16 Septembre 2025
McWalter // De Simon Astier. Avec Mister V, Géraldine Nakache et William Lebghil.
Il fallait bien que ça arrive un jour. Après avoir squatté YouTube avec ses sketchs parodiques, Mister V a décidé de donner une nouvelle vie à son personnage de McWalter, agent spécial complètement à l’ouest, dans un film de cinéma. Le résultat ? Un mélange d’excitation et de frustration, une sorte de fast-food cinématographique : ça rassasie sur le coup, mais on ressort vite avec une impression d’indigestion. Le pitch de McWalter est simple et assume d’entrée son côté parodique : un agent secret d’élite est accusé d’avoir posé des bombes aux quatre coins du monde. Forcément, il doit laver son honneur, sauver la planète et déjouer un grand méchant caricatural (campé par Vincent Dedienne).
Inspiré du personnage du même nom créé par Mister V, McWalter nous plonge dans les péripéties d’un agent secret déjanté. Après avoir éliminé un méchant qui menaçait la terre, et au passage une usine de pains à burger, McWalter peut enfin se consacrer à faire le deuil de sa compagne Tracy, morte accidentellement dans la précédente attaque. Mais c’était sans compter sur une série d’explosions mystérieuses qui secouent la planète. Son agence, exaspérée par ses méthodes destructrices, le convoque pour lui demander des comptes. Les choses tournent mal quand McWalter est accusé à tort : sur chaque lieu d’explosion, des traces de son ADN ont été retrouvées, l’impliquant directement. Mais s’il n’est pas coupable, alors qui orchestre ces attentats ? Alors qu’il tente de se défendre, une nouvelle explosion frappe le siège de l’agence... Pris au piège, notre héros doit non seulement prouver son innocence, mais aussi échapper à ceux qu’il a longtemps servis, tout en essayant de découvrir le cerveau derrière ces attaques dévastatrices.
En parallèle, Géraldine Nakache joue une policière rigide, et William Lebghil fait une apparition un peu sous-exploitée. Rien de très sérieux dans cette intrigue, et c’est bien le but. Le film se place clairement dans la lignée des spoof movies américains type Y a-t-il un flic… ou des délires à la Kad et Olivier. Les gags partent dans tous les sens, les références cinéphiles fusent – The Mask, Mission Impossible, OSS 117, Borat – et Mister V recycle même ses propres blagues de vidéos. C’est assumé, mais ça ne marche pas toujours. Impossible de dire que McWalter est totalement raté. Certaines vannes font sourire, comme ce gag récurrent avec le volume de la télé, ou encore des petites trouvailles visuelles qui rappellent les débuts énergiques de Mister V sur YouTube.
Le problème, c’est que sur une durée d’1h40, l’humour finit par tourner en rond. Les quinze premières minutes sont franchement divertissantes. On rigole de bon cœur, on se laisse porter par l’absurde et par l’énergie. Mais rapidement, l’effet s’essouffle. Trop de blagues tue la blague. Le film ressemble à une avalanche de sketchs qui s’enchaînent sans vrai rythme, certains franchement drôles, d’autres gênants, voire complètement plats. Ce déséquilibre finit par peser. Sur YouTube, ce style survit très bien sur dix minutes. Au cinéma, sur la longueur, ça fatigue. À trop vouloir surcharger, Mister V oublie que parfois, un silence ou une mise en scène plus sobre peut rendre une vanne encore plus efficace.
Ce qui frappe, c’est que McWalter n’arrive jamais vraiment à se détacher de son origine numérique. Oui, il y a du budget, des cascades, des explosions, des effets spéciaux propres. Oui, la réalisation est bien plus solide que ce qu’on pouvait craindre. Mais au fond, le film garde ce côté “vidéo entre potes” étirée jusqu’à l’épuisement. À certains moments, j’ai eu l’impression que Mister V improvisait encore plus qu’il ne jouait. Ses mimiques et son humour absurde font mouche par instants, mais son personnage manque cruellement de profondeur. Il reste une caricature, et c’est drôle cinq minutes, pas une heure quarante.
Côté casting, c’est un peu la même histoire. Vincent Dedienne s’en sort bien dans son rôle de méchant, avec un ton décalé qui colle parfaitement à l’univers parodique. William Lebghil, lui, n’a pas assez de matière pour exister vraiment. Quant à Géraldine Nakache, son sérieux forcé crée un décalage qui pourrait être hilarant, mais qui paraît plutôt forcé. Le film vit et meurt surtout à travers Mister V, et c’est à double tranchant. Son humour divise : les fans de ses vidéos seront ravis de le voir pousser son délire sur grand écran, mais ceux qui n’ont jamais accroché à son style risquent de décrocher très vite. Et c’est là que réside le vrai problème de McWalter.
L’idée de base est bonne : transformer un personnage culte de YouTube en héros de comédie d’action, avec des références au cinéma et une mise en scène plus ambitieuse. Mais l’exécution reste brouillonne. Au lieu de construire un vrai film avec un rythme maîtrisé, Mister V balance des gags en rafale. Sur le papier, ça peut paraître généreux. En pratique, c’est indigeste. Certaines blagues sont lourdes, d’autres tellement attendues qu’elles tombent à plat. Et quand il essaie de rendre le récit plus sérieux, la transition ne prend pas. A la fin du film, j’ai eu l’impression d’avoir vu un brouillon. Le film n’est pas désagréable, il arrache quelques rires et prouve que Mister V sait manier la caméra avec une ambition réelle.
Mais il manque une vraie écriture, une construction solide qui permettrait à l’humour d’avoir plus de force. À trop vouloir coller à son univers YouTube, Mister V s’empêche de passer le cap du cinéma. Là où une comédie comme La Cité de la peur réussissait à être absurde mais parfaitement rythmée, McWalter reste coincé dans un entre-deux. Pas assez délirant pour être totalement fou, pas assez construit pour être vraiment abouti. McWalter est une curiosité. Un premier essai maladroit, mais pas honteux. On rit parfois, on s’ennuie souvent, et on ressort surtout avec le sentiment que l’idée était meilleure que le résultat.
Si tu adores Mister V et que tu connais son univers par cœur, tu passeras sûrement un bon moment devant ce film. Si tu n’accroches pas à son humour, inutile d’insister, tu trouveras ça long et répétitif. Pour moi, c’est une comédie inégale qui avait du potentiel, mais qui confirme qu’un bon sketch YouTube ne devient pas automatiquement un bon film de cinéma.
Note : 5/10. En bref, McWalter est un délire de Mister V qui fait sourire par moments mais fatigue vite, une comédie inégale qui ressemble plus à une vidéo YouTube rallongée qu’à un vrai film de cinéma.
Sorti le 12 septembre 2025 directement sur Amazon Prime Video
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