Critique Ciné : It Feeds (2026, direct to SVOD)

Critique Ciné : It Feeds (2026, direct to SVOD)

It Feeds // De Chad Archibald. Avec Ashley Greene Khoury, Shawn Ashmore et Mark Taylor.

 

It Feeds s’inscrit clairement dans cette vague de films d’horreur surnaturels qui misent moins sur le sang que sur l’ambiance, les apparitions soudaines et les figures inquiétantes qui rôdent dans l’ombre. Le long métrage de Chad Archibald ne cherche pas à réinventer le genre, et il ne s’en cache pas vraiment. Il propose une histoire connue, presque balisée, mais portée par une vraie application dans l’exécution et quelques idées visuelles qui font le travail. Le point de départ est rapidement posé. Cynthia Winstone est une psychiatre dotée de capacités psychiques. Elle peut voir ce que les autres ne voient pas, notamment des entités qui s’attachent aux vivants. 

 

Une jeune fille est persuadée qu'une entité malveillante se nourrit d'elle.

 

Cette faculté, loin d’être un don confortable, l’a rendue méfiante et prudente. Lorsqu’une adolescente, Riley, est amenée à son cabinet, Cynthia comprend immédiatement qu’une présence dangereuse s’est accrochée à elle. L’entité est trop forte, trop envahissante. Elle refuse d’aider, par peur des conséquences. Une décision qui va créer une fracture avec sa propre fille, Jordan, persuadée que son père défunt aurait agi autrement. Les quinze premières minutes du film sont sans doute les plus marquantes. Tout y est installé avec efficacité : les relations familiales, les règles du surnaturel, la menace, et même un aperçu de la créature. It Feeds ne fait pas durer le mystère inutilement. 

 

Le spectateur sait très vite à quoi il a affaire : une sorte de spectre vorace, aux doigts fins et inquiétants, qui s’accroche aux victimes et se nourrit d’elles, avant de passer à la suivante. Ce choix a un avantage et un inconvénient. D’un côté, le film évite les faux-semblants et va droit au but. De l’autre, il brûle une partie de ses cartouches trop tôt. Une fois les bases posées, le récit avance de manière assez prévisible. L’enquête progresse par petites touches, les découvertes s’enchaînent, et la menace se rapproche lentement de la cellule familiale centrale. Ashley Greene tient le rôle principal avec sérieux. Son personnage de médium réticente rappelle forcément d’autres figures vues dans des sagas comme The Conjuring ou Insidious. 

 

La comparaison est difficile à éviter, mais It Feeds ne tombe pas dans la copie pure et simple. Cynthia est avant tout une femme épuisée, qui a compartimenté sa vie pour survivre à ce qu’elle perçoit. Le film joue beaucoup sur cette idée de pièces, de couloirs, d’espaces fermés, comme si chaque lieu reflétait son esprit cloisonné. Ellie O’Brien, dans le rôle de Jordan, apporte une énergie plus brute, parfois agaçante. Le personnage est impulsif, souvent dans la confrontation, et ses décisions mettent clairement de l’huile sur le feu. Cette écriture peut irriter, mais elle sert aussi le propos : les adolescents de It Feeds sont souvent en crise, à la frontière entre la vulnérabilité et l’inconscience. 

 

Cela dit, l’attachement à Jordan reste inégal, surtout quand le film force certains moments censés être percutants. Shawn Ashmore campe le père de Riley, figure nerveuse et instable, presque caricaturale au départ. Le personnage existe surtout comme vecteur de tension, même si quelques scènes laissent entrevoir une détresse réelle. Comme beaucoup d’adultes dans le film, il sert autant l’intrigue que le décor émotionnel. Là où It Feeds assume pleinement ses codes, c’est dans l’utilisation des jump scares. Ils sont nombreux, parfois bien placés, mais aussi très répétitifs. À force, l’effet s’émousse. La créature surgit, disparaît, revient, toujours de la même manière. 

 

C’est dommage, car le design de l’entité fonctionne plutôt bien. Elle supporte les gros plans, dégage une vraie présence, et aurait mérité un traitement plus progressif, voire une exploration plus poussée de son origine. Le film préfère rester à la surface de ses thèmes. La transmission du mal, la culpabilité parentale, le poids de l’héritage émotionnel sont évoqués, mais rarement creusés. Chad Archibald montre qu’il sait créer une atmosphère, diriger ses acteurs et faire confiance à son équipe technique, notamment sur les maquillages et les effets pratiques. Mais l’ambition reste mesurée. It Feeds donne parfois l’impression de se contenter d’être un bon exercice de style. Visuellement, le film est propre, lisible, sans réelle prise de risque. 

 

La photographie joue sur des teintes sombres et froides, classiques pour le genre. Le travail sonore est efficace, sans marquer durablement. Rien de honteux, rien de mémorable non plus. Le mot qui revient souvent en tête est “compétent”. Quelques apparitions secondaires, notamment celle de Julian Richings, feront sourire les amateurs de cinéma de genre. Ce genre de casting est toujours un bon signe, et même dans un rôle très court, il apporte une forme de crédibilité immédiate à l’univers. Le dernier acte divise clairement. Le film tente une montée en puissance, avec une résolution pensée comme forte et déterminée. L’intention est là, mais le résultat peut provoquer un certain malaise. 

 

Là où It Feeds aurait gagné à rester dans une sobriété inquiétante, il choisit un final plus appuyé, qui frôle parfois l’embarras plutôt que la tension. Au final, It Feeds est un film d’horreur surnaturel qui fonctionne par moments, échoue à d’autres, mais reste regardable. Il accroche suffisamment pour aller jusqu’au bout, sans vraiment marquer durablement. Les amateurs de frissons immédiats, de créatures inquiétantes et d’ambiances sombres y trouveront leur compte. Ceux qui espéraient une approche plus profonde ou plus originale risquent de rester sur leur faim. 

 

Note : 5.5/10. En bref, un film honnête, inégal, parfois trop conscient de ses modèles, mais jamais totalement paresseux. Un divertissement de genre qui fait le travail, sans laisser de trace durable une fois la lumière rallumée.

Sorti le 21 janvier 2026 directement en VOD

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