18 Septembre 2026
Above & Below // De Jesse V. Johnson. Avec Antonio Banderas, Laura Marano et Christina Ochoa.
Il y a des films dont la bande-annonce donne immédiatement envie. Et puis il y a Above & Below, qui m’avait plutôt donné l’impression inverse. Pourtant, après avoir vu les premières images, j’ai quand même décidé de lui laisser sa chance. Et, surprise relative, le résultat n’est pas aussi catastrophique que ce que je craignais. Pas de quoi crier au miracle non plus : le film reste un thriller d’action assez générique, avec une histoire qui manque franchement d’idées et des personnages dont l’écriture aurait mérité davantage de travail. Réalisé à partir d’un scénario signé Anthony Steven Giordano, Above & Below mélange séjour entre amis au Mexique, trafic de drogue, prise d’otages et attaque de requins.
Un groupe d’amis partent pour connaître des vacances inoubliables. Ce qui commence comme une aventure faite de fêtes et de plongées vire rapidement au cauchemar lorsqu’ils sont attaqués par des criminels en pleine mer.
Un cocktail qui pouvait fonctionner sur le papier. Le problème, c’est que le film semble constamment hésiter sur ce qu’il veut être. L’intrigue suit Tatiana, son frère Kyle et plusieurs amis partis profiter d’un séjour au Mexique. Au programme : fête, plongée et expérience censée leur laisser quelques souvenirs mémorables. Kyle, joueur compulsif, accumule malheureusement les mauvaises décisions et se retrouve impliqué dans une histoire qui dépasse largement le cadre des vacances. Après une partie de cartes qui tourne mal face à Burns, un criminel incarné par Antonio Banderas, le groupe se retrouve embarqué sur un bateau. Très rapidement, la situation dégénère. Les protagonistes doivent alors composer avec des hommes dangereux à bord, tandis que les requins rôdent sous la surface.
Le principe est plutôt simple. Et franchement, la simplicité n’est pas un problème. Un film de requins n’a pas besoin de raconter une histoire compliquée pour fonctionner. Il faut simplement une situation suffisamment crédible, quelques personnages auxquels s’intéresser et surtout une vraie montée de tension. Above & Below peine précisément sur ces trois points. Le scénario accumule les décisions discutables et les situations artificielles pour faire avancer son intrigue. Certains personnages semblent surtout avoir été créés pour provoquer un nouveau problème ou augmenter le nombre de victimes potentielles. Les motivations sont rapidement esquissées, puis presque oubliées.
Dans ce chaos, Laura Marano tire son épingle du jeu dans le rôle de Tatiana. Son personnage est clairement présenté comme la plus débrouillarde du groupe, et l’actrice apporte une énergie qui manque parfois au reste du casting. Tatiana passe une bonne partie du film à tenter de garder la tête froide alors que tout part progressivement en vrille. Elle prend des décisions, cherche des solutions et essaie surtout de survivre pendant que les autres personnages semblent régulièrement faire exactement ce qu’il ne faudrait pas faire. Le contraste devient parfois assez amusant. Antonio Banderas, lui, semble avoir compris qu’il était dans un film qui ne cherche pas vraiment le réalisme.
Son Burns est une sorte de patron criminel excessif, presque caricatural, mais l’acteur apporte suffisamment de présence pour rendre ses scènes un peu plus intéressantes. J’ai davantage apprécié ses apparitions que prévu, même si le rôle ne lui offre pas énormément de matière. Le reste du casting fait correctement le travail, sans véritablement réussir à donner beaucoup d’épaisseur aux personnages. C’est probablement là que Above & Below m’a davantage surpris. Malgré ses défauts d’écriture, la réalisation reste relativement propre. Le rythme est assez efficace et le film évite de s’éterniser. Les scènes à bord du bateau sont correctement filmées et la caméra sait parfois créer un minimum d’espace pour installer une sensation de danger. Quelques passages fonctionnent même plutôt bien grâce à leur mise en scène.
Les séquences impliquant les corps et certaines images sous l’eau sont également plus réussies que prévu. En revanche, les effets numériques des requins et certains effets de sang viennent rappeler les limites du budget. Et pour un film qui vend une partie de son concept autour des requins, c’est forcément gênant. Surtout, le problème vient du manque de tension. Le film possède les ingrédients nécessaires, mais l’angoisse ne s’installe jamais vraiment. La menace criminelle prend beaucoup de place et les requins restent finalement assez secondaires. C’est assez frustrant, car Above & Below aurait pu exploiter beaucoup davantage cette opposition entre le danger présent sur le bateau et celui qui attend sous l’eau.
Plus l’histoire avance, plus les facilités scénaristiques deviennent visibles. Certaines réactions des personnages sont difficiles à comprendre et plusieurs événements semblent uniquement destinés à conduire vers la scène suivante. Puis arrive le dernier acte. Et là, franchement, j’ai presque fini par apprécier le film pour les mauvaises raisons. Certaines décisions sont tellement improbables que le sérieux du thriller finit par se fissurer. La conclusion cherche à apporter une résolution spectaculaire, mais elle ressemble surtout à une succession de choix scénaristiques difficiles à défendre. C’est dommage parce que la première partie avait au moins le mérite de poser une situation simple et compréhensible. Le film aurait gagné à rester dans quelque chose de plus direct au lieu d’empiler les rebondissements.
Above & Below n’est pas le naufrage annoncé par sa bande-annonce, mais il reste difficile de passer à côté de ses gros problèmes. Le concept de départ avait du potentiel : cinq amis, un bateau, des criminels, des requins et une lutte pour survivre. Il y avait largement matière à construire un thriller efficace. Malheureusement, le scénario reste trop prévisible et les personnages sont trop peu développés pour réellement créer de l’attachement. Le film manque également de séquences avec les requins, alors que ces moments constituent clairement l’argument principal du projet. Je retiens malgré tout une réalisation correcte, un rythme qui évite l’ennui total et une Laura Marano plutôt convaincante. Antonio Banderas apporte également un peu de relief à l’ensemble.
Note : 4.5/10. En bref, Above & Below reste donc un thriller de survie assez basique, avec quelques idées intéressantes mais une exécution inégale. J’ai passé un moment plutôt correct devant le film, ce qui est déjà plus que ce que la bande-annonce me laissait imaginer. Mais une fois le générique terminé, il ne reste pas grand-chose. Pour un film de requins, le vrai problème est peut-être là : Above & Below manque de mordant.
Prochainement en France en SVOD
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