17 Septembre 2025
Après avoir suivi The Summer I Turned Pretty depuis ses débuts, j’ai accueilli la troisième saison avec une curiosité mêlée de nostalgie. Cousins Beach n’est plus seulement un décor : c’est devenu un symbole de l’adolescence, des amitiés compliquées et des amours impossibles. Cette dernière partie, composée de 11 épisodes, prend un virage narratif marqué par un saut dans le temps de quatre ans. Une décision scénaristique qui bouleverse la dynamique des personnages et modifie en profondeur le ton de la série. La saison 3 n’a pas la légèreté des débuts.
Elle parle davantage de choix de vie, de blessures encore ouvertes et de la difficulté de se construire sans se définir uniquement par ses relations. Et si le triangle amoureux reste central, l’histoire s’aventure plus loin que cette tension romantique. Le premier choc de cette saison réside dans le saut temporel. Belly, Conrad et Jeremiah ne sont plus des adolescents, mais de jeunes adultes au seuil de leur vie d’adulte. Pourtant, malgré les années passées, leurs liens restent empreints des mêmes fragilités. Belly arrive avec de nouveaux projets, des cicatrices encore visibles et un besoin urgent de trouver sa place en dehors du regard des Fisher.
Conrad, de son côté, a pris du recul et a cherché à se reconstruire, notamment grâce à la thérapie. Jeremiah, lui, affiche une énergie plus insouciante, mais sous ses sourires, il porte encore le poids de la perte de sa mère et des comparaisons incessantes avec son frère. Ce décalage entre leurs évolutions respectives nourrit une partie des tensions de la saison. Le saut dans le temps est censé refléter leur maturité, mais paradoxalement, il accentue parfois l’impression qu’ils reviennent aux mêmes blocages qu’autrefois. Tout au long de la saison, j’ai eu l’impression que Belly restait prisonnière du même schéma : définir ses choix en fonction des Fisher.
Son histoire d’amour avec Jeremiah prend une tournure sérieuse, jusqu’à l’idée d’un mariage, mais cette relation est bâtie sur une dépendance réciproque qui finit par se fissurer. Plutôt que de s’affirmer en tant que femme indépendante, Belly continue de s’oublier. Ses décisions semblent plus guidées par la peur de blesser que par son véritable désir. Même ses études sont conditionnées par ses sentiments, ce qui donne parfois l’impression qu’elle n’a pas appris des erreurs passées. Pourtant, grâce au jeu de Lola Tung, le personnage garde une humanité désarmante. Les contradictions de Belly sont frustrantes, mais elles reflètent une réalité : il n’est pas simple, à 21 ans, de savoir qui l’on est et ce que l’on veut.
S’il y a un personnage que j’ai réellement vu évoluer cette saison, c’est Conrad. La thérapie lui a permis de mieux comprendre ses propres blessures, notamment son rapport complexe à sa famille et à la perte de sa mère. Son éloignement de Belly semblait être une étape nécessaire pour respirer, mais le scénario l’attire de nouveau vers elle, comme si la série ne pouvait pas imaginer un avenir sans ce lien. Ce retour dans le triangle amoureux m’a semblé presque artificiel, car le Conrad apaisé des premières scènes méritait peut-être une trajectoire plus individuelle. Cependant, certains épisodes offrent de beaux moments d’introspection.
Le voir hésiter entre la fidélité à son frère et ses propres sentiments rappelle à quel point il reste déchiré, même en cherchant la guérison. Jeremiah est sans doute celui qui souffre le plus des comparaisons. Toujours perçu comme le frère joyeux, il cache une colère et une tristesse qui explosent par instants. La mort de sa mère a laissé une trace indélébile, et malgré sa volonté de tourner la page, il porte encore ce fardeau. La relation avec Belly lui sert souvent de refuge. Mais en se reposant entièrement sur elle, il glisse dans une forme de dépendance affective. Cette dynamique, qui semblait romantique au début, se transforme en piège.
