berlinoise immersive, le début de ce prequel prend le temps d'explorer les failles humaines et le contexte social de la famille Hamady avant ses dérives criminelles. Malgré un rythme posé, ces premiers épisodes posent des bases réalistes et captivantes qui donnent envie de suivre la suite.

Disponible sur HBO max

 

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delromainzika

Moi c'est Romain, Lyonnais, accro aux écrans depuis toujours. En 2006, j'ai commencé à écrire mes avis sur les séries que je regardais… et je ne me suis jamais arrêté. Vingt ans et plus de 900 séries plus tard, je continue de tout regarder, épisode par épisode : les grosses sorties Netflix, les pépites qui passent sous les radars, les séries qu'on suit depuis dix saisons et les films qui font parler. Mes critiques sont franches, parfois enthousiastes, parfois sévères, toujours sincères. Bref, si vous ne savez pas quoi regarder ce soir, vous êtes au bon endroit 🍿
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