Critiques Séries : The Walking Dead: Daryl Dixon. Saison 3. Episode 4.

Critiques Séries : The Walking Dead: Daryl Dixon. Saison 3. Episode 4.

The Walking Dead: Daryl Dixon // Saison 3. Episode 4. La Justicia.

 

La saison 3 de The Walking Dead: Daryl Dixon poursuit son chemin, et l’épisode 4 change radicalement la dynamique. Après des épisodes où les intrigues prenaient le temps de se poser, celui-ci choisit une voie plus brutale : l’action pure et les conséquences immédiates. La question de savoir s’il faut repartir ou rester en Espagne est toujours là, mais elle se dilue dans le fracas d’une attaque massive. L’épisode commence de façon posée. Daryl et Carol tentent de réparer le bateau, chacun campé sur sa vision : lui veut quitter l’Espagne au plus vite, elle garde en tête la situation de Solaz et le sort de Justina. 

 

Ces dialogues, déjà présents auparavant, donnent une impression de répétition. Mais cette lenteur initiale ne dure pas. À peine le travail sur le bateau amorcé, une attaque pirate vient briser le calme. Les envahisseurs sont repoussés sur la plage, mais très vite une cloche sonne : Solaz est pris pour cible. Ce signal transforme la seconde moitié de l’épisode en un long affrontement, brutal et sans pause. Le cœur de l’épisode repose sur la bataille pour défendre Solaz. Les assaillants arrivent avec des véhicules bricolés à la manière de convois post-apocalyptiques. L’ambiance évoque immédiatement un mélange de western et de chaos mécanique à la Mad Max.

Le combat ne se limite pas à des échanges de tirs. Des projectiles enflammés s’abattent sur la ville, et des rôdeurs sont relâchés sur le champ de bataille comme des armes vivantes. Voir ces créatures utilisées comme catapultes humaines donne une vision cauchemardesque qui redonne aux zombies une présence marquante. Contrairement aux épisodes précédents, ici, ils ne sont pas en arrière-plan mais bien au centre de la tension. Carol prend part à l’action, mais son rôle semble moins affirmé que celui de Daryl. Elle agit, sauve des vies, mais la caméra la laisse souvent en retrait, comme si elle n’était pas au premier plan. Cette mise en scène surprend, car son expérience et sa force de caractère devraient logiquement la placer en avant.

 

Par moments, son attitude face aux rôdeurs laisse penser qu’elle les redécouvre, alors que son parcours prouve le contraire. Ce choix scénaristique brouille l’image du personnage. Peut-être est-ce lié à ses blessures encore récentes, mais l’épisode ne l’explicite pas assez. Cela reste un point frustrant, surtout dans une série censée donner autant de place à Carol qu’à Daryl. Pendant ce temps, Daryl prend l’ascendant. Ses actions sont mises en valeur, ses choix décisifs. L’épisode lui redonne une aura de guerrier solitaire, capable d’affronter des hordes humaines et mortes-vivantes à la fois. Cette prédominance n’est pas nouvelle dans son spin-off, mais elle accentue le déséquilibre entre les deux protagonistes. 

Si la saison 3 doit fonctionner comme une histoire partagée, il faudra que les prochains épisodes corrigent cette dynamique pour ne pas réduire Carol à un second rôle. Les assaillants, surnommés « Les Primitives », ne sont pas animés par un projet clair, si ce n’est la destruction. Leur violence semble gratuite, presque anarchique, et c’est là que réside une limite : le spectateur peine à comprendre leur motivation. Cependant, leur brutalité permet à l’épisode de mettre en avant le chaos et la survie à tout prix. Les dialogues laissent entendre qu’ils connaissent l’alliance entre Solaz et El Alcázar, ce qui suggère des tensions plus larges dans cette Espagne post-apocalyptique. Leur apparition pourrait donc annoncer des développements plus complexes.

 

À la fin du combat, un nouveau fil narratif se dessine. Roberto, déterminé à retrouver Justina, vole un véhicule et prend la fuite. Carol, rongée par la culpabilité, décide de partir à sa recherche, accompagnée d’Antonio. Daryl hésite, mais finit par les suivre, incapable de laisser Carol s’exposer seule. Ce choix relance l’histoire sur une quête claire : sauver Justina. Après des épisodes marqués par des hésitations, la direction est désormais tracée. La culpabilité est omniprésente dans cet épisode. Carol porte sur ses épaules la responsabilité indirecte du sacrifice de Justina, ce qui la pousse à agir sans réfléchir. Daryl, quant à lui, cache sa propre culpabilité derrière un masque d’indifférence.

Cette opposition nourrit toujours leur relation : elle s’attache, il se protège. Mais derrière ses refus, Daryl laisse transparaître une peur profonde, celle de revivre les pertes de son passé. Les flashbacks de son enfance rappellent que cette méfiance vient de blessures anciennes. Après un épisode 3 qui avait mis de côté l’esthétique western, celui-ci la réactive avec force. Les fusillades dans la place centrale de Solaz rappellent directement les grands classiques du genre. Le mélange entre architectures espagnoles, duels armés et chaos de zombies crée une identité visuelle singulière. Ce choix esthétique, déjà amorcé en début de saison, redonne une personnalité marquée à la série. 

 

Ce n’est pas seulement un récit de survie, mais aussi une variation autour des codes du western transposés dans un monde ravagé. Fede se distingue aussi dans cet épisode. Malgré ses blessures, il reste sur le front, refusant d’abandonner ses compagnons. Sa loyauté et sa résistance en font un personnage solide, peut-être appelé à devenir un véritable pilier pour la communauté. Antonio, quant à lui, continue de gagner en importance. Sa proximité avec Carol prend de l’ampleur, même si l’ambiguïté de leur relation reste encore floue. Ces nouvelles figures enrichissent le récit et élargissent les possibilités narratives. Cet épisode se veut spectaculaire et y parvient, mais parfois au détriment de la profondeur. 

Le combat occupe une large partie du temps, ce qui laisse moins d’espace aux enjeux politiques ou aux dilemmes intimes. Pourtant, les graines sont plantées : la culpabilité de Carol, l’attachement de Roberto à Justina, les menaces extérieures. La suite devra équilibrer ces éléments pour éviter que l’action ne prenne toute la place. L’épisode 4 de la saison 3 de The Walking Dead: Daryl Dixon agit comme un déclencheur. La série quitte le simple débat entre partir ou rester pour plonger ses personnages dans une quête concrète : sauver Justina. L’action, omniprésente, redonne de la tension et installe des perspectives plus claires. Reste à savoir si Carol retrouvera sa pleine place dans les prochains épisodes et si Daryl acceptera d’aller au-delà de son instinct de fuite. 

 

Ce qui est sûr, c’est que le conflit avec Les Primitives et les conséquences du sacrifice de Justina vont guider la suite de la saison. L’Espagne post-apocalyptique continue ainsi de dévoiler ses zones d’ombre, et chaque choix de Daryl et Carol semble les enfoncer un peu plus dans des intrigues où rien n’est jamais simple.

 

Note : 7/10. En bref, l’action, omniprésente, redonne de la tension et installe des perspectives plus claires.

Disponible sur Paramount+

 

Retour à l'accueil

Partager cet article

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
À propos
delromainzika

Retrouvez sur mon blog des critiques de cinéma et de séries télé du monde entier tous les jours
Voir le profil de delromainzika sur le portail Overblog

Commenter cet article