J’ai trouvé intéressant que la série mette en lumière cette fragilité. Jeremiah n’est pas seulement le « frère solaire » : il est un jeune homme qui cherche désespérément à se sentir suffisant, aussi bien aux yeux de sa famille que de Belly. Depuis le premier épisode de la série, la question demeure : Belly finira-t-elle avec Conrad ou Jeremiah ? Ce suspense, qui a nourri tant de débats sur les réseaux sociaux, structure encore toute la saison 3. Mais à force de ramener chaque intrigue à cette dualité, l’histoire oublie parfois de donner une véritable respiration à ses personnages. Ce qui aurait pu être une exploration de la construction identitaire reste trop souvent enfermé dans la mécanique du « choix entre deux frères ».
Pourtant, certains épisodes réussissent à dépasser cette limite, notamment lors des séquences à Paris, où Belly et Conrad se retrouvent loin de Cousins. Ces moments rappellent que l’amour n’est pas seulement une affaire de nostalgie ou de famille, mais aussi de regards neufs et de redécouverte. En parallèle, la saison 3 offre aussi de la place aux personnages secondaires. Steven et Taylor traversent leurs propres turbulences, notamment autour de la confiance et de la fidélité. Leur couple illustre un autre type de relation : moins dramatique, mais tout aussi fragile. Laurel, la mère de Belly, continue de représenter une voix plus rationnelle.
Ses échanges avec sa fille mettent souvent en évidence les contradictions de Belly, tout en rappelant qu’un parent ne peut pas protéger éternellement ses enfants de leurs erreurs. Ces intrigues parallèles enrichissent l’univers, même si elles sont parfois éclipsées par le poids du triangle amoureux. Visuellement, la saison 3 conserve cette identité lumineuse, avec des plans de plage et de maisons familiales qui évoquent l’été, même dans les moments de tension. Le contraste entre Cousins et Paris souligne les différentes étapes de la vie des personnages. La bande-son, toujours au rendez-vous, accompagne les émotions sans les surcharger.
Certaines scènes, notamment celles entre Belly et Conrad, gagnent en intensité grâce à ces choix musicaux. J’ai ressenti une forme de frustration : l’impression que la série aurait pu aller plus loin dans la reconstruction individuelle des personnages, au lieu de les ramener toujours à leurs amours contrariés. Mais en même temps, je comprends que l’ADN de The Summer I Turned Pretty repose justement sur cette intensité sentimentale. Le dernier épisode joue la carte de l’émotion et de la nostalgie. Les adieux à Cousins résonnent comme la fermeture d’un chapitre, pas seulement pour Belly, mais aussi pour les spectateurs qui ont grandi avec elle.
Le choix final de Belly ne surprendra peut-être pas, mais il laisse derrière lui une réflexion plus large : comment apprendre à aimer sans se perdre soi-même ? C’est cette question qui me semble être le véritable cœur de la saison. En repensant aux trois saisons, je garde en mémoire un parcours marqué par l’évolution des personnages, même si elle est parfois inégale. La première saison respirait l’insouciance, la deuxième plongeait dans le deuil et la complexité des sentiments, et la troisième tente de montrer la transition vers l’âge adulte. The Summer I Turned Pretty restera une série imparfaite, mais attachante.
Elle reflète cette période de la vie où chaque décision paraît définitive, où l’amour semble tout englober, et où l’on apprend, souvent dans la douleur, à se connaître. La saison 3 de The Summer I Turned Pretty clôt l’histoire avec ses forces et ses limites. Elle m’a parfois agacé par ses répétitions, mais elle m’a aussi touché par sa sincérité. À travers Belly, Conrad et Jeremiah, j’ai retrouvé les contradictions de la jeunesse : l’envie d’aimer, la peur de perdre, le besoin d’exister pour soi. Et même si la série s’achève, l’écho de Cousins Beach continuera de résonner comme un souvenir d’été, à la fois doux et amer.
Note : 6.5/10. En bref, la saison 3 de The Summer I Turned Pretty clôt l’histoire avec ses forces et ses limites. Elle m’a parfois agacé par ses répétitions, mais elle m’a aussi touché par sa sincérité.
Disponible sur Amazon Prime Video
La saison 3 de The Summer I Turned Pretty est la dernière de la série.
Retrouvez sur mon blog des critiques de cinéma et de séries télé du monde entier tous les jours
Voir le profil de delromainzika sur le portail Overblog