15 Novembre 2025
Matlock // Saison 2. Episode 6. Harm Reduction.
Après un épisode 5 que j’avais trouvé essoufflé et trop dispersé, l’épisode 6 de la saison 2 de Matlock prend une direction plus resserrée. Ce n’est pas un virage spectaculaire, mais un recentrage dont la série avait besoin. L’intrigue continue d’enfler autour du coup contre Senior, mais cette fois, un vrai fil émotionnel relie Matty, Olympia et le cas de la semaine. Et, sans que la série devienne parfaite en un claquement de doigts, j’ai eu enfin l’impression que Matlock retrouvait un certain équilibre. La relation Matty/Olympia est au cœur de cette saison 2, et cet épisode l’expose davantage qu’il ne la répare. On les retrouve au lendemain d’un moment de rupture : Olympia ne sait plus si elle veut être amie avec Matty.
Et à ce stade de la saison, j’avoue que je la comprends. Les deux femmes passent leur temps à naviguer entre alliance et méfiance. L’usure se voit, et elle est crédible. Matty apporte un café en guise de trêve, mais aucune d’elles n’a envie de s’attarder sur leurs sentiments. Elles repartent immédiatement au combat, cette fois autour d’un cas amené par Eva et lié à un groupe de nonnes menacées dans leur logement. Le côté presque administratif de cette reprise m’a parlé : parfois, dans la vraie vie, on continue d’avancer même quand on n’a pas réglé les choses importantes. Le cas des nonnes devient rapidement le cadre de leur nouvelle dynamique.
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Elles travaillent ensemble, mais avec une prudence nouvelle, presque inconfortable. Et cette tension constante est plus intéressante que leurs disputes répétées. Le feuilleton autour du coup pour destituer Senior continue, et même si ce n’est pas la partie que je préfère, elle avance enfin. Eva propose aux deux femmes un plan pour renverser l’équilibre des votes. Matty s’y jette sans hésiter. Olympia, elle, traîne encore une fatigue morale et une hésitation que je trouve de plus en plus cohérente. Leur duo fonctionne, mais il fonctionne à l’usure. On voit Matty convaincre les partenaires un à un, avec une assurance presque mécanique. Olympia observe, parfois conteste, mais finit par suivre.
La série joue depuis longtemps sur cette ambivalence : Matty avance, Olympia questionne. Cet épisode en est une nouvelle preuve, mais il met surtout en lumière leur dépendance réciproque. Sans l’autre, chacune s’effondrerait. Le vote manquant qu’elles doivent aller chercher à New York est d'ailleurs un moment révélateur. Pour la première fois depuis quelques épisodes, Matty abat ses cartes sans manipulation excessive. Elle convainc un ancien collègue d’Olympia en allant droit au but. C’est presque une respiration dans ce climat saturé de mensonges. Je peine à m’intéresser à Julian depuis le début de la saison. Cet épisode ne me fait pas changer d’avis. Sa chute dans les escaliers, provoquée par les perles d’un rosaire, frôle le gag.
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Et toute la séquence où Sarah culpabilise, puis retombe sous la pression de Senior, ressemble trop à une mécanique réchauffée. Que Julian tente de se relever avec un bras en écharpe, pourquoi pas. Mais que Sarah continue pendant des semaines à essayer de prendre une photo d’un carnet sans jamais y parvenir devient presque absurde. À force d’être dans l’entre-deux, Sarah perd en impact. On sent que la série cherche encore sa place dans la grande fresque Matty–Olympia–Senior. Cela dit, son passage dans la voiture avec la consommatrice en plein manque est l’un des rares moments où le personnage existe autrement qu’en exécutant des ordres.
Je dois le reconnaître : le cas des nonnes m’a surpris. Tout commence comme un ressort comique, un prétexte pour laisser Matty et Olympia manœuvrer discrètement. Et puis d’un coup, le ton bascule. Ces femmes sont impliquées dans des actions de « Harm Reduction » auprès de populations touchées par l’addiction. Et là, Matlock retrouve une profondeur que j’attendais depuis plusieurs épisodes. Voir Matty confrontée à ce concept la renvoie directement à la mort d’Ellie, sa fille. On sent que tout ce qui touche à l’addiction est pour elle viscéral. Ses premières réactions sont rigides, presque violentes : pour elle, réduire les risques revient à encourager la consommation.
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C’est humain, mais c’est aussi un angle de vue figé par la douleur. La scène de la voiture, quand Matty réalise que dire “n’utilisez pas ici” mettrait la jeune femme en danger, est l’un des moments les plus justes de l’épisode. Matty n’arrive pas à empêcher l’usage, mais elle peut empêcher un drame. Ce compromis la bouleverse, et ce bouleversement fait avancer son personnage plus que n’importe quel conflit avec Olympia. C’est justement ce cas qui rapproche les deux femmes. Olympia parle, Matty écoute. Elles se relient à quelque chose de plus sincère que leurs stratagèmes habituels. Pour la première fois depuis plusieurs épisodes, j’ai senti leur amitié redevenir réelle. Pas stable, mais vivante.
Leur dernier échange, simple et presque maladroit, montre que la confiance ne revient jamais d’un coup. Elle se reconstruit. Pas à pas. L’épisode 6 de la saison 2 de Matlock corrige plusieurs dérives du début de saison. Le coup contre Senior avance enfin, le cas de la semaine retrouve de l’importance, et Matty fait un pas en avant dans son rapport à sa propre histoire. Il reste des lourdeurs — Julian et Sarah en tête — mais l’ensemble respire mieux.
Note : 7/10. En bref, l’épisode 6 de la saison 2 de Matlock corrige plusieurs dérives du début de saison. Le coup contre Senior avance enfin, le cas de la semaine retrouve de l’importance, et Matty fait un pas en avant dans son rapport à sa propre histoire.
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