Critique Ciné : La Pat’ Patrouille : le fim - Mission Dino (2026)

Critique Ciné : La Pat’ Patrouille : le fim - Mission Dino (2026)

La Pat’ Patrouille : le fim - Mission Dino // De Cal Brunker. Avec Rain Janjua, Carter Young et Mckenna Grace.

 

Quand on a déjà digéré deux longs-métrages, on sait à peu près où on met les pieds. La Pat' Patrouille revient dans les salles obscures avec Mission Dino, un épisode taillé sur mesure pour captiver les plus jeunes. Cette fois, nos chiots sauveteurs préférés quittent leur quotidien habituel pour croiser la route de créatures préhistoriques. Le concept ne s'en cache pas : il lorgne sans complexe vers un Jurassic Park version miniature. Sur le papier, l'équation a de quoi faire sourire. Vous prenez une poignée de chiots suréquipés, des bolides clinquants, une île isolée et une armada de dinosaures, puis vous secouez le tout au milieu de cascades improbables. 

 

Lorsqu’une mystérieuse tempête surprend leur navire, la Pat’ Patrouille s’échoue sur une île tropicale encore inexplorée… et peuplée de dinosaures ! Ils y rencontrent Rex, un chiot courageux installé sur l’île depuis des années et devenu un véritable expert des dinosaures. Mais leur ennemi de toujours, M.Hellinger, arrive lui aussi sur l’île avec un projet dangereux : exploiter ses richesses naturelles en creusant des mines. Ses actions imprudentes déclenchent bientôt l’éruption d’un gigantesque volcan endormi. La Pat’ Patrouille se retrouve alors entraînée dans une série de missions de sauvetage spectaculaires, plus impressionnantes que tout ce qu’elle a connu jusqu’ici. Elle devra arrêter M. Hellinger et sauver l’île avant qu’il ne soit trop tard.

 

Du côté du rythme et du spectacle, la promesse est tenue. Le vrai problème se situe plutôt en coulisses : derrière ce déluge de couleurs fluo et de courses folles, l'histoire brille par sa vacuité. Introduire des dinosaures reste le moyen le plus simple pour relancer une machine qui commence à tourner en rond. Ces monstres disparus apportent une touche de nouveauté bien venue et permettent surtout aux animateurs d'enchaîner les séquences spectaculaires. Ça glisse, ça chute, ça hurle, ça sauve in extremis : le film fait tout pour accrocher le regard des petits sans leur laisser le temps de cligner des yeux. Sur ce strict terrain de l'attention, le contrat est rempli. Il n'y a quasiment aucun temps mort. 

 

On passe d'une péripétie à l'autre à toute vitesse. Pour les enfants nourris aux vidéos ultra-dynamiques, la formule fonctionne à merveille. Pour les adultes assis à côté avec le pot de pop-corn, l'expérience s'avère nettement plus éprouvante. Le parallèle avec le chef-d'œuvre de Steven Spielberg s'impose vite, toutes proportions gardées évidemment. Si l'ambition n'a rien à voir et que l'ambiance reste 100 % familiale, Mission Dino reprend exactement les mêmes mécanismes : des bêtes gigantesques, une jungle hostile et des héros dépassés par les événements. Visuellement, le travail sur les dinosaures s'en sort très bien. L'animation fait un bon en avant par rapport au dessin animé du samedi matin. 

 

Les textures sont plus détaillées, les mouvements paraissent fluides et l'ensemble offre un vrai rendu de grand écran. C'est sans doute le seul point qui justifie vraiment le prix du billet. Côté scénario, le récit choisit d'isoler un personnage pour lui donner un peu de relief. Ici, c'est Marcus qui hérite des projecteurs. Le dalmatien gaffeur doit apprendre à surmonter ses doutes, faire preuve de courage et dépasser ses limites. Rien de bien original, mais le message passe très bien auprès du public ciblé. L'entraide, l'amitié et la solidarité sont martelées sans finesse, mais avec bienveillance. C'est malheureusement sur la trame globale que le film montre ses limites. L'intrigue est si mince qu'elle tiendrait presque sur un ticket de caisse. 

 

Tout semble prétexte à relier deux scènes de poursuite. Les problèmes apparaissent, les gadgets sortent au bon moment, et les obstacles se résolvent sans que personne n'ait besoin de réfléchir bien longtemps. Même pour un divertissement pour enfants, un script simple gagne à être construit avec soin. Ici, j'ai surtout eu l'impression de regarder une suite de sketchs d'action collés les uns aux autres. Le rythme trépidant peine à masquer la pauvreté de l'écriture. Le film promettait également de rigoler en famille, mais le compte n'y est pas. L'humour reste très basique, axé sur des grimaces ou des gaffes de répétition. Si les petits rient de bon cœur, les grands risquent de trouver le temps long. 

 

À force de privilégier les sauvetages spectaculaires, l'aventure ressemble plus à une attraction de parc d'attractions qu'à une vraie comédie d'animation. Attention d'ailleurs avec les plus jeunes. Le spectacle peut secouer. Les dinosaures restent imposants, les scènes de panique s'enchaînent vite et le son monte rapidement. Certaines séquences avec des bêtes menaçantes risquent d'effrayer les enfants de 3 ou 4 ans. C'est un paramètre à garder en tête avant d'acheter vos places. La réalisation technique sauve heureusement les meubles. La différence d'échelle entre la télé et le cinéma saute aux yeux. La palette de couleurs pète à l'écran, les chiots sont immédiatement reconnaissables et les scènes d'action restent très lisibles. Mais cette belle couche de peinture ne suffit pas à donner une âme à l'ensemble. 

 

On ressent constamment le côté cahier des charges commercial : chaque nouveau véhicule et chaque nouvel accessoire semblent conçus pour finir en rayon jouet avant même la fin du générique. Au final, Mission Dino parle exclusivement aux fans déjà conquis par l'univers. Vos enfants y trouveront leur compte entre les couleurs, les blagues simples et les dinosaures. Pour les autres, la pilule sera plus difficile à avaler. Contrairement à d'autres studios capables de proposer plusieurs niveaux de lecture pour réunir toute la famille, La Pat' Patrouille ne s'adresse qu'aux plus petits.

 

Note : 4/10. En bref, ce troisième film offre un moment de divertissement nerveux mais sans grande saveur narrative. Les dinosaures apportent un plus visuel indéniable et la mise en scène s'avère plus propre qu'à l'accoutumée. Mais l'absence d'humour universel et le côté catalogue de jouets géant laissent un goût d'inachevé. Ça dépannera un après-midi de pluie avec les enfants, mais n'en attendez pas beaucoup plus.

Sorti le 5 août 2026 au cinéma

 

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