30 Avril 2025
Will Trent // Saison 3. Episode 16. Push, Jump, Fall.
L’épisode 16 de cette troisième saison de Will Trent m’a particulièrement touché. Non pas pour une performance spectaculaire ou une révélation spectaculaire, mais pour cette manière qu’a la série de tisser du sens entre l’intime et l’enquête. Ce nouvel épisode s’éloigne un peu des intrigues classiques pour poser une question simple et fondamentale : que signifie choisir de vivre, malgré tout ? Trois personnages, trois trajectoires, un point commun : affronter ses démons. C’est ce que j’ai apprécié ici. Le fil rouge n’est pas la résolution d’un crime en soi, mais la lutte intérieure que chacun mène, bien souvent en silence.
Dès les premières minutes, il était clair que l’affaire autour de Miss Bernadette allait être plus qu’un simple dossier à boucler. La détresse de cette femme, accusée d’avoir tiré sur un homme pour protéger son cheval, entre en résonance avec ce que vit Will. Et pas seulement parce qu’il sent instinctivement qu’elle est innocente, mais parce qu’il reconnaît dans sa méfiance, sa solitude et sa douleur un miroir de lui-même. Will a toujours eu du mal avec les figures d’autorité, et encore plus avec l’idée de thérapie. J’ai trouvé intéressant que cette fois, la "thérapeute" qu’il rencontre ne soit pas conventionnelle. Une femme directe, sans fioritures, qui ne cherche pas à réparer, mais à faire prendre conscience.
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Son approche mêle massage, discussion, quelques huiles et surtout, une question brutale : « Tu veux vivre, ou pas ? » Cette scène a mis le doigt sur un mal plus profond que ce que les enquêtes permettent d’aborder habituellement. Il ne s’agit plus seulement de regret ou de culpabilité liée à l’affaire Marco, mais d’un refus inconscient de la joie. Comme si Will s’interdisait d’aller mieux. Cela m’a rappelé à quel point certains personnages, comme Angie, portent des cicatrices si profondes qu’ils finissent par croire qu’ils ne méritent rien d’autre que la douleur. Cette affaire de rodeo n’avait rien de glamour, et c’est justement ce qui l’a rendue crédible. Bernadette, isolée, est une femme que le système a déjà oubliée.
Accusée à tort, maltraitée, et trahie par ses pairs, elle n’attend plus rien de personne. Ce qui m’a frappé, c’est à quel point sa situation aurait pu passer inaperçue, ou être jugée à travers le prisme d’un récit trop souvent entendu : celui de la femme hystérique ou agressive. Là encore, Will Trent montre son intérêt pour les zones grises. Bernadette n’est pas parfaite, elle est même brusque, méfiante, parfois agressive. Mais elle est aussi profondément humaine. La relation avec son cheval, Pancake, était émouvante. Ce n’est pas anodin que Will s’y attache aussi rapidement. Les animaux ne trichent pas. Pancake lui offre ce que peu de gens lui donnent : une forme de confiance pure.
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Le moment où Will, face à cette jument malade, promet de "commencer à vivre" si elle s’en sort, m’a paru sincère. C’était peut-être une prière, peut-être un pacte. Mais dans tous les cas, c’était un tournant. Et ce type d’évolution intérieure, je le trouve plus puissant qu’une scène d’action bien chorégraphiée. L’autre intrigue majeure de l’épisode, celle autour de la mort de James Webster, avait une tonalité différente. Plus sourde, plus réaliste. James ne saute pas aux yeux comme un personnage central, mais sa mort est le déclencheur de beaucoup d’émotions pour Ormewood et Angie. J’ai trouvé assez juste la manière dont cette enquête secondaire réveille chez eux des peurs profondément humaines.
Pour Ormewood, c’est la peur de ne pas pouvoir laisser un souvenir positif à ses enfants, ou pire : partir sans avoir eu le temps de leur dire adieu. Pour Angie, c’est une nouvelle confrontation avec le deuil, ce deuil qu’elle avait volontairement évité en considérant sa mère comme "morte" bien avant l’heure. Les scènes partagées entre ces deux-là ne sont jamais légères, mais elles ont le mérite d’être vraies. J’ai ressenti une tension sincère dans leurs dialogues. Ils ne cherchent pas à se consoler l’un l’autre, mais à survivre, chacun à leur manière. Le fait qu’Angie transporte encore les cendres de sa mère comme un poids qu’elle n’arrive pas à poser était un détail révélateur. Elle n’est pas prête à tourner la page, mais elle comprend peu à peu qu’elle doit le faire.
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L’apparition inattendue des drag queens Bon Bon Chifton et Josiah, déjà vues dans la saison 2, a offert un contrepoint rafraîchissant. J’avoue avoir été surpris de leur retour, surtout dans un moment aussi chargé émotionnellement. Et pourtant, ça fonctionne. Leur légèreté apparente, leur humour, tout cela agit comme un baume temporaire sur les douleurs des autres personnages. Ils ne sont pas là pour jouer les clowns, mais pour rappeler qu’il existe d’autres façons d’aborder les épreuves. Leur manière de parler de la mort, de l’après, et de la nécessité de mettre ses affaires en ordre m’a semblé juste. Ormewood, lui, réalise que même si ses enfants sont encore jeunes, ils sont assez grands pour entendre la vérité. Cela aussi, c’est un choix de vie.
Ce que je retiens de cet épisode, c’est qu’il ne cherche pas à faire pleurer ou choquer. Il montre des personnages à un moment charnière de leur existence, confrontés à des choix qu’ils ne peuvent plus repousser. Ce n’est pas spectaculaire, mais c’est sincère. Et c’est aussi ce qui rend Will Trent intéressant à suivre : cette capacité à laisser les personnages respirer, à faire de leur silence un langage. Les thématiques de la santé mentale, du pardon, du deuil et du traumatisme sont abordées avec retenue, sans jamais tomber dans l’excès. Et c’est rare. Je ne cherche pas des héros parfaits ou des résolutions magiques. Je préfère voir des individus qui avancent, un pas après l’autre, parfois en arrière, parfois de travers, mais qui avancent quand même.
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Cet épisode m’a laissé avec un sentiment de mélancolie, mais aussi d’espoir. Parce que chacun, à sa manière, a choisi de rester debout. Will s’est promis de vivre. Ormewood a choisi de parler à ses enfants. Angie a jeté les cendres, et peut-être aussi un peu de son passé, dans les toilettes d’un bar. Ce ne sont pas des gestes spectaculaires. Mais ce sont des gestes humains. L’épisode 16 de la saison 3 de Will Trent m’a rappelé que derrière chaque dossier, chaque cadavre, chaque enquête, il y a des êtres brisés qui essaient de se réparer. Et parfois, un cheval, une drag queen ou un ami suffit à amorcer ce mouvement. Tant mieux si la série continue sur cette voie.
Note : 8/10. En bref, un épisode touchant de Will Trent (et surtout réussi). J’aime la façon dont la série est capable de bousculer sa structure habituelle afin de proposer quelque chose de différent, original et complémentaire au reste de la série.
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