Critique Ciné : Le Monde est à Toi (2018)

Critique Ciné : Le Monde est à Toi (2018)

Le Monde est à Toi // De Romain Gavras. Avec Karim Leklou, Isabelle Adjani et Vincent Cassel.


Le Monde est à Toi fait du bien au cinéma français et au delà de la morale du film qui est plutôt bonne et bien amenée, c’est avant tout un voyage intéressant dans le rêve de réussir quand on vient d’un quartier parisien défavorisé et que notre seule vie serait de devenir petit dealer de shit. Le Monde est à Toi propose alors de sortir un peu des carcans du genre et Romain Gavras (fils de Costa-Gavras), semble avoir pas mal d’idées en réserve. Lui à qui l’on devait le brillant A Cross the Universe, réitère ici pour un melting pot assez étonnant qui nous propose de rire, délirer et de jouir tout en empruntant un peu de partout, de La Haine de Matthieu Kassovitz à Scarface de Brian de Palma. Le film pourrait même être un penchant français des frères Coen, sans avoir pour autant le même humour mais certains personnages secondaires (comme le duo de petites frappes de Poutine) s’avèrent savoureux et donnent un certain sens du rythme au film sans jamais nous décevoir. Le Monde est à Toi est finalement quelque chose que je n’attendais pas du tout et qui fait du bien en pleine période estivale où le cinéma semble être à l’agonie totale cette année.

François, petit dealer, a un rêve : devenir le distributeur officiel de Mr Freeze au Maghreb. Cette vie, qu’il convoite tant, vole en éclat quand il apprend que Dany, sa mère, a dépensé toutes ses économies. Poutine, le caïd lunatique de la cité propose à François un plan en Espagne pour se refaire. Mais quand tout son entourage : Lamya son amour de jeunesse, Henri un ancien beau-père à la ramasse tout juste sorti de prison, les deux jeunes Mohamed complotistes et sa mère chef d’un gang de femmes pickpockets, s’en mêle, rien ne va se passer comme prévu !

Karim Leklou, qui j’avais déjà pu adorer dans Coup de Chaud (2015) propose ici une composition étonnante et s’avère être encore une fois l’une des grandes révélations du cinéma français de ces dernières années. A ses côtés, un casting parfait, d’Isabelle Adjani en bourgeoise qui a tout perdu au jeu et qui vit dans un HLM (la scène de vol aux Galeries Lafayette était assez cocasse), ou François Damiens en chambre d’hôtes pour migrants qui là aussi reste savoureux pour le peu de temps qu’il passe dans le film. Le film n’a de cesse de prendre de court un spectateur plongé dans un rythme effréné. De plus, Benidorm est un lieu parfait pour la partie espagnole du film, permettant de donner un différent ton et aussi d’éviter de tomber dans les pièges réguliers du cinéma français. Trop peu souvent exploité au cinéma, cette ville balnéaire (connue pour avoir la tour fiasco de l’immobilier en Europe pour avoir oublié les ascenseurs lors de sa construction) est un peu le Macao européen et la France aura su lui rendre la pareil. Finalement, au delà d’un solide casting et d’un scénario truffé d’idées, c’est la mise en scène soignée et élégante de Romain Gavras qui vient solder le tout sur une note douce amère, entre comédie et drame social, de façon brillante.

Note : 9/10. En bref, un film qui sent bon l’été, le drame social intelligent et les surprises comiques. Une belle réussite française.

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