31 Juillet 2025
Les 4 Fantastiques : Premiers Pas // De Matt Shakman. Avec Pedro Pascal, Vanessa Kirby et Joseph Quinn.
Il y a quelque chose d’intrigant à voir une franchise aussi malmenée que Les 4 Fantastiques tenter une nouvelle ascension dans le paysage saturé du cinéma de super-héros. Cette fois, c’est Matt Shakman qui prend les commandes avec Les 4 Fantastiques : Premiers Pas, un film qui choisit de regarder en arrière – littéralement – pour mieux (espérer) construire l’avenir. Ancré dans les années 60, avec une esthétique rétro-futuriste assumée, ce nouveau chapitre offre à Marvel l’occasion de revisiter sa "Première Famille" à travers une lentille nostalgique, plus proche des comics originels que de la grandiloquence multiverselle actuelle. Sur le papier, le projet avait de quoi séduire : casting solide, direction artistique marquée, ambition de renouer avec l’intime. Sur l’écran, le résultat est plus nuancé.
Avec pour toile de fond un monde rétro-futuriste inspiré des années 1960, “ Les 4 Fantastiques : Premiers pas ” de Marvel Studios présente la première Famille Marvel : Reed Richards/M. Fantastique, Sue Storm/La Femme Invisible, Johnny Storm/La Torche Humaine et Ben Grimm/La Chose alors qu'ils affrontent leur plus grand défi.
Ce qui saute immédiatement aux yeux, c’est le soin accordé à l’esthétique. Costumes aux coupes franches, décors technologiques sortis d’un laboratoire de l’ère spatiale, musique jazz aux résonances futuristes : Premiers Pas affiche clairement son envie de se démarquer visuellement des autres productions Marvel. À certains moments, on pense à Severance, dans cette manière de recycler le passé pour esquisser un futur alternatif. Il y a là un charme certain, un univers cohérent, qui réussit à poser une ambiance dès les premières minutes. Les effets spéciaux, globalement bien intégrés, participent à cette immersion. Les scènes cosmiques sont élégamment stylisées, sans tomber dans la surcharge.
HERBIE, le robot compagnon, surprend par sa pertinence : pas un gag ambulant, mais une vraie présence narrative. La première partie du film remplit correctement sa mission : introduire l’équipe, poser les bases de leurs pouvoirs et esquisser leur dynamique. Le scénario prend soin d'éviter les tunnels explicatifs et mise sur un rythme assez soutenu. Le montage est nerveux, presque trop, car il laisse peu de place à l’émotion ou à la profondeur. On survole des moments qui auraient mérité plus de densité, notamment dans les liens familiaux ou les dilemmes moraux. Le film évite la redite complète des origines (un bon point), mais à force de vouloir être concis, il frustre parfois dans son développement.
On sent l’envie de faire simple et accessible, quitte à gommer certaines aspérités narratives. Le casting est globalement convaincant, avec une mention spéciale à Vanessa Kirby, qui trouve un équilibre touchant entre froideur scientifique et chaleur maternelle. Pedro Pascal incarne un Reed Richards plus cérébral qu’émotionnel – parfois à la limite de la rigidité – mais ce choix de sobriété fonctionne dans la logique du personnage. Ben Grimm gagne en humanité et en poids émotionnel, bien servi par une écriture qui ne se contente pas de faire de lui le costaud du groupe. Quant à Johnny Storm, le choix de Joseph Quinn divise. Là où l’on attendait de la fougue, de la spontanéité et un brin de légèreté, on se retrouve face à une performance trop lisse, manquant de relief et d’insolence.
Leur alchimie en revanche, fonctionne. Les échanges ont ce naturel propre aux fratries dysfonctionnelles mais soudées. Dommage que certaines scènes soient trop courtes pour que cette complicité puisse vraiment s’installer. Le vrai point faible du film, c’est sa gestion de l’antagonisme. Galactus, figure mythique et démesurée de l’univers Marvel, est ici introduit avec une retenue étonnante. Sa présence visuelle est indéniable, mais son impact dramatique reste mince. On aurait pu espérer un danger oppressant, un sentiment d'urgence croissant. Ce que l'on obtient, c’est un être omnipotent... qui parle beaucoup et agit peu. Le Surfeur d’Argent, quant à lui, brille trop peu. Le personnage a un potentiel narratif énorme, mais son traitement ici reste superficiel, comme s’il n’était qu’un avant-goût de quelque chose à venir.
Visuellement, il (le film propose une relecture de genre) est réussi, mais narrativement, le Surfeur d’Argent reste en retrait. Le scénario navigue entre efficacité et simplicité. Il parvient à poser des enjeux, mais peine à les approfondir. L’intrigue principale – sans trop en dévoiler – repose sur une mécanique assez classique, avec des rebondissements prévisibles et une résolution un peu expédiée. Certains choix de mise en scène, notamment dans les affrontements, manquent de tension. Le film introduit un élément central (lié à un enfant aux pouvoirs mystérieux), mais l’exploitation de cette idée s’avère convenue. Le traitement du personnage de Franklin Richards reste flou et les scènes qui le mettent en jeu flirtent avec l’artificiel, notamment au niveau des effets numériques.
Ce Premier Pas a le mérite de ne pas céder à l’humour excessif ou aux clins d’œil MCU forcés. Il tente de revenir à quelque chose de plus sobre, plus ancré. Et c’est probablement là que réside son intérêt. Le film cherche l’équilibre entre la grandeur cosmique et l’humanité fragile de ses héros. Mais en voulant tout contenir dans un format réduit, il laisse une impression d’inachevé. On sent la volonté de construire une nouvelle base solide, mais les fondations restent partiellement posées. C’est une introduction honnête, mais trop sage pour marquer durablement. Les 4 Fantastiques : Premiers Pas propose une alternative esthétique et tonale intéressante au reste de la production Marvel actuelle. Il capitalise sur une ambiance rétro, un casting impliqué et une certaine retenue dans sa mise en scène.
Mais son manque de tension dramatique, une menace cosmique édulcorée et des choix narratifs discutables l’empêchent de réellement décoller. C’est un film de transition, clairement pensé comme une étape avant quelque chose de plus ambitieux. Il faut espérer que la suite prenne plus de risques et offre à ces personnages iconiques un écrin à la hauteur de leur potentiel.
Note : 6/10. En bref, Les 4 Fantastiques : Premiers Pas propose une alternative esthétique et tonale intéressante au reste de la production Marvel actuelle. Mais son manque de tension dramatique, une menace cosmique édulcorée et des choix narratifs discutables l’empêchent de réellement décoller.
Sorti le 23 juillet 2025 au cinéma
Retrouvez sur mon blog des critiques de cinéma et de séries télé du monde entier tous les jours
Voir le profil de delromainzika sur le portail Overblog