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Critique Ciné : Pride, des gays et des mineurs

18 Septembre 2014 , Rédigé par delromainzika Publié dans #Critique Ciné

Critique Ciné : Pride, des gays et des mineurs

Pride // De Matthew Warchus. Avec Bill Nighy, Andrew Scott et Dominic West.


Pride c’est une histoire vraie et je pense qu’il faut avant tout le rappeler. L’histoire de ces gays et de ces lesbiennes qui se sont retrouvées à supporter les mineurs du Pays de Galles qui allaient perdre leur emploi. C’était une idée merveilleuse que de raconter cette histoire merveilleuse. Car oui, ce que l’on peut voir dans ce film c’est tout de même merveilleux, de se dire que des gays et des lesbiennes ont pu s’engager pour aider des mineurs à garder leur boulot dans un Royaume Uni rongé par Margaret Thatcher. Le film reproduit très bien les années 80 et au delà de cette représentation fidèle de ces années, tous les thèmes sont explorés, que cela les plus politiques (les mineurs, Thatcher) mais aussi les plus inhérents à la communauté gay et lesbienne (le SIDA - notamment avec le patient numéro 2 diagnostiqué au Royaume Uni - ou encore les agressions à répétition - car oui, l’homosexualité était encore plus mal vue à cette époque et ceux qui se faisaient agresser lâchement étaient nombreux). Pour en revenir à ce film, il n’a aucune prétention et je pense que c’est ce qui le rend aussi joyeux et émouvant. Il y a de l’humour, toujours bien placé et intelligent, beaucoup d’émotions aussi et cette joie intense qu’il y a de voir des gens se battre pour une cause.

Eté 1984 - Alors que Margaret Thatcher est au pouvoir, le Syndicat National des Mineurs vote la grève. Lors de la Gay Pride à Londres, un groupe d’activistes gay et lesbien décide de récolter de l’argent pour venir en aide aux familles des mineurs en grève. Mais l’Union Nationale des Mineurs semble embarrassée de recevoir leur aide. Le groupe d’activistes ne se décourage pas. Après avoir repéré un village minier au fin fond du pays de Galles, ils embarquent à bord d'un minibus pour aller remettre l'argent aux ouvriers en mains propres. Ainsi débute l’histoire extraordinaire de deux communautés que tout oppose qui s’unissent pour défendre la même cause.

La cause qu’ils défendent ce n’est pas celle des droits de la communauté mais ceux des mineurs du Pays de Galles. L’association était forcément intéressante à transposer au cinéma, surtout que l’on ne s’attend pas à ce qu’un univers en apparence aux valeurs très strictes puisse un jour accepter que des gays et des lesbiennes les aide à amasser des dons ou encore faire des protestations. Je ne savais pas que cette histoire était vraie avant de voir ça au début du film. Je ne savais même pas vraiment à quoi m’attendre en allant le voir mais j’ai été surpris dans le bon sens. Ma seule vraie motivation en allant voir ce film c’était en grande partie de m’identifier, trouver un moyen d’être ému par ces gens courageux qui ont fait valoir nos droits il y a des années de ça. Forcément, quand on sort de Pride on a envie nous aussi de faire grève, de se retrouver dans une manifestation pour les droits des homosexuel(le)s (au plutôt de la communauté LGBT puisque c’est même bien plus que les lesbiennes et les gays finalement). Afin de mettre tout cela en scène, nous avons donc un casting britannique plutôt convaincant, de Dominic West (The Hour) à Bill Nighy (Love Actually), ce dernier étant même abonné aux comédies britanniques.

Pride tente alors de véhiculer un message de paix ou en tout cas de quelque chose qui s’en approche. C’est un très joli message qui pourrait peut-être permettre de faire évoluer les moeurs. Il aurait peut-être fallu quelque chose de ce genre là en France afin que le mariage pour tous soit quelque chose qui ne soit pas sujet de discorde. Je ne sais pas trop mais en tout cas, on comprend l’engagement de ces anglais, la façon dont ils le font, avec une telle passion. Matthew Warchus, que je ne connaissais pas (dont le dernier film remonte à 1999 avec Simpatico), parvient ici à capturer de belles émotions, générant aussi un vrai phénomène de nostalgie. Pas de l’époque Thatcher mais d’une époque où les gays étaient en train de petit à petit faire le bout de chemin et surtout apprendre aux autres qu’il n’y a rien de mal à être gay car on ne l’est pas par choix. L’histoire de ce jeune garçon, tiraillé entre ses parents qui ne veulent pas accepter son homosexualité (et notamment sa mère qui a envie qu’il prenne le temps de décider ce qu’il veut, une vie sans famille ou bien une vie avec une famille, ce qui est tout de même complètement bête comme réflexion vous en conviendrez).

Note : 8/10. En bref, un très joli film engagé et engageant.

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