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Critique Ciné : Lucky Strike (2026, direct to SVOD)

Critique Ciné : Lucky Strike (2026, direct to SVOD)

Lucky Strike // De Rod Lurie. Avec Scott Eastwood, Colin Hanks et Aunjanue Ellis-Taylor.

 

C'était franchement nul et ennuyeux, ce qui est quand même un comble absolu pour un long-métrage qui s'attaque à la Seconde Guerre mondiale mais chez Saban Films tout est possible. Avec Lucky Strike, le réalisateur Rod Lurie replonge pourtant dans un genre qu'il connaît déjà sur le bout des doigts : le film de guerre. Inspiré de faits réels et posé en plein cœur de la bataille des Ardennes, en décembre 1944, ce projet avait tout sur le papier pour attirer l'œil des amateurs de récits historiques tendus. Un soldat totalement isolé derrière les lignes ennemies, une mission ultra-périlleuse et une lutte de chaque instant pour survivre au milieu des troupes allemandes : tous les ingrédients semblaient enfin réunis pour proposer un spectacle haletant et prenant.

 

Un soldat se retrouve isolé derrière les lignes ennemies lors de la dernière grande offensive allemande de la Seconde Guerre mondiale : la Bataille des Ardennes.

 

Malheureusement, le résultat final ne tient pas du tout ses promesses. Malgré quelques bonnes intentions éparses qui traînent ici et là, Lucky Strike peine de manière flagrante à donner le moindre rythme à son histoire et ne parvient jamais à installer cette tension viscérale qu'on est en droit d'attendre d'un tel sujet. L'intrigue s'installe donc dans les Ardennes, alors que les forces américaines tentent de contenir l'armée allemande lors des soubresauts de la Seconde Guerre mondiale. Le film démarre curieusement sur un groupe de soldats noirs qui circulent à travers une forêt complètement enneigée. Cette introduction laisse clairement espérer que leur expérience et leur place dans le conflit occuperont un rôle central dans le récit, mais le long-métrage bifurque bien trop vite vers une autre direction.

 

L'histoire se recentre alors entièrement sur le colonel John Castle, campé par Scott Eastwood. Ingénieur de formation et officier américain tout ce qu'il y a de plus classique, il se voit confier une mission de sabotage : faire exploser une route stratégique massivement utilisée par la division SS Panzer. Évidemment, l'opération tourne très vite au fiasco total. Son unité est décimée en quelques minutes et Castle se retrouve seul, largué au beau milieu d'un territoire contrôlé par l'ennemi. Il doit alors se débrouiller pour rallier un point de rendez-vous tout en esquivant les patrouilles allemandes qui quadrillent la zone. 

 

Le postulat de départ est archi-classique pour le genre, mais il offre un terrain de jeu formidable : installer une pression constante autour de la survie d'un homme seul, exposer la peur au quotidien en territoire occupé et creuser une vraie réflexion sur les choix moraux d'un soldat poussé dans ses derniers retranchements. Pourtant, le film passe complètement à côté de ces pistes. Le récit avance par paliers monotones, s'enchaînant à travers des situations et des rencontres qui ne font jamais vraiment grandir le personnage principal. Scott Eastwood enfile l'uniforme pour incarner John Castle, mais le script ne lui offre aucun relief pour porter un tel film sur ses épaules. 

 

On apprend bien deux ou trois bricoles sur son profil : il est marié, a une famille qui l'attend et possède quelques compétences techniques pratiques pour se dépêtrer de situations délicates. Ça reste beaucoup trop mince pour réussir à créer la moindre empathie sincère de la part du spectateur. Le souci ne vient pas seulement de la prestation de l'acteur, qui fait ce qu'il peut avec ce qu'on lui donne. Le scénario refuse tout simplement de donner à Castle la consistance nécessaire pour le rendre attachant ou fascinant. Ses réactions restent désespérément neutres, même lorsque les drames s'enchaînent autour de lui. Il traverse l'écran en pilotage automatique, sans qu'on puisse percevoir la moindre évolution psychologique ou la moindre fissure intérieure.

 

Le long-métrage essaie pourtant par moments de s'élever au-dessus du simple divertissement de survie pour esquisser le portrait intime d'un homme brisé par ses limites. Cette approche aurait pu faire des merveilles avec une plume plus acérée. Mais les scènes s'emboîtent sans jamais révéler ce qui le pousse réellement à avancer. Les personnages secondaires croisés en route ne sauvent pas davantage les meubles : leurs interventions sont beaucoup trop courtes pour marquer les esprits. La réalisation de Rod Lurie ajoute une frustration supplémentaire à l'ensemble. Le metteur en scène opte pour une direction artistique très froide, misant sur des teintes bleutées et grises pour rappeler le froid polaire des Ardennes. L'idée se défend, mais l'exécution manque cruellement de variété visuelle. 

 

Les gros plans se multiplient à l'excès sur les visages, au détriment total des paysages et de la perception réelle de l'espace de combat. Pour un film qui mise tout sur l'isolement en territoire hostile, ce choix plombe littéralement le sentiment d'immersion. Des plans larges auraient offert une vraie respiration, permettant de mesurer la solitude du soldat et la violence des environs. Les scènes d'action souffrent exactement de la même mollesse. Les fusillades manquent d'impact sonore et visuel, les effets spéciaux ne trompent personne et la tournure des affrontements devient vite prévisible. Autre point noir non négligeable pour les passionnés d'histoire : plusieurs choix de reconstitution font lever les sourcils. 

 

La bataille des Ardennes représente un moment clé de la guerre, avec une rigueur tactique évidente. Ici, les approximations s'accumulent au niveau du matériel, des uniformes ou des déplacements de troupes. Le film privilégie l'effet visuel facile au détriment de la logique militaire, ce qui finit par décrocher le spectateur le plus indulgent. 

 

Note : 2/10. En bref, Lucky Strike s'oublie aussi vite qu'il se regarde. Une occasion ratée pour une mission qui méritait clairement mieux.

Prochainement en France en SVOD

 

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À propos
delromainzika

Moi c'est Romain, Lyonnais, accro aux écrans depuis toujours. En 2006, j'ai commencé à écrire mes avis sur les séries que je regardais… et je ne me suis jamais arrêté. Vingt ans et plus de 900 séries plus tard, je continue de tout regarder, épisode par épisode : les grosses sorties Netflix, les pépites qui passent sous les radars, les séries qu'on suit depuis dix saisons et les films qui font parler. Mes critiques sont franches, parfois enthousiastes, parfois sévères, toujours sincères. Bref, si vous ne savez pas quoi regarder ce soir, vous êtes au bon endroit 🍿
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