5 Novembre 2025
En tant que fan de Downton Abbey et ayant beaucoup aimé l’adaptation de 2002 avec Damian Lewis, j’étais curieux de découvrir The Forsytes (2025). Cette nouvelle version propose de raconter l’histoire de la famille Forsyte en seulement six épisodes, un pari ambitieux pour une saga centrée sur rivalités et passions familiales à la fin du XIXᵉ siècle à Londres. La saison 1 débute par le mariage de Jolyon Forsyte avec Frances, récemment veuve, mettant immédiatement en lumière les alliances sociales et les tensions familiales. L’introduction des personnages est claire et directe : la matriarche Ann Forsyte prend en charge l’exposition lors du mariage, présentant chaque membre de la famille et leurs relations.
Le portrait d'une famille d'aristocrates londoniens dans les années 1880. Le désir, l’ambition et la trahison traversent les générations chez les Forsyte, une famille aisée de courtiers en bourse, dont les membres, pris entre la tradition et la loyauté familiale, s’opposent souvent à leur propre quête de bonheur. Au fil des années, les tensions grandissent entre ceux qui sacrifient leurs sentiments pour préserver l’ordre établi et ceux qui osent poursuivre l’amour, quitte à briser les liens du sang et les conventions sociales.
Cette méthode, qui pourrait paraître simpliste, a l’avantage de rendre la saga compréhensible dès les premières scènes. Pourtant, dès le départ, le ton me semble différent de l’adaptation de 2002. Les interactions manquent d’un certain charme et de naturel, donnant parfois une impression de rigidité ou de mise en scène trop artificielle. Visuellement, la série est soignée. Les décors et les costumes sont impeccables, Londres apparaît comme une ville presque féerique, et chaque plan semble calibré pour impressionner. Jolyon, incarné par Danny Griffin, est un personnage décalé dans cet univers strict : il préfère le dessin et l’art aux affaires familiales, et cette opposition structure l’intrigue.
Frances, interprétée par Tuppence Middleton, se révèle calculatrice et lucide, et les confrontations avec Louisa, ancienne amante de Jolyon devenue couturière, montrent que la série sait créer des tensions féminines intéressantes. Pourtant, malgré ces qualités techniques, il manque quelque chose. Comparée à l’adaptation de 2002, cette version apparaît fade par moments. Certaines scènes semblent étirées inutilement, avec de longues discussions ponctuées de pauses entre les phrases, comme si elles avaient été filmées par morceaux et assemblées ensuite.
Parfois, le tout prend l’allure d’un soap opera à la manière de Tyler Perry, où le drame est là, mais manque de finesse et de naturel. Cela n’empêche pas la série d’être regardable, mais elle perd ce charme subtil et cette tension contenue qui rendaient les personnages de la version précédente si captivants. Soames Forsyte, incarné par Joshua Orpin, illustre bien cette différence. Sa froideur et son ambition sont visibles, mais il manque le charisme et la complexité qui faisaient de son équivalent en 2002 un personnage fascinant et ambivalent. Les choix narratifs simplifient certains traits psychologiques, donnant une lecture plus directe mais moins nuancée des conflits familiaux.
La série se concentre également sur des arcs amoureux et des triangles dramatiques classiques : le retour de Louisa dans la vie de Jolyon crée un conflit avec Frances, tandis que Soames et Irene développent une tension romantique plus traditionnelle. Ces intrigues sont compréhensibles et parfois émouvantes, mais elles manquent de profondeur émotionnelle. Le rythme alterne scènes lentes et moments intenses, et certaines conversations traînent en longueur, ce qui accentue l’impression de lenteur et de soap opera. Ann Forsyte, la matriarche, reste un point central de la série. Sa présence impose un cadre moral et social, mais ses interventions parfois trop explicatives ou appuyées renforcent ce côté artificiel.
Malgré tout, elle reste essentielle pour structurer les interactions familiales et maintenir un fil narratif cohérent. Un autre thème récurrent est l’opposition entre art et commerce. Jolyon symbolise l’individualité et la créativité, tandis que Soames et sa famille incarnent la logique financière et la réussite matérielle. Ce contraste est intéressant, mais la manière dont il est traité manque parfois de subtilité. Là encore, l’écriture privilégie la clarté et la lisibilité au détriment de la nuance, ce qui donne une impression générale de simplification excessive. L’aspect visuel et sonore contribue cependant à rendre la série agréable.
Les compositions orchestrales accompagnent les scènes avec finesse, et les costumes et décors montrent un vrai soin de production. Pour un spectateur qui aime les univers historiques visuellement riches, la série offre un plaisir immédiat, même si le charme et la magie des relations humaines sont moins présents. En résumé, The Forsytes (2025) n’est pas une mauvaise série, mais elle n’atteint pas la qualité et le charme de l’adaptation de 2002. Les décors et les costumes sont réussis, l’histoire reste compréhensible et certaines tensions fonctionnent, mais l’ensemble est parfois fadasse et trop télévisuel.
Les longues pauses, les dialogues étirés et le rythme inégal donnent un aspect de soap opera qui contraste avec le naturel et la subtilité des personnages que j’avais appréciés dans la version précédente. Pour autant, il y a suffisamment d’éléments intrigants pour continuer à suivre les épisodes : les conflits familiaux, les triangles amoureux et le contraste entre ambition et désir personnel créent une trame cohérente et parfois captivante. Si l’on cherche un divertissement soigné et visuellement agréable, la série fonctionne. Mais pour ceux qui espéraient retrouver le charme, l’intensité dramatique et la finesse des personnages de l’adaptation de 2002, l’expérience peut sembler mitigée.
Note : 4.5/10. En bref, The Forsytes (2025) reste donc une curiosité intéressante pour les amateurs de dramas historiques, avec un soin évident pour les décors et costumes, mais elle ne parvient pas à recréer la magie et la tension émotionnelle qui faisaient l’attrait des versions précédentes. Une série correcte, mais qui manque de cette étincelle qui transforme un bon period drama en incontournable.
Prochainement en France
Disponible sur le replay de Channel 5, accessible via un VPN
Channel 5 a déjà renouvelé The Forsytes pour une saison 2.
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