Critiques Séries : Tracker. Saison 2. Episode 18.

Critiques Séries : Tracker. Saison 2. Episode 18.

Tracker // Saison 2. Episode 18. Collision.

 

L’épisode 18 de la saison 2 de Tracker, intitulé « Collision », propose un retour aux fondamentaux de la série : Colter Shaw, toujours interprété par Justin Hartley, utilise ses compétences de pisteur pour résoudre la disparition d’une jeune femme. Un scénario classique pour la série, qui continue de fonctionner tant que l’intrigue garde un bon rythme. Pourtant, en dépit de quelques bonnes idées et d’un certain plaisir à retrouver les mécaniques habituelles de Tracker, plusieurs faiblesses s’accumulent et commencent à alourdir la formule. Commençons par un point difficile à ignorer : le jeu de l’actrice incarnant la mère de la disparue. Son interprétation manque cruellement de justesse. 

 

Trop démonstrative, elle enchaîne les gestes sans cohérence émotionnelle, et surtout, sans véritable connexion avec les autres personnages. Dès sa première scène téléphonique avec sa fille, on peine à croire à la relation qu’on nous présente. Plus tard, lors de son entretien avec Colter, son absence d’urgence ou de panique casse l'immersion. Cela donne l’impression d’un mauvais casting ou, à tout le moins, d’une direction d’acteurs approximative. Malgré cela, l’épisode réussit à captiver grâce à une structure narrative efficace. L’histoire de cette jeune femme disparue après avoir quitté New York pour retourner dans sa ville natale aurait pu suivre une trajectoire convenue. 

Au lieu de cela, le récit propose plusieurs fausses pistes : un harceleur, un possible enlèvement, des tensions familiales… À mesure que l’enquête progresse, les rebondissements s’enchaînent et tiennent en haleine. À ce titre, « Collision » parvient à maintenir une tension appréciable, même si certains éléments frôlent parfois l’exagération. Ce format d’épisode où la trame principale se suffit à elle-même, rappelle les premières heures de la série. Et c’est probablement là où Tracker est le plus à l’aise : quand elle ne tente pas trop d’en faire, mais reste concentrée sur l’humain et l’enquête. On retrouve bien sûr Colter dans ce rôle qu’il maîtrise : à la fois méthodique, intuitif et parfois téméraire. 

 

Ses talents de pisteur sont mis en valeur tout au long de l’épisode, ce qui n’est pas pour déplaire. En revanche, le reste de l’équipe se contente de faire de la figuration. Vera, par exemple, n’apparaît que pour confier l’affaire à Colter, comme c’est désormais la norme. Reenie, elle, ne fait qu’une brève apparition, le temps de sortir un dossier médical de son chapeau. On sent que ces personnages pourraient apporter davantage, mais l’écriture semble se contenter de leur donner un rôle purement fonctionnel. Heureusement, une nouveauté vient pimenter l’épisode : Randy, introduit récemment, devient officiellement membre de l’équipe. Sa dynamique avec Colter, mais surtout avec Bobby, apporte un peu de fraîcheur. 

On ressent une vraie complicité entre eux, presque fraternelle, qui pourrait s’avérer précieuse pour la suite. Ce qui frappe avec « Collision », c’est le décalage entre la solidité de l’épisode en tant qu’enquête indépendante et l’absence totale de développement des intrigues de fond. On est au 18e épisode de la saison, il en reste deux, et pourtant les grands arcs narratifs restent en suspens : la mort du père de Colter, les motivations du mystérieux client de Reenie, ou encore la part d’ombre de cette dernière. Ces éléments ont été disséminés tout au long de la saison, sans réelle progression visible. À ce stade, difficile de ne pas ressentir une forme de stagnation, voire de frustration.

 

On peut légitimement se demander pourquoi ces fils narratifs n’ont pas été mieux répartis jusque-là. L’équilibre entre épisodes "cas de la semaine" et trame continue reste trop inégal. En somme, Collision fonctionne comme un épisode isolé : bien rythmé, plutôt habile dans son découpage, avec quelques scènes efficaces. Mais dans le contexte global de la série, il illustre aussi les limites de la formule actuelle. Le manque de profondeur des personnages secondaires, l’écriture parfois inégale, et surtout l’impression que la série avance sans réelle direction, commencent à peser.

 

Note : 5/10. En bref, Tracker garde un potentiel certain, mais il devient urgent que la narration principale prenne enfin le dessus. Il serait dommage que la série, qui a su installer un univers cohérent et un héros attachant, perde son audience faute d’une vision claire à long terme.

Prochainement en France

 

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