11 Décembre 2025
Love and Wine // De Amanda Lane. Avec Ntobeko Sishi, Desmond Dube et Masali Baduza.
Love and Wine, comédie romantique sud-africaine, mise avant tout sur l’énergie de son duo principal, sur la chaleur de ses décors et sur une série de quiproquos qui s’enchaînent sans pause. Je ressors de cette expérience avec un sentiment partagé : rien de réellement renversant, mais suffisamment d’élan pour se laisser embarquer dans cette histoire de jeunes adultes qui apprennent à se connaître… et à se reconnaître. Au centre du film, il y a Ovee, fils d’un magnat du vin habitué à tout obtenir sans effort. Pourtant, malgré son statut de privilégié, il n’est pas montré comme un héritier prétentieux. Il est plutôt présenté comme un garçon doux, bienveillant, parfois un peu naïf, qui cherche surtout à prouver qu’il vaut plus que son nom de famille.
L'héritier d'une ferme viticole réputée échange sa vie avec son ami d'enfance, plus terre à terre, pour prouver que sa chance avec les femmes ne se limite pas à son portefeuille.
Il s’oppose à l’image classique du fils à papa qui écrase tout sur son passage. Ce côté plus humble le rend facilement attachant, même lorsqu’il s’enfuit dans des choix discutables, comme celui de mentir sur sa véritable identité. La mécanique principale du film repose d’ailleurs sur cet échange d’identités entre Ovee et Nathi, son ami d’enfance devenu chauffeur, assistant et confident. Pour gagner une sorte de pari sur le regard que les autres posent sur lui, Ovee décide d’entrer dans l’entreprise familiale comme simple stagiaire, en prenant la place de Nathi. Ce renversement crée un jeu permanent sur les apparences, entraînant une chaîne de situations plus embarrassantes les unes que les autres.
Rien de très nouveau dans la structure, mais le rythme reste fluide et l’alchimie entre les deux acteurs fonctionne suffisamment bien pour maintenir l’intérêt. Là où Love and Wine trouve son souffle, c’est dans les deux histoires d’amour qui progressent en parallèle. D’un côté, il y a Ovee et Amahle, une future médecin déterminée à réussir sans dépendre de personne. De l’autre, Nathi se laisse surprendre par ses sentiments pour une superviseuse stricte qui pense avoir affaire au fils du patron. Ces relations permettent au film de sortir un peu de son schéma répétitif grâce à des scènes où les émotions prennent davantage de place, même si la répétition des malentendus finit parfois par lasser. Impossible de parler du film sans mentionner son cadre.
Les paysages des Cape Winelands apportent une chaleur immédiate à l’ensemble. Les couleurs, la lumière, les mouvements dans les vignobles… tout est pensé pour installer une ambiance douce et accueillante. C’est le genre de film qui semble avoir été conçu pour être regardé un soir d’hiver, un verre de rouge à la main, pendant que la pluie tape contre les fenêtres. Le visuel joue clairement un rôle majeur dans son attrait. Même lorsque l’intrigue tourne un peu en rond, le décor offre un souffle d’air frais. Concernant le scénario, c’est difficile de passer à côté d’un point essentiel : la prévisibilité. Il suffit de quelques minutes pour comprendre exactement où tout cela va mener.
Les quiproquos s’empilent, certains secondaires prennent le relais, puis les masques tombent, et chacun retourne naturellement vers la personne qui lui correspond. Les codes de la romcom sont appliqués à la lettre, parfois même trop. L’identité échangée tient jusqu’au dernier moment, créant une répétition qui peut fatiguer par instants. J’aurais apprécié davantage d’audace, peut-être un regard plus neuf sur les questions de classe sociale que le film effleure sans jamais vraiment approfondir. Malgré cela, le film ne manque pas de charme. Comme souvent dans ce type de récits, ce sont les petits moments sincères qui rattrapent les longueurs. Les blessures des personnages — la méfiance d’Amahle, le besoin de reconnaissance d’Ovee, les complexes de Nathi — trouvent un écho agréable.
Tout n’est pas traité avec finesse, mais on sent une volonté de donner un minimum de densité aux protagonistes, ce qui permet au spectateur de rester connecté jusqu’aux dernières minutes. L’humour, lui, reste dans le registre classique de la comédie romantique : situations gênantes, mensonges qui se retournent contre les personnages, faux-semblants, etc. Rien de très marquant, mais quelques scènes tirent leur épingle du jeu grâce à l’énergie du casting. Le film joue parfois la carte du “trop”, mais sans jamais virer dans l’hystérie. J’aurais aimé, cependant, que certains personnages secondaires soient moins caricaturaux. L’exemple le plus parlant est sans doute le mentor d’Amahle, conçu uniquement comme un obstacle.
Sa présence manque de nuances et renforce l’impression que certaines dynamiques auraient pu être mieux travaillées. À côté de cela, le duo principal affiche une belle complicité. Ovee apporte une chaleur immédiate tandis qu’Amahle dégage une force tranquille qui équilibre bien l’ensemble. Leur relation évolue de manière très balisée, certes, mais elle garde une honnêteté qui évite au film de sombrer dans la comédie mièvre. Le parallèle avec l’histoire de Nathi donne aussi un peu d’épaisseur à l’ensemble. Ce second couple amène de la légèreté et rappelle que le récit ne tourne pas uniquement autour d’un héritier en quête de sens. À la fin, Love and Wine ne surprend jamais, mais il ne trahit pas non plus ce qu’il promet.
C’est un film qui se regarde sans effort, qui délivre une dose modérée d’émotions et qui bénéficie d’un casting motivé. Mon avis reste mitigé parce que l’intrigue manque clairement d’originalité et qu’elle finit par tourner en rond, mais l’ensemble garde une certaine sincérité. Si l’objectif est de passer un moment simple devant une romance ensoleillée, alors le film remplit sa mission. Pour ceux qui attendent quelque chose de plus ambitieux, la déception risque d’être au rendez-vous.
Note : 5/10. En bref, une romcom sud-africaine qui joue la carte du charme sans trop surprendre.
Sorti le 5 décembre 2025 directement sur Netflix
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