Critiques Séries : Will Trent. Saison 3. Episode 15.

Critiques Séries : Will Trent. Saison 3. Episode 15.

Will Trent // Saison 3. Episode 15. The Most Beautiful, Fierce, Smart, Powerful Creature in the Whole World.

 

L’épisode 15 de la saison 3 de Will Trent m’a laissé avec ce sentiment un peu étrange que seule cette série sait provoquer : une oscillation constante entre légèreté apparente et douleur enfouie. Ce n’est pas une nouveauté dans l’univers de Will Trent, mais ici, le contraste est particulièrement bien dosé. D’un côté, Amanda et Evelyn qui s’embarquent dans un week-end entre amies qui vire à l’enquête criminelle façon Cluedo en peignoir ; de l’autre, Angie et Will qui replongent dans leurs blessures familiales respectives.

 

Et c’est justement cette alternance maîtrisée entre comédie et drame qui me pousse à continuer la série, même quand certains arcs narratifs deviennent un peu attendus. Dès les premières minutes, l’épisode donne le ton. Amanda Wagner et Evelyn Mitchell, deux figures fortes mais souvent secondaires, prennent ici le devant de la scène. Leur escapade dans un nouveau resort est censée être synonyme de repos, de cocktails colorés et de soins au spa. Évidemment, tout bascule lorsqu’un cadavre est découvert sur place. Ce que j’ai particulièrement apprécié ici, c’est la complicité entre Amanda et Evelyn. 

Le duo fonctionne à merveille et donne un vrai souffle comique à l’épisode. Les échanges sont vifs, les répliques bien senties, et la dynamique de ces deux femmes matures, libres et intelligentes me paraît toujours rafraîchissante. Evelyn, en particulier, apporte une touche de désinvolture assumée qui fait du bien. L’épisode joue habilement avec les clichés : l’assistante désinvolte qui s’avère être une voleuse de diamants notoire, le propriétaire du resort dépassé par les événements, le meurtre rocambolesque impliquant une main sectionnée rangée sur une assiette ensanglantée… Il y a un côté whodunit assumé, presque parodique, mais jamais gratuit. 

 

Ce genre de ton plus léger ne dénature pas la série, il l’enrichit. Et voir Amanda sortir de son rôle de patronne froide du GBI pour devenir « Randy Mandy » le temps d’un flirt musclé avec le frère du suspect, ça donne aussi un peu de profondeur à ce personnage souvent figé dans la retenue. La surprise de l’épisode vient aussi du tandem Faith Mitchell / Michael Ormewood, envoyé en renfort pour élucider le crime. Ce n’était pas un duo auquel je m’attendais, mais leur complémentarité fonctionne. Faith apporte son sérieux et son instinct, tandis qu'Ormewood, qui traverse une période complexe sur le plan personnel, trouve là une forme d’échappatoire.

J’ai trouvé intéressant que la série ne mette pas de côté l’état de santé d’Ormewood. Même si ce n’est pas le cœur de l’épisode, on sent que ses symptômes sont toujours présents en toile de fond. Son échange avec Faith, bien que discret, souligne une confiance mutuelle qui fait plaisir à voir. Il est aussi appréciable que la série prenne le temps de poser ce genre de moments intimes, sans tomber dans le pathos. Pendant que le spa se transforme en scène de crime, Will et Angie sont confrontés à des situations beaucoup plus personnelles. Et ici, Will Trent revient sur ce qu’il fait le mieux : explorer les cicatrices émotionnelles de ses personnages.

 

Angie, en particulier, porte tout l’épisode sur ses épaules. Sa mère, figure toxique évoquée dès la saison 1, est de retour — ou plutôt, en fin de vie. Cela réveille des souvenirs profondément enfouis, faits de négligence, de violence, et d’une enfance volée. La série choisit de revisiter ces souvenirs sous forme de flashbacks, et cette reconstitution du passé d’Angie est particulièrement bien menée. L’actrice qui incarne Angie adolescente est crédible, tant dans son jeu que dans sa ressemblance avec Erika Christensen. Ce souci du détail renforce l’impact émotionnel de ces scènes. Ce qui m’a le plus marqué, c’est cette volonté d’Angie de recoller les morceaux, même si c’est trop tard. 

Son besoin d’entendre un mot d’excuse, une forme de reconnaissance du mal subi, est universel. Le face-à-face avec sa mère en prison est l’un des moments les plus forts de la saison. J’ai ressenti à la fois sa colère, sa tristesse, et cette peur insidieuse de lui ressembler. Cette peur, exprimée dans une scène presque fantasmée, est un miroir redoutable de la spirale dans laquelle Angie pourrait retomber. Et la fin, lorsqu’elle craque et boit à nouveau, est douloureuse mais terriblement humaine. En parallèle, Will tente de faire face à la douleur d’une mère dont le fils est mort. Ce genre de confrontation est toujours délicat, et j’ai trouvé que la série avait su le traiter avec une certaine justesse. 

 

Diego, le petit frère de Marco, incarne cette innocence abîmée, ce rôle de « petit homme de la maison » que tant d’enfants endossent trop tôt. La scène où il parle avec Will en caressant Betty, le chien, est touchante dans sa simplicité. C’est dans ces moments-là que Will Trent brille : quand il montre sans forcer, quand il dit beaucoup avec peu. La réaction de Mme Sanchez m’a semblé crédible, sans excès de pardon instantané. Elle accepte de tourner la page, non pas parce qu’elle oublie, mais parce qu’elle comprend que s’accrocher à la rancœur ne fera pas grandir son fils. C’est ce genre de subtilité émotionnelle que j’attends de la série, et que j’ai retrouvé ici.

L’épisode 15 n’est pas le plus spectaculaire de la saison, ni le plus dense en termes d’enquête. Mais il réussit ce que Will Trent fait de mieux : mêler le personnel à l’enquête, créer des parallèles entre l’intime et le professionnel, et offrir de vrais moments de vulnérabilité à ses personnages. Le duo Amanda/Evelyn mérite clairement d’être développé davantage. Une mini-série sur leurs aventures passées et présentes ne me déplairait pas. En parallèle, j’espère que les conséquences de la rechute d’Angie ne seront pas mises de côté. La série a une responsabilité dans la manière dont elle aborde des sujets aussi lourds que les traumatismes liés à l’enfance et la dépendance. 

 

J’attends de voir si elle choisit de poursuivre dans cette direction avec autant de finesse que jusqu’à présent. Enfin, j’ai envie de croire que Will, en affrontant ses propres fantômes et ceux des autres, finira par se rapprocher d’un certain apaisement. Mais dans cette série, rien n’est jamais acquis — et c’est peut-être pour ça que j’y reviens chaque semaine.

 

Note : 6.5/10. En bref, l’épisode 15 n’est pas le plus spectaculaire de la saison, ni le plus dense en termes d’enquête. Mais il réussit ce que Will Trent fait de mieux : mêler le personnel à l’enquête, créer des parallèles entre l’intime et le professionnel, et offrir de vrais moments de vulnérabilité à ses personnages. Le duo Amanda/Evelyn mérite clairement d’être développé davantage. 

Prochainement sur TF1 et TF1+

 

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