15 Novembre 2025
Merteuil // Saison 1. Episode 1. Episode #1.1.
La série Merteuil propose une relecture du mythe des Liaisons dangereuses, en explorant les origines d’Isabelle, qui deviendra la Marquise de Merteuil. Le premier épisode de la saison 1, diffusé sur HBO Max, tente de poser les fondations d’un récit centré sur la transformation d’une jeune femme en figure de pouvoir et de séduction. L’intention est claire : montrer Isabelle en quête de contrôle sur son destin dans un monde patriarcal. Pourtant, malgré des ambitions affirmées, cet épisode peine à se distinguer vraiment des nombreuses fictions françaises d’époque déjà produites, donnant parfois l’impression de suivre un schéma familier. Dès l’ouverture, Isabelle se trouve dans un couvent austère, confrontée à un choix entre une vie encadrée et l’apprentissage de l’usage stratégique de son corps et de sa séduction.
Pour être l'héroïne de sa propre vie, elle va briser celle des autres. Orpheline sans fortune, la jeune Isabelle de Merteuil se laisse piéger par les fausses promesses du vicomte de Valmont. Ivre de vengeance, elle se lance dans une vertigineuse ascension, défiant les hommes et leur pouvoir, depuis les bas-fonds libertins jusqu'à la cour de Louis XV. Au bout de sa lutte, un choix déchirant l'attend, entre amour et liberté.
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Rosemonde, sa mentor, incarne cette ambiguïté qui traverse l’épisode : transmet-elle des conseils par intérêt personnel ou pour protéger Isabelle ? Cette tension pourrait être captivante, mais elle reste trop rarement exploitée. L’intrigue avance de manière prévisible, et certains personnages secondaires paraissent sous-développés, donnant l’impression que la série se contente de cocher des cases du genre « fiction d’époque ». Le parcours d’Isabelle, de protégée à épouse du Marquis de Merteuil, est censé montrer sa montée en puissance, mais le récit s’embourbe parfois dans des scènes de séduction répétitives et mécaniques.
La rupture avec le Comte de Gercourt et le mariage arrangé offrent certes une intrigue sociale, mais ces passages manquent d’intensité dramatique. L’humiliation initiale d’Isabelle, moteur de sa revanche, glisse trop rapidement dans le mélodrame, et les dialogues peuvent paraître artificiels. Valmont, incarné par Vincent Lacoste, reste lui aussi assez prévisible, et le rôle de Madame de Tourvel est réduit à un simple cameo, déséquilibrant un récit qui aurait gagné à s’aventurer davantage hors des sentiers connus. Visuellement, la série montre cependant une maîtrise évidente. Les décors de Florian Sanson recréent un XVIIIe siècle opulent, des couloirs austères du couvent aux salons feutrés où se nouent intrigues et désirs.
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Les costumes accompagnent habilement la progression sociale d’Isabelle, et la lumière souligne subtilement ses évolutions personnelles. Le générique, sur une musique de Woodkid, apporte une touche moderne bienvenue, mais il ne suffit pas à rendre la série réellement originale par rapport à d’autres productions historiques françaises déjà diffusées ces dernières années. La distribution est solide. Anamaria Vartolomei incarne Isabelle avec intensité, Vincent Lacoste apporte des nuances à Valmont, et Lucas Bravo campe un Comte de Gercourt froid et distant. Noée Abita, dans le rôle de Madame de Tourvel, incarne la douceur et la retenue, mais son personnage est à peine exploité.
La direction d’acteurs reste soignée, et la diction des comédiens permet de dépasser certaines scènes un peu trop théâtrales. Malgré tout, cette qualité ne compense pas totalement un scénario qui manque parfois de souffle et d’originalité. L’un des points faibles les plus visibles de ce premier épisode est son rythme. Les scènes de séduction, malgré leur esthétisme, s’enchaînent de façon mécanique. L’épisode semble hésiter entre feuilleton érotique et drame historique, sans vraiment trouver un équilibre. On retrouve là une tendance déjà vue dans plusieurs séries françaises d’époque : la beauté visuelle et la reconstitution historique ne suffisent pas à créer une narration forte et mémorable.
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Le spectateur peut se demander pour quel public la série a été pensée, entre amateurs de costumes et curieux d’intrigues plus intimes. Malgré ces limites, le potentiel narratif reste présent. Isabelle est déjà posée comme un personnage central capable de naviguer entre vulnérabilité et stratégie, et certaines scènes laissent entrevoir une évolution intéressante vers la Marquise que le public connaît du roman. L’ambition de la série – montrer comment une jeune femme transforme la douleur et l’injustice en pouvoir – est perceptible, même si la réalisation et le scénario peinent à pleinement la soutenir.
En résumé, cet épisode 1 de Merteuil offre une ouverture visuellement séduisante et met en place des enjeux dramatiques intéressants, mais il se heurte à des choix narratifs trop classiques et à des scènes qui manquent de tension. La série ressemble par moments à d’autres fictions historiques françaises déjà produites, et la mécanique des intrigues érotiques et sociales y paraît parfois trop codifiée. Malgré tout, le personnage d’Isabelle, interprété par Vartolomei, reste suffisamment prometteur pour envisager un développement plus incisif dans les épisodes suivants.
Note : 5/10. En bref, cet épisode 1 de Merteuil offre une ouverture visuellement séduisante et met en place des enjeux dramatiques intéressants, mais il se heurte à des choix narratifs trop classiques et à des scènes qui manquent de tension.
Disponible sur HBO max
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