Curb Your Enthusiasm (Saison 10, 10 épisodes) : pour l'amour d'un humour toujours plus noir

Curb Your Enthusiasm (Saison 10, 10 épisodes) : pour l'amour d'un humour toujours plus noir

A chaque fois que cette comédie revient, je dois avouer que je ne m’y attends pas du tout. Elle n’est pas forcément régulière dans sa diffusion mais c’est toujours avec grand plaisir que je retrouve cette galerie de personnages loufoques. Larry David continue d’être piquant dans sa façon d’écrire sa série et parle alors des bouleversements politiques et sociaux de son pays avec un humour que seul lui était capable d’écrire. B beaucoup de comiques ont tenté de refaire Curb Your Enthusiasm à leur sauce (même Gad Elmaleh chez nous a tenté de le faire dans la très mauvaise Huge in France). La série continue d’être irrévérencieuse pour le plus grand plaisir du téléspectateur que je suis. Dès la première réplique de la saison, Curb Your Enthusiasm lance un truc qui va annoncer « la couleur » de ce qui va suivre. 

 

Quand Larry demande à Leon Black (incarné par JB Smove) présent depuis la saison 6 s’il est content de sa couleur de peau, alors Curb Your Enthusiasm utilise l’humour pour tout oser, sans se soucier des problèmes que cela pourrait être pour le politiquement correct. Leon avait débarqué dans la série alors qu’il n’y avait pas de personnage afro-américain à l’époque dans la série, et profitant d’une intrigue sur fond de l’ouragan Katrina, alors Larry David avait développé toute une intrigue assez intéressante. Mais Leon n’a jamais quitté le domicile de Larry depuis son arrivée il y a de ça quatre saisons (et bien plus d’années). 

 

L’une des choses les plus fascinantes avec Larry David c’est la capacité qu’il a à se moquer de ce que les gens peuvent penser de lui. Du coup, dans une saison qui prend à bras le corps certains sujets politiques (Trump) ou sociaux, Larry dit tout haut ce qu’il pense dans le but de créer encore de l’humour noir. Avec tout ce militantisme actuel, Larry veut alors parler de sujets qui fâchent, sans pour autant oublier la structure habituelle de la série où le héros enchaîne les déconvenues, où il tente à chaque fois de gommer les problèmes en ajoutant de nouveaux problèmes. L’idée de créer une histoire de harcèlement sexuel par sa secrétaire était une opportunité hilarante pour, sur un quiproquos, faire une intrigue amusante et efficace. Tout cela s’ajoute au second épisode où il enregistre la conversation avant la relation sexuelle afin d’avoir une preuve du consentement de celle-ci devant un tribunal si jamais elle voulait porter plainte. Curb Your Enthusiasm aime moquer des sujets graves et ici en l’occurence le mouvement #MeToo. 

 

Mais Larry ne cherche pas pour autant à mépriser l’époque dans laquelle nous vivons, simplement à lui en mettre plein la figure comme il sait si bien le faire. Cette saison apparaît souvent comme l’une des plus méchantes mais quand on adhère à Curb Your Enthusiasm, on ne peut qu’être séduit par cet humour si particulier mais fascinant. Larry David est pour moi un génie de la comédie américaine et cette série continue de délivrer tout ce que j’attends d’elle. Alors que la saison 9 s’était achevée en décembre 2017, je dois avouer que Curb Your Enthusiasm m’avait beaucoup manqué. Surtout que dans ces périodes moroses, cela fait chaud au coeur de retrouver des personnages qui osent tout, sans se soucier de ce que les autres peuvent en penser. 

 

Côté guest, cette saison a son lot de bonnes surprises. J’ai adoré retrouver Fred Armisen (Portland) dans l’épisode 6. Cette histoire de déambulateur aurait pu être offensante mais elle est hilarante à souhaite du début à la fin. J’ai aussi beaucoup épisode la présence de Laverne Cox (Orange is the New Black) car même si la série aime critiquer, elle aime aussi créer des paradoxes pour son héros et c’est clairement ce qu’elle amène ici. Même Chris Martin (Coldplay) vient faire un petit coucou (dans l’épisode 6) dans son propre rôle. D’autres présences sont amusantes (Ted Danson, Jon Hamm ou encore Sasha Alexander) mais j’ai déjà hâte de voir une hypothétique saison 11 dont HBO ne pourra jamais se passer si Larry David a envie de la faire.  

 

Note : 8.5/10. En bref, toujours aussi piquante et fascinante, voilà une comédie qu’il fait toujours du bien de retrouver. 

 

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