31 Juillet 2026
Star Trek: Strange New Worlds // Saison 4. Episode 1. Valles Marineris.
On ne va pas tourner autour du pot : après une saison 3 parfois bancale et trop lourde en expérimentations, ce premier épisode de la saison 4 fait un bien fou. La série repose enfin les bases de ce qui fait son charme. Au programme ? Une anomalie étrange, un monde totalement inexploré, un dilemme éthique bien corsé et cette fameuse question : qu'est-ce qui fait notre humanité ? Dès les premières scènes, on retrouve un capitaine Christopher Pike fidèle à lui-même. Il enchaîne les missions à un rythme effréné, presque comme s'il voulait fuir la réalité. Une opportunité de promotion pointe le bout de son nez pour l'éloigner du commandement de l'Enterprise, mais pour Pike, ce n'est pas une victoire.
C'est juste un pas de plus vers une fin inévitable qu'il essaie désespérément de retarder. C'est ce qui rend le personnage si fort. Pike avance constamment sous l'ombre de son propre destin. Contrairement à d'autres capitaines portés par le simple frisson de la conquête, lui transporte une vraie mélancolie. Derrière son grand sourire et sa bienveillance naturelle, il savoure chaque minute à bord parce qu'il sait mieux que personne que tout cela a une date de péremption. L'intrigue décolle vraiment quand l'Enterprise se fait aspirer par une tempête spatiale. Le vaisseau se retrouve projeté des millions d'années en arrière, à l'époque où la Terre appartenait encore aux dinosaures.
/image%2F1199205%2F20260731%2Fob_05c76b_vlcsnap-2026-07-31-10h25m40s720.png)
Sauf qu'il y a un twist : l'humanité n'est pas la première espèce intelligente à avoir arpenté le système solaire. L'introduction d'une ancienne civilisation martienne est sans doute la meilleure idée de l'épisode. Prendre la préhistoire terrestre pour en faire un mystère de science-fiction pur jus, ça fonctionne du tonnerre. Cela permet à la série de renouer avec les grands classiques de la franchise en confrontant l'équipage à un peuple hyper avancé technologiquement, mais qui n'a jamais entendu parler de la Fédération. C'est là qu'intervient Cassell, la dirigeante martienne qui prend le contrôle de l'Enterprise endommagé. Elle n'est pas méchante pour le plaisir de l'être.
Son peuple mène une guerre perdue d'avance contre les Dol’drm, une menace qui étouffe leur survie. Elle ne cherche pas la violence, elle cherche juste une sortie de secours. Si son monde est voué à mourir, pourquoi s'embêter à respecter une ligne temporelle qui la condamne ? On touche ici au cœur du pur Star Trek : comment faire le bon choix quand toutes les cartes en main sont mauvaises ? Pike défend la diplomatie et le respect du temps. Cassell, elle, incarne un peuple au bord du gouffre qui n'a plus le temps de discuter. Ses méthodes sont brutales, mais sa détresse est profondément humaine. Évidemment, balancer des dinosaures à l'écran apporte son lot de spectacle. Voir des membres de Starfleet débarquer sur la Terre primitive a un côté fascinant et presque émerveillé qui marche à tous les coups.
/image%2F1199205%2F20260731%2Fob_75da31_vlcsnap-2026-07-31-10h20m57s673.png)
Quand Una, La’An et Ortegas descendent sur le plancher des vaches pour récupérer de quoi réparer le vaisseau, la série s'autorise de l'action pure. Ça aurait pu virer au nanar facile, mais l'écriture reste suffisamment solide pour que l'ensemble tienne la route. La vraie force de l'épisode, c'est d'utiliser ce voyage dans le temps pour questionner nos responsabilités. L'équipage comprend au fil des minutes qu'il n'est pas là pour chambouler le passé, mais simplement pour accomplir ce qui a déjà eu lieu. Le futur ne s'écrit pas tout seul, il s'aligne sur les choix qu'on fait dans le présent. Le parallèle entre Pike et Cassell prend alors tout son sens. Tous les deux se battent contre une fatalité.
Mais si Pike a choisi de faire avec, Cassell refuse de baisser les bras. Ce bras de fer évite le piège du manichéisme et donne une belle profondeur au récit. Est-ce qu'une espèce condamnée doit s'éteindre en silence pour préserver l'avenir, ou a-t-elle le droit de tout faire sauter pour survivre ? La série a l'intelligence de ne pas donner de réponse facile. La fin pousse le concept encore plus loin. Pike réalise que la présence de l'Enterprise dans le passé est le déclencheur direct de la chute des dinosaures et du destin de Mars. C'est de la grosse science-fiction, parfois un peu tirée par les cheveux si on cherche la petite bête scientifique, mais l'impact émotionnel sur le capitaine fait mouche.
/image%2F1199205%2F20260731%2Fob_39b2b6_vlcsnap-2026-07-31-10h45m26s460.png)
Il ne peut pas sauver tout le monde, et il doit apprendre à vivre avec le poids de ses actes. En toile de fond, l'épisode prépare habilement le terrain pour la suite. L'avenir d'Una se dessine plus nettement, avec une ambition professionnelle qui s'affirme et qui devrait animer le reste de la saison. On apprécie aussi les petites respirations humoristiques apportées par Scotty, Ortegas ou Pelia, toujours parfaite dans son rôle d'immortelle un brin décalée.
Note : 7/10. En bref, « Valles Marineris » ne cherche pas à réinventer la poudre, mais il remet l'église au milieu du village. C'est fluide, c'est prenant, et ça rappelle pourquoi on aime cette série : parce que derrière chaque grande aventure spatiale et chaque paradoxe temporel, il y a d'abord une histoire d'êtres humains qui font de leur mieux.
Disponible sur Paramount+
Retrouvez sur mon blog des critiques de cinéma et de séries télé du monde entier tous les jours
Voir le profil de delromainzika sur le portail Overblog