18 Septembre 2026
Toi + Moi - Seuls contre tous // De Manon Gaurin. Avec Vittoria Di Savoia, Lucas Barski et Aymeric Fougeron.
Il m’arrive parfois de commencer un film en essayant de lui laisser sa chance, pour réaliser au bout de dix minutes que la soirée va être longue. Toi + Moi - Seuls contre tous fait exactement partie de cette catégorie. L’intention de départ n’était pourtant pas foncièrement mauvaise : une jeune fille coincée par sa famille, un type un peu louche avec une réputation désastreuse, un rapprochement discret et quelques embrouilles en arrière-plan pour donner un peu de rythme à l’ensemble. Sur le papier, c’est le genre de formule de romance pour jeunes adultes qui peut marcher si l'on y met un peu de sincérité. Adapté de la trilogie d’Emma Green et balancé directement sur Prime Video, ce long-métrage tente de croiser l'histoire d'amour, le drame familial et un semblant de thriller.
Alma Lancaster, 18 ans, mène une vie en apparence parfaite au sein d’une riche famille, qui croit qu’elle étudie le droit. En secret, elle poursuit son véritable rêve — le cinéma. Sur le campus, elle rencontre Vadim Arcadi, 20 ans, un solitaire rebelle et magnétique au passé trouble. Forcés de collaborer sur un film étudiant, ils s’affrontent, se rapprochent et commencent à tomber amoureux — malgré eux. Mais quelqu’un les observe. Une mystérieuse figure commence à envoyer des menaces anonymes, déterminée à les séparer et exposer des secrets qui pourraient détruire Alma et Vadim.
Un mélange qu'on voit passer partout en ce moment, rempli de schémas usés jusqu'à la corde. En soi, réutiliser des ficelles connues n'est pas un crime si on prend la peine de leur donner un minium d'âme ou d'énergie. Sauf qu’ici, tout tombe à plat. Le film avance avec une paresse affligeante et refuse d'injecter la moindre once de personnalité dans son récit. Le plus frustrant, c'est que les premières scènes laissaient penser qu'on éviterait au moins le désastre absolu, mais l'illusion se dissipe très vite. D'un côté, on retrouve Alma, une fille étouffée par les attentes de ses proches. Son avenir semble tracé d'avance entre des études de droit bancales et une vie bien rangée qui ne lui donne pas du tout envie.
Pour souffler un peu, elle décide d'exploiter son temps libre pour toucher un peu au cinéma et concrétiser une idée de projet personnel. C’est durant cette période qu’elle croise le chemin de Vadim, un étudiant traînant derrière lui une sacrée colle de rumeurs désagréables. Trafic de drogue, problèmes personnels mystérieux, regard sombre en coin : le bonhomme coche méthodiquement absolument chaque case du bad boy stéréotypé de roman pour ados. Logiquement, Alma devrait garder ses distances et faire sa vie. Sans grande surprise, elle fonce droit dedans. Le déroulé adopte une trajectoire ultra classique avec une haine du début qui se transforme gentiment en attirance, puis en grands sentiments.
Rien de bien révolutionnaire, ce qui pourrait passer si l'histoire prenait au moins le temps d'installer une vraie tension ou de nous faire comprendre ce qui pousse ces deux personnes l'une vers l'autre. Dans ce cas précis, j'ai surtout eu l'impression que le scénario cherchait désespérément à sauter toutes les étapes pour balancer le plus vite possible ses scènes clés. C’est sans doute ce qui m’a le plus agacé durant le visionnage. Le casting a beau correspondre aux critères esthétiques habituels du genre, l’alchimie entre les deux comédiens est quasiment inexistante. Le film passe son temps à nous répéter qu’ils vivent une passion intense, mais à l’écran, c’est le vide plat.
On multiplie les séquences d'intimité correctement éclairées, mais aligner les rapprochements physiques ne suffit pas à créer du désir ou de l'attachement. Il manque cruellement des moments de complicité simples, des dialogues un peu vivants, des silences qui veulent dire quelque chose. À force de vouloir montrer le résultat à tout prix, le film oublie complètement de construire la relation. Au milieu de cette débâcle, Vittoria Di Savoia essaie de sauver les meubles dans la peau d'Alma. Elle apporte quelques nuances acceptables à son personnage qui cherche sa voie. En revanche, en face, c'est la panne sèche. Lucas Barski a le physique attendu pour le rôle du garçon ténébreux, mais son jeu manque à ce point de relief qu'il rend son personnage totalement transparent.
Quand la moitié d'un couple de romance ressemble à un meuble, il devient difficile de s'intéresser à ce qui lui arrive. Le scénario ne sait jamais sur quel pied danser. En plus de l'histoire d'amour centrale, Toi + Moi - Seuls contre tous essaie d'empiler la pression familiale, les doutes sur l'avenir, le projet artistique et la partie sombre du passé de Vadim. Comme si ça ne suffisant pas, on nous colle une sous-intrigue de thriller bancale avec des sombres histoires de menaces et de stups. Au lieu de créer un ensemble dynamique, le récit s'éparpille. La partie sur le danger qui guette Vadim sort de nulle part uniquement pour rajouter un obstacle artificiel au couple. Les éléments tombent comme des cheveux sur la soupe, sans jamais bénéficier de l'écriture nécessaire pour susciter du suspense.
On passe constamment d’une romance fadasse à un drame lycéen, avant de revenir sur un polar du dimanche. Tout reste bloqué en surface sans qu'aucune ligne narrative ne parvienne à décoller. La seule chose un peu potable à sauver dans ce marasme reste le sous-texte sur le projet vidéo d'Alma. Les quelques séquences où elle apprend à fabriquer son film, la manière dont le prof intervient ou la façon de penser une scène apportent un tout petit côté méta sympathique. C’est le seul moment où le long-métrage esquisse une tentative d'originalité. Malheureusement, ce n'est qu'une parenthèse vite refermée qui sert juste à faire respirer un scénario étouffé par ses propres poncifs.
C'est finalement ce manque total de prises de risques qui achève le film. On se retrouve devant un empilement indigeste de clichés piochés dans la banque d'images de la fiction pour ados. Le garçon ténébreux, la fille sérieuse, les familles toxiques, les secrets ridicules, les séparations sur fond de drames exagérés : rien n'est épargné. Une romance prévisible peut fonctionner si les personnages insufflent de la vie ou si l'émotion passe, mais ici, c’est d’un ennui mortel.
Note : 1/10. En bref, cette production Prime Video est un ratage complet. Malgré un point de départ qui aurait pu donner un petit divertissement correct, Toi + Moi - Seuls contre tous s'enfonce très vite dans une platitude désolante. L'histoire se déroule sous nos yeux sans jamais réussir à toucher ou à surprendre, portée par un duo qui ne fonctionne pas du tout. Un film complètement naze qu'on oublie au moment même où le générique de fin commence à défiler.
Sorti le 18 septembre 2026 directement sur Amazon Prime Video
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