29 Septembre 2025
L’homme qui a vu l’ours qui a vu l’homme // De Pierre Richard. Avec Pierre Richard, Timi-Joy Marbot et Gustave Kervern.
À 90 ans, Pierre Richard revient derrière la caméra avec L’homme qui a vu l’ours qui a vu l’homme. Le simple fait qu’il ait encore l’énergie et l’envie de créer force le respect. Mais une fois ce constat posé, difficile de cacher ma déception. J’attendais un film plein de tendresse, d’humour et de fantaisie, à l’image de ses grandes comédies des années 70. À la place, je me suis retrouvé face à une comédie poussive, mal rythmée, et surtout terriblement ennuyeuse. Le film raconte l’histoire d’un vieil homme riche, incarné par Pierre Richard lui-même, qui décide de tout quitter pour vivre en marge, dans une forme de retour à la nature.
Grégoire et Michel ne sont pas de la même génération mais ils sont unis par l’amitié, l’amour de la nature et une grande affection pour un ours échappé d’un cirque.
En chemin, il croise un adolescent paumé et même un ours échappé, figures censées incarner une sorte de parabole sur la liberté, la marginalité et l’écologie. Sur le papier, cela aurait pu donner un conte poétique. À l’écran, c’est une succession de situations décousues qui manquent de cohérence et peinent à accrocher. Les dialogues ne m’ont pas convaincu. Ils sonnent artificiels, parfois même gênants, tant ils semblent écrits pour souligner une idée plutôt que pour donner vie à des personnages. Quant aux gags, la plupart tombent à plat. Deux ou trois échanges m’ont fait sourire, mais le reste du temps, l’humour tourne en rond et finit par lasser.
Pierre Richard a toujours eu ce côté lunaire, cette capacité à transformer des situations banales en instants poétiques. Ici, il essaie de retrouver ce ton, mais la magie n’opère pas. Les rêveries de son personnage – qui s’imagine dans la jungle ou ailleurs – paraissent forcées et ne dégagent aucune émotion. Tout est trop appuyé, comme si le film essayait de me dire quoi ressentir au lieu de me laisser le découvrir. J’aurais aimé retrouver ce mélange de burlesque et de tendresse qui faisait son charme. Mais dans L’homme qui a vu l’ours qui a vu l’homme, tout semble vieilli, dépassé, presque figé dans une époque révolue. Le plus gros problème, c’est l’ennui. Très vite, j’ai senti le film s’étirer sans jamais vraiment décoller.
Le rythme est lent, les scènes s’enchaînent sans progression claire. Cela résume bien mon ressenti : une expérience plus fatigante que divertissante. Regarder ce film m’a surtout donné envie de revoir les classiques de Pierre Richard : Le Distrait, Les Malheurs d’Alfred, ou encore La Chèvre. Là, son génie comique brillait, porté par une écriture solide et un sens du rythme impeccable. Ici, son jeu semble figé dans des automatismes. À 90 ans, il est évidemment touchant de le voir encore à l’écran, mais le résultat n’arrive jamais à retrouver la fraîcheur d’autrefois. Je comprends la volonté derrière ce projet.
Pierre Richard cherche à rappeler son rejet du confort bourgeois, sa proximité avec la nature et une certaine liberté poétique. Il y a sans doute une sincérité dans sa démarche, presque un testament artistique. Mais le film ressemble davantage à une curiosité qu’à une véritable œuvre aboutie. Les jeunes générations n’y verront probablement qu’un objet étrange, et les nostalgiques risquent d’être frustrés. En sortant de la salle, je n’ai retenu que mon ennui. Certes, le film a une certaine poésie bucolique, et la présence d’un ours en liberté apporte une touche insolite. Mais cela ne suffit pas à masquer les faiblesses d’écriture, le manque de rythme et des dialogues ratés.
Il y avait de quoi créer une belle réflexion sur la société, l’écologie et le besoin de liberté. Malheureusement, le résultat ressemble à un téléfilm bancal, sans énergie ni véritable humour. L’homme qui a vu l’ours qui a vu l’homme est une déception. Un film qui aurait pu être une fantaisie tendre et drôle, mais qui se transforme en une comédie molle et brouillonne. Reste l’admiration pour Pierre Richard et sa longévité, mais l’œuvre en elle-même n’a pas su me toucher.
Note : 3/10. En bref, un retour attendu qui se transforme en rendez-vous manqué. Mieux vaut revoir les grands rôles de Pierre Richard que de s’infliger cette errance sans relief.
Sorti le 17 septembre 2025 au cinéma
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