Critiques Séries : The Cleaning Lady. Saison 4. Episode 6.

Critiques Séries : The Cleaning Lady. Saison 4. Episode 6.

The Cleaning Lady // Saison 4. Episode 6. Money, Power & Respect.

 

La saison 4 de The Cleaning Lady a jusque-là alterné entre moments d’intensité dramatique et passages plus convenus. L’épisode 6, intitulé « Money, Power & Respect », s’inscrit davantage dans la deuxième catégorie. Non pas que les événements soient absents ou sans conséquence, mais l’impression qui persiste est celle d’un épisode qui ralentit la dynamique plutôt que de la faire avancer de manière significative. Dès les premières minutes, un sentiment de routine s’installe. Thony se retrouve de nouveau confrontée à une urgence imprévue, ce qui n’est pas nouveau dans son quotidien rythmé par le chaos. Ce schéma, déjà vu dans les épisodes précédents, perd de sa force lorsqu’il devient prévisible. 

 

Certes, l’entrée en matière dans un hôpital permet une accroche directe, mais l’histoire semble vouloir gagner du temps avant d’amorcer ses enjeux réels. La situation du cartel, qui aurait pu servir de levier dramatique fort avec la fusillade orchestrée par les frères Aryens, reste traitée en arrière-plan, comme si elle n'était qu’un prétexte pour déplacer les pions. Jorge, désormais plus présent dans les manœuvres stratégiques, tente de reprendre le contrôle, mais la tension que cette confrontation promettait ne prend jamais totalement. Le duel idéologique entre Jorge et Ramona n’évolue pas vraiment. Il stagne, et avec lui, l’intérêt immédiat de ce conflit.

L’histoire parallèle de Chris poursuit son arc autour de l’adolescence, de l’identité et de la visibilité. Le personnage, dans sa tentative d'exister en ligne, se heurte aux conséquences de son statut migratoire, un thème déjà abordé dans la série, mais qui ici semble plus accessoire que vraiment intégré à l’ensemble. Le flirt avec le danger, incarné par cette séquence risquée sur un toit, aurait pu être un vrai moment de tension si la mise en scène n’était pas aussi rapidement expédiée. L’épisode choisit de ne pas s’appesantir, là encore, et donne la sensation d’effleurer ses sujets sans les explorer. Ce récit parallèle apporte un contraste avec les enjeux du cartel, mais il manque de liaison organique avec la trame principale. 

 

La série a déjà réussi à relier le personnel au criminel dans des épisodes antérieurs, mais ici, cette articulation reste en suspens. L’élément central de l’épisode repose sur une tension psychologique : Thony se retrouve poussée dans ses retranchements, confrontée à un dilemme qui redéfinit son rapport à la violence. Cette proposition dramatique aurait pu porter l’épisode à un autre niveau, mais son exécution s’avère inégale. La confrontation avec Bianca, figure bourgeoise méprisante, bascule rapidement dans une mécanique de manipulation où les enjeux moraux sont traités de manière un peu trop fonctionnelle. 

Ramona, dans son rôle d’instigatrice, pousse Thony à exécuter un plan radical, mais cette pression n’est jamais tout à fait crédible. Le suspense aurait pu être plus tendu si la mise en scène avait pris le temps de s’attarder sur les hésitations, les regards, les silences. Au lieu de cela, l’épisode déroule les étapes de cette mission avec une logique plus proche d’un engrenage que d’une spirale émotionnelle. Thony, certes pragmatique, semble ici agir plus par obligation scénaristique que par évolution interne. La ruse finale, utilisant les secrets de Bianca pour la faire taire, apporte un retournement efficace, mais qui n’efface pas le manque de tension accumulée jusqu’ici.

 

La guerre froide entre Ramona et Jorge continue de structurer les jeux de pouvoir internes. La méfiance entre eux ne fait que s’accroître, et chaque action semble dictée par le besoin de garder la main, que ce soit dans la rue ou au sein même du foyer. L’introduction du personnage d’Alejandra offre une piste intéressante, en venant bousculer l’équilibre fragile établi depuis la libération de Ramona. Le jeu d’alliances s’annonce complexe, mais pour l’instant, les enjeux restent davantage posés qu’activés. Ce rapport de force entre anciens et nouveaux lieutenants aurait mérité d’être davantage développé, surtout que l’idée de faire appel à la DEA comme levier contre les frères Aryens introduit une alternative plus subtile à la violence brute. 

Mais là encore, l’impact de cette manœuvre reste limité à un simple échange verbal. Il manque une vraie montée en tension. Thony emménage dans la maison principale avec Luca. Ce choix, en apparence stratégique, brouille encore davantage les repères. La série avait jusque-là évité de figer Thony dans un rôle de façade, mais ici, la voir entrer dans la peau d’une épouse factice soulève de nouvelles interrogations. La scène où Luca interroge sa mère sur les raisons de ce mariage illustre bien cette ambiguïté : Thony répond avec des arguments de surface, mais son regard laisse transparaître le malaise.

 

La conversation finale avec Jorge, dans laquelle il la félicite pour ses décisions récentes, pose la question de ce qu’il reste de Thony telle qu’on l’a connue au début. Si l’intention est de montrer une transformation progressive, l’épisode ne donne pas encore les clés émotionnelles suffisantes pour rendre ce basculement vraiment palpable. C’est dans ses dernières minutes, lors de son retour à l’hôpital et son interaction avec un patient récalcitrant, que Thony retrouve un semblant de boussole morale. Mais ce n’est qu’un bref éclat dans une trajectoire qui semble désormais glisser.

Ramona, en paralysant le foyer par ses choix dangereux, devient un élément incontrôlable du récit. Sa rencontre avec Hunter et les enjeux qui en découlent promettaient un tournant plus dramatique. Pourtant, cette menace reste reléguée à un coin de l’épisode. Même lorsque Ramona se retrouve empoisonnée par Thony – un retournement fort sur le papier – l’effet est plus symbolique que véritablement dramatique. Le réveil difficile de Ramona annonce toutefois une suite où les tensions internes pourraient enfin trouver un terrain plus actif. Mais pour le moment, cet épisode agit davantage comme un épisode de transition, tentant de poser des pièces plus qu’il ne les anime.

 

L’épisode 6 de cette saison 4 donne l’impression d’une pause prolongée. Les intrigues avancent sans véritable accélération, les personnages prennent des décisions sans que leur impact émotionnel ne soit pleinement exploité. Il y a ici une mécanique scénaristique qui prend le pas sur l’instinct dramatique. Ce qui fonctionnait dans les épisodes précédents – l’alternance entre l’intime et le criminel, le dilemme moral constant, la fragilité de Thony face aux choix impossibles – est ici traité de manière plus distante. On sent que la série cherche à installer une tension durable, à semer des graines pour les épisodes suivants. Mais à force d’attendre, l’attention se dilue.

 

Espérons que cette accalmie ne soit que temporaire. Car ce que The Cleaning Lady a su proposer par le passé, ce sont justement ces moments où tout bascule, où la tension devient insoutenable. L’épisode 6, lui, se contente de faire du surplace. Et à ce stade de la saison, cela se ressent.

 

Note : 4/10. En bref, l’épisode 6 de cette saison 4 donne l’impression d’une pause prolongée. Les intrigues avancent sans véritable accélération, les personnages prennent des décisions sans que leur impact émotionnel ne soit pleinement exploité.

Prochainement en France

 

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