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Critique Ciné : Obvious Child, stand up girl

20 Septembre 2014 , Rédigé par delromainzika Publié dans #Critique Ciné

Critique Ciné : Obvious Child, stand up girl

Obvious Child // De Gillian Robespierre. Avec Jenny Slate, Jake Lacy et Gaby Hoffman.


Obvious Child c’était au départ un court-métrage de Gillian Robespierre datant de 2009 qu’elle a pu mettre sur grand écran cette année. Je dois avouer que je ne savais pas du tout à quoi m’attendre devant ce film mais j’ai été plutôt surpris dans le bon sens du terme. En effet, on se rend rapidement compte du fait que ce film s’amuse à jouer entre le stand-up et la comédie dramatique. C’est plutôt bien trouvé dans son ensemble dans le sens où la jeune scénariste et réalisatrice trouve un vrai équilibre entre les deux. On ressent ici aussi le fait que ce film est proche de ce qui se fait sur la scène indépendante américaine. Il y a donc un peu de Lena Dunham, de Judd Apatow là dedans. C’est une très bonne chose d’ailleurs pour un grand amateur comme moi de ce style de cinéma. Il y a donc de belles scènes de la vie quotidienne autour de la jeune Donna, une fille un peu désorganisée dont la vie va rapidement être chamboulée du jour au lendemain à cause d’une petite histoire de femme, tout simplement. C’est très réaliste également dans le sens où cela fait des constats sur la vie de cette jeune femme qui sont à la fois cruels mais aussi cocasses. Les aléas de la vie pourrait-on dire.

La vie de la jeune Donna Stern n'a rien de particulier : un petit ami, un job dans une librairie, sa bande de potes, des parents divorcés... Mais, chaque soir, sur une scène de Brooklyn où elle interprète son numéro de stand-up, ce quotidien banal devient une source inépuisable de sketches. Avec un humour ravageur et souvent cru, Donna y déballe sa vie intime, ne prend rien au sérieux, se moque de tout et surtout d'elle-même. Mais, coup sur coup, Donna perd son travail, se fait larguer par son petit ami, déprime, a une aventure alcoolisée d'un soir et... tombe enceinte. Dès lors, Donna va devoir assumer ses choix et grandir un peu, mais peut-être aussi rencontrer l'amour au moment où elle s’y attend le moins.

C’est là que j’ai retrouvé un peu de Girls, la comédie dramatique de HBO créée par Lena Dunham. On retrouve cette écriture brute, coupante et crue sans oublier par moment d’être cocasse. Car c’est une comédie qui oscille entre plusieurs genres, que cela soit la comédie romantique, la comédie de vie pure et simple, le drame social, sans parler de cet aspect de stand-up qui vient s’introduire dans le film un peu comme peut le faire la série Louie avec beaucoup de malice. Je suis persuadé que Gillian Robespierre a beaucoup emprunté à Louie dans sa façon de construire son film mais également donné que l’héroïne est ici une femme, forcément cela change les rapports. C’est un premier long métrage teinté de bonne humeur qui ne cherche jamais à travestir quoi que ce sont de son héroïne. On est happés par ce qu’elle nous raconte et à la fois on ne peut que se demander comment elle est arrivé là, pourquoi elle arrive à ce moment de sa vie où tout bascule. Car mine de rien, sa vie bascule à un moment donné dans le film, et elle perd tout ce qu’elle avait auparavant : son boulot, son petit ami, tombe enceinte, etc. Elle a eu des tas de tracas mais c’est aussi l’histoire d’une femme qui va remonter la pente petit à petit.

Obvious Child c’est donc du bon cinéma indépendant qui mélange à la fois de la rom-com américaine très basique à quelque chose d’un peu plus réaliste et donc moins conte de fée. Car ce n’est pas vraiment le but ici. La vie est dure après tout alors pourquoi la simplifier avec des courbettes dans tous les sens pour que son héroïne trouve enfin son prince charmant qui sera soit un écrivain connu, soit un homme d’affaires très riche, etc. Non, Obvious Child c’est totalement différent. La mise en scène de Gillian Robespierre ne cherche pas à en faire trop non plus. Le but est donc d’être cru sans pour autant chercher non plus à raconter la vérité. Et puis il y a Jenny Slate (Married, Parks & Recreation) qui prouve à quel point elle est une femme aguerrie qui connaît les rouages de la comédie américaine un peu étrangère, qui ne veut pas ressembler à tout ce que l’on peut voir et qui cherche donc à nous surprendre. L’actrice est folle mais aussi intelligente. Elle sait très bien générer du rire comme des larmes. C’est beau et sensible à la fois. Ainsi, Obvious Child sans être totalement réussi non plus, dans le sens où le scénario n’est pas exempt de défauts, cela fonctionne plutôt bien.

Note : 7.5/10. En bref, un joli petit film indépendant sur les rapports à la vie quotidienne quand tout part en ruines dans sa propre vie.

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