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Critique Ciné : Renaissances (2015)

7 Août 2015 , Rédigé par delromainzika Publié dans #Critique Ciné

Critique Ciné : Renaissances (2015)

Renaissances // De Tarsem Singh. Avec Ryan Reynolds, Natalie Martinez et Matthew Goode.


Renaissances c’est un peu le Transcendance de cet été, ce besoin sempiternel de faire des films sur une hypothétique immortalité. Tarsem Singh reste dans le sillon après Les Immortels (qui n’a d’immortel que son nom), véritable purge. Pourtant bon réalisateur, il semble s’être égaré dans les couloirs de Hollywood et nous produit désormais des films formatés, se basant sur des idées assez similaires à ce que l’on a déjà pu voir précédemment. Et notamment Transcendance. Les ressemblances avec ce dernier ne se comptent plus : l’affiche est déjà le premier signe avant-coureur que l’on risque de voir un navet et la date de sortie qui est pratiquement la même. Four aux Etats-Unis, accueil plus que timide de la critique, en voilà un film qui se devait d’avoir du mal de me séduire. Mais c’est l’été et je me suis dit qu’un bon petit film de SF, ce pourrait ne pas faire de mal. Surtout que le casting secondaire est plutôt bon : Matthew Goode, Victor Garber, Ben Kingsley. Le problème c’est que le casting principal a énormément de mal : Ryan Reynolds a toujours autant son air de merlan frit que je déteste et Natalie Martinez me fait presque regretter son personnage filiforme dans Under the Dome. Presque.

Que feriez-vous si on vous proposait de vivre éternellement ? Damian Hale, un richissime homme d’affaire new yorkais atteint d’une maladie incurable, se voit proposer une opération révolutionnaire par le mystérieux groupe Phénix : transférer son esprit dans un corps de substitution, « une enveloppe vide », un nouveau corps jeune et athlétique pour prolonger sa vie. Comment résister à une telle proposition ? Damian Hale procède au transfert et redécouvre les joies de la jeunesse, du luxe et des femmes dans son nouveau corps. Jusqu’au jour où Damian découvre un terrible secret sur l’opération. Un secret pour lequel Phénix est prêt à tuer.

Le scénario ne cherche jamais à nous surprendre, enchaînant les perles de mauvais goût. La début est intéressant car c’est curieux et l’on ne sait pas trop vers quoi on se dirige. Puis tout d’un coup il y a un twist. A vouloir trop jouer sur le mystère qui entoure Renaissances puis sur la romance ridicule entre Damian euh… Marc et Madeline, on a déjà envie de zapper. Je ne peux pas dire que je me sois complètement ennuyé devant ce film mais disons qu’il manque cruellement d’ambition. Il n’est pas à la hauteur des attentes (pas très grandes) que je pouvais mettre en lui. Renaissances pose pourtant une question intéressante, celle de la possibilité de vivre éternellement, simplement en prenant le corps de quelqu’un d’autre. C’est toujours ce lobby scientifique qui crée des trucs rocambolesques qui vont toujours finir par lui revenir en pleine figure à la fin (oui, sinon ce ne serait pas drôle). Il y a quelques moments où l’on ne sait pas trop si Renaissances veut véritablement engager sa phase finale ou bien nous offrir du bon sentiment sans grande saveur. Car là aussi Renaissances pèche. Le film a énormément de mal à séduire par son histoire familiale. Damian va finalement accepter de faire revenir Marc (je vous ai spoilé ? me dites pas que vous avez cru que l’inverse était plausible dans un tel film).

Du début à la fin, Renaissances est donc un film de SF balisé, qui n’offre aucune véritable surprise si ce n’est de bons seconds rôles (enfin, surtout aidé par un bon casting secondaire, rien de plus). Ryan Reynolds reste égal à lui-même et c’est une très mauvaise chose. On est loin de ce qu’il a pu faire récemment dans Captives (même si sa tentative louable n’était pas totalement réussie non plus). Tarsem Singh se retrouve donc à mettre en scène tout cela de façon linéaire, sans ambition visuelle (alors que c’est pourtant son fort). J’aurais apprécié qu’il nous donne sa propre vision de la Nouvelle Orléans, cette ville rongée par la crise économique et les intempéries. Mais non, il se contente de faire le boulot comme tout bon réalisateur qui dit oui à tout ce que le studio peut bien lui demander. Je sais bien qu’il a besoin de payer ses factures mais tout de même… Laisser cette histoire à Alex et David Pastor aurait pu donner quelque chose de très bons. J’ai beaucoup aimé leur Infectés et accessoirement Les derniers jours (même si ce dernier souffrait aussi de problèmes dans la mécanique de l’histoire). Mais là… c’est juste pas possible. En espérant que la série qu’ils préparent pour Syfy soit de bien meilleure facture.

Note : 3/10. En bref, un divertissement estival de plus, marchant sur les plates bandes d’un certain Transcendance mais aucune renaissance en vue ici de l’idée de l’immortalité. C’est raté.

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