5 Septembre 2025
Star Trek: Strange New Worlds // Saison 3. Episode 9. Terrarium.
Après deux épisodes qui m’ont franchement laissé sur ma faim, Star Trek: Strange New Worlds réussit enfin à me raccrocher avec son neuvième épisode de la saison 3. Intitulé « Terrarium », cet épisode remet un peu d’ordre dans une saison qui, jusque-là, alternait entre de belles idées et des moments trop brouillons. Je vais être clair : cet épisode n’est pas parfait, mais il touche quelque chose d’essentiel, à la fois pour le personnage d’Ortegas et pour la manière dont la série aborde ses thèmes. Depuis le début de Strange New Worlds, j’ai souvent eu l’impression que le personnage d’Erica Ortegas restait coincé dans un rôle secondaire.
Elle avait ses punchlines, ses moments de pilotage, mais pas vraiment d’épisodes qui la mettaient au centre de l’intrigue. Avec « Terrarium », ça change. La situation est simple : l’Enterprise explore une zone d’espace réputée pour ses phénomènes étranges. Ortegas part seule en mission de reconnaissance, mais tout dérape quand son vaisseau est happé par un trou de ver. Elle se retrouve projetée loin de son équipage, échouée sur la lune d’une géante gazeuse, dans un environnement aussi hostile qu’imprévisible. Dès ce point de départ, l’épisode se concentre sur elle. Pas de passerelle de l’Enterprise, pas de multiples intrigues parallèles : juste une pilote, son instinct de survie, et un décor qui la met à l’épreuve.
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C’est exactement ce dont le personnage avait besoin. Sur cette lune désolée, Ortegas découvre vite qu’elle n’est pas seule. Un autre vaisseau s’est écrasé, et son pilote est… un Gorn. Je dois avouer que j’ai été surpris par ce choix. Jusqu’ici, les Gorn étaient présentés comme des ennemis impitoyables, pratiquement impossibles à raisonner. Les voir sous un autre angle, à travers une rencontre individuelle, donne une nouvelle perspective. Là où je m’attendais à un affrontement brutal, la série prend un virage plus intime. Après une première tension – car la méfiance est évidente des deux côtés – les deux personnages commencent à collaborer. Et, petit à petit, quelque chose d’inattendu se crée : une forme de complicité.
Ce qui m’a marqué, c’est la simplicité de leur communication. Pas besoin de dialogues interminables : des gestes, des échanges de nourriture, des regards suffisent. On sent une méfiance persistante, mais aussi une volonté de dépasser les préjugés. L’épisode repose beaucoup sur l’idée de survie. Ortegas doit trouver de l’eau, se protéger des gaz toxiques, improviser avec les moyens du bord. Ce côté bricolage fonctionne bien. Ce qui ajoute de la tension, c’est que, contrairement à d’autres personnages de l’équipage, Ortegas n’est pas protégée par le scénario. Elle n’apparaît pas dans la série originale, donc sa mort reste une possibilité crédible. Ce simple fait rend chaque danger plus sérieux.
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Et puis, il y a ce paradoxe : elle doit apprendre à survivre non pas seule, mais avec un allié improbable. La série aurait pu tomber dans la facilité en transformant ce Gorn en caricature de monstre attendri. Mais non : la relation reste fragile, toujours sur la corde raide entre confiance et menace. Ce que j’ai apprécié, c’est que l’épisode touche à un thème très classique de Star Trek : la possibilité de dépasser les différences pour trouver un terrain commun. Dans l’univers de la série, les Gorn sont des ennemis redoutables, responsables de massacres. Pourtant, mis face à face, une humaine et un Gorn peuvent trouver un langage, une coopération, et même une forme d’amitié. Évidemment, c’est idéaliste.
Mais c’est aussi dans l’ADN de Star Trek. Et dans le contexte actuel de la saison, où la méfiance et la violence semblaient avoir pris le dessus, ce rappel m’a paru bienvenu. Évidemment, cet équilibre fragile ne pouvait pas durer. Le sauvetage par l’Enterprise arrive, mais il est entaché d’un geste irréversible : La’an, voyant le Gorn aux côtés d’Ortegas, tire sans hésiter et le tue. C’est un moment brutal. D’autant plus que, pour Ortegas, ce Gorn n’était plus seulement une menace : c’était devenu un partenaire de survie, peut-être même un ami. La douleur qu’elle exprime alors est palpable. Et comme si ça ne suffisait pas, la révélation finale ajoute une couche de cruauté.
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On apprend que tout ce qui s’est passé n’était pas un simple accident, mais un test orchestré par les Metrons – ces êtres supérieurs déjà connus dans l’univers Star Trek. Leur but : voir si deux espèces réputées ennemies pouvaient coexister. Ortegas avait réussi, mais pas son équipière. C’est une fin amère, car même si la pilote garde le souvenir de son lien avec le Gorn, tout le reste lui est effacé. Elle repart avec une perte qu’elle ne peut pas vraiment partager. Ce que je retiens surtout, c’est la façon dont cet épisode redéfinit Ortegas. Jusque-là, je voyais son humour et sa décontraction comme des traits un peu superficiels. Là, ils deviennent des outils de survie. Sa capacité à garder le moral, à improviser, à rester tournée vers l’action, fait toute la différence.
Et son attachement à son allié improbable montre une autre facette : une ouverture d’esprit, une volonté de voir au-delà des apparences, même quand tout l’encourage à faire le contraire. Tout n’est pas parfait. L’arrivée des Metrons, par exemple, m’a semblé un peu forcée. L’épisode aurait pu se suffire à lui-même sans avoir besoin de cette connexion explicite au canon. J’aurais préféré que cette histoire reste une aventure isolée, avec son propre poids émotionnel. De plus, certaines facilités scénaristiques – comme le fait que le Gorn soit pile sur la même lune – peuvent faire lever un sourcil. Mais ce sont des détails qui ne gâchent pas l’ensemble. En fin de compte, « Terrarium » réussit là où les deux épisodes précédents avaient échoué : il me donne envie de voir la suite.
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Pas parce qu’il y a une grande bataille à venir, mais parce qu’il rappelle que Star Trek, au fond, c’est avant tout des histoires de rencontres, de communication et de choix moraux. J’ai retrouvé ce mélange de tension, d’émotion et de réflexion qui fait l’identité de la franchise. Et surtout, j’ai enfin l’impression de mieux connaître Ortegas, qui devient d’un coup un personnage incontournable. Avec ce neuvième épisode, Star Trek: Strange New Worlds retrouve un souffle qui manquait cruellement depuis le début de la saison. En mettant Ortegas au premier plan, en explorant la possibilité d’un lien entre deux ennemis irréconciliables, et en terminant sur une note tragique, la série propose un récit à la fois intime et fort.
Même si certains choix scénaristiques m’ont paru maladroits, le cœur de l’histoire fonctionne. Et surtout, il laisse une trace durable : celle d’un os sculpté par un Gorn, que l’on devine posé comme un souvenir amer mais précieux dans la cabine d’Ortegas. C’est ce genre de détail qui fait que, malgré ses hauts et ses bas, Strange New Worlds mérite qu’on continue à suivre son voyage.
Note : 7/10. En bref, avec ce neuvième épisode, Star Trek: Strange New Worlds retrouve un souffle qui manquait cruellement depuis le début de la saison.
Disponible sur Paramount+
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