Pluribus (Saison 1, épisode 3, « Grenade ») : absurdité, humour et résilience de Carol

Pluribus (Saison 1, épisode 3, « Grenade ») : absurdité, humour et résilience de Carol

L’épisode 3 de Plur1bus réussit à captiver sans explosions ni retournements spectaculaires. Ce qui frappe ici, c’est la manière dont il transforme le quotidien en moments absurdes et comiques tout en explorant des thèmes profondément humains. Chaque minute avec Carol m’a tenu en haleine, non pas à cause du danger, mais grâce à la précision avec laquelle le monde autour d’elle rend le banal extraordinaire. L’épisode débute par un flashback au célèbre Ice Hotel de Norvège, sept ans avant l’invasion. 

 

Helen s’émerveille devant les aurores boréales et la décoration étrange, tandis que Carol, fidèle à elle-même, ne voit que le froid, l’inconfort et l’absurdité totale de la situation. Ce contraste crée un humour naturel. Carol déteste la perfection glaciale du lieu, mais Helen rayonne. C’est drôle parce que Carol est tellement focalisée sur le négatif que même le merveilleux devient comique à travers son regard. Et pourtant, on sent une petite étincelle de curiosité, de chaleur, qui transparaît malgré tout. Cette tension subtile entre cynisme et émerveillement est un moment de pur génie comique et humain. De retour dans le présent, Carol se retrouve face au « Joined », ce collectif qui engloutit presque toute l’humanité. 

Leur politesse extrême est à la fois fascinante et effrayante. Chaque geste, chaque sourire, chaque attention est calculé pour apaiser Carol. Mais c’est dans cette exagération que réside l’humour : tout est tellement parfait, tellement précis, que cela devient absurde. La scène au Sprouts est un moment clé de l’épisode. Carol découvre que son supermarché local est complètement vide. Son premier réflexe est de se sentir frustrée : elle veut retrouver sa liberté, son indépendance, et pas seulement des repas fournis par un collectif omniscient. Mais en quelques minutes, les étagères se remplissent à nouveau, avec une armée de travailleurs et de camions synchronisés comme une chorégraphie parfaitement exécutée. 

 

Cette scène est hilarante dans son absurdité : Carol est face à la puissance du collectif et à la vitesse avec laquelle il accomplit l’impossible, tout en conservant un comique visuel certain. C’est ce mélange de puissance et d’absurde qui rend cette séquence mémorable. On rit devant la perfection mécanique du collectif, mais on ressent aussi la frustration et le désarroi de Carol. C’est un moment qui illustre à la fois le génie comique et le propos de la série : la confrontation de l’individu face à un système implacable. La scène qui donne son titre à l’épisode, « Grenade », est un autre moment de pur comique noir. 

Carol, sarcastique, demande une grenade, et le collectif la lui fournit réellement. Voir Zosia se faire presque blesser tout en conservant un sourire effrayant est à la fois hilarant et terrifiant. Le comique naît du contraste entre l’absurdité de la situation et la manière dont le collectif prend tout au pied de la lettre. Cette exécution mécanique de la volonté de Carol montre à quel point la série maîtrise l’humour dans un monde post-apocalyptique. Tout l’épisode joue sur ce mélange d’absurde et d’humain. Carol mange un dîner surgelé devant The Golden Girls, discute avec Zosia de sa vodka préférée ou observe les actions du collectif. Chaque geste banal devient un micro-événement, et l’humour se construit dans les détails.

 

Le comique ne se limite pas à la situation : il émane aussi de Carol elle-même, de son cynisme, de son sarcasme et de sa manière de contester les normes imposées par le collectif. Elle est drôle, imprévisible et incroyablement humaine, et cela transforme les situations potentiellement dramatiques en scènes comiques mémorables. La série sait allier humour noir et réflexion sur la condition humaine. L’électricité coupée la nuit, les souvenirs de Helen récupérés par le collectif ou la gestion mécanique du quotidien par le Sprouts… chaque scène est à la fois drôle et légèrement inquiétante. Carol reste l’une des dernières personnes à ressentir pleinement l’humanité, et le contraste avec le collectif met en valeur son individualité et son esprit critique.

L’épisode 3 de Plur1bus ne repose pas sur des scènes spectaculaires, mais sur l’absurde et le comique qui se cachent dans le quotidien. La scène du supermarché, la grenade, les interactions avec Zosia et même les repas surgelés deviennent autant de moments où l’humour et l’intelligence de la série brillent. Carol émerge comme une héroïne comique, lucide et humaine. L’épisode montre que l’humour n’est pas seulement un outil narratif : il est un moyen de résistance, une manière de rester humain dans un monde qui tente de gommer toutes les nuances. Plur1bus transforme le banal en fantastique, et c’est exactement ce qui rend cet épisode si réjouissant.

 

Note : 9/10. En bref, l’épisode ne repose pas sur des scènes spectaculaires, mais sur l’absurde et le comique qui se cachent dans le quotidien. La scène du supermarché, la grenade, les interactions avec Zosia et même les repas surgelés deviennent autant de moments où l’humour et l’intelligence de la série brillent. 

Disponible sur Apple TV

 

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