Critique Ciné : The Death of Snow White (2025, direct to SVOD)

Critique Ciné : The Death of Snow White (2025, direct to SVOD)

The Death of Snow White // De Jason Brooks. Avec Sanae Loutsis, Chelsea Edmundson et Tristan Nokes.

 

Depuis que les romans de tous les contes de notre enfance sont tombés dans le domaine public, des petits producteurs se sont lancés dans la production de versions horrifiques. Avec le succès du Twisted Childhood Universe (Winnie-the-Pooh: Blood & Honey, Bambi la vengeance, etc.) ou encore les multiples adaptations horrifiques de Popeye, il fallait bien s’attendre à ce que d’autres tentent de se faire une place dans cet univers. Real Fiction Studios, « connu » pour Conjuring the Cult (2024) ou encore Friday the 13th Vengeance 2: Bloodlines (2022) nous propose une relecture de l’histoire de Blanche-Neige en un récit sombre, violent et horrifique avec le même réalisateur aux manettes.

 

Poursuivie par sa belle-mère en quête de beauté éternelle, Blanche-Neige s'enfuit dans une forêt terrifiante et s'allie à sept nains sanguinaires – des assassins impitoyables experts en meurtres brutaux. Son âme est mise à l'épreuve dans ce conte de fées sombre.

 

Ici, Blanche-Neige n’est plus la jeune fille naïve et innocente que Disney a popularisée. Le film de Jason Brooks transforme chaque personnage en une version torturée et radicalisée : une reine auto-destructrice, des créatures de la forêt inquiétantes et des nains violents, assoiffés de sang et dotés d’un talent morbide pour le meurtre. Sur le papier, le concept a de quoi séduire : une approche adulte et gore de l’histoire, mêlant horreur, action et une pointe d’humour. Pourtant, l’exécution laisse à désirer et le film peine à trouver son équilibre. L’intention est claire : surprendre et choquer, mais la mise en scène finit par se perdre sous le poids des idées trop nombreuses et des personnages surabondants.

 

Au départ, tout semblait prometteur. La mise en place narrative est correcte, les personnages principaux sont introduits avec suffisamment de temps pour respirer, et la présence du duo comique Jacob (Christopher Burnside) et Wilhelm (Milo Mechem-Miller) apporte un souffle léger dans ce récit sinistre. Ces deux personnages se révèlent les plus attachants et les plus crédibles du film, et c’est en grande partie grâce à eux que certaines scènes parviennent à captiver. Mais rapidement, la multiplication des intrigues secondaires et des figures secondaires dilue l’attention et rend le visionnage laborieux. Visuellement, le film mérite un certain crédit. La photographie est soignée et certains plans sont réellement réussis. 

 

La forêt, les décors et les jeux de lumière créent une atmosphère oppressante qui fonctionne par moments. Certaines images, comme la pomme rouge éclaboussée de sang ou les passages où la forêt semble se refermer sur les personnages, frôlent la poésie visuelle. Cependant, ces instants sont rares et éclipsés par une réalisation parfois maladroite, avec des plans flous ou incohérents, donnant l’impression que plusieurs équipes se sont succédé derrière la caméra. Le casting est inégal, et c’est là que le bât blesse le plus. Les nains sont sans doute le point fort du film. Le choix d’utiliser de vrais acteurs de petite taille, plutôt que des effets spéciaux numériques, apporte une authenticité bienvenue et donne un peu de vie au récit. 

 

Ils parviennent à rendre crédible ce qui aurait pu être ridicule, et leurs performances sauvent plusieurs scènes de l’ennui. La reine, dans ses deux incarnations, est également convaincante et investie dans son rôle. Ces personnages sont les seuls à dégager un véritable charisme et à maintenir l’intérêt. À côté, Blanche-Neige est un personnage qui peine à convaincre. L’actrice principale manque de la fragilité et de l’innocence propres à ce personnage iconique. Son jeu manque de nuances et sa relation avec le prince semble inexistante, rendant leur romance peu crédible. Le prince, quant à lui, est particulièrement rigide et incapable de transmettre la moindre émotion. 

 

D’autres personnages secondaires souffrent du même problème : on sent que des amis du réalisateur ont été insérés dans le film sans réel entraînement, et les meilleures performances sont souvent éliminées rapidement dans l’intrigue, au profit de scènes moins réussies. Le scénario est un autre point faible. La narration est surchargée et certaines sous-intrigues, comme celle du jeune garçon avec son bouclier ou les frères Grimm maladroits, s’avèrent superflues et ralentissent considérablement le rythme. Le film aurait gagné à être plus concis, autour d’une heure trente maximum, afin de concentrer l’attention sur l’essentiel. Au lieu de cela, les longueurs s’accumulent, et certains passages, notamment ceux de la reine, deviennent répétitifs.

 

Le choix d’inclure de la nudité ou de l’horreur corporelle paraît souvent gratuit. Certaines scènes, notamment celles où les femmes apparaissent nues dans le miroir, semblent davantage conçues pour choquer que pour servir l’histoire. La violence graphique, quant à elle, oscille entre moments crédibles et scènes ridicules où le gore devient involontairement comique, comme lors d’une séquence où un personnage se fait démembrer. Ces incohérences nuisent à l’immersion et rappellent le côté série B du projet. Sur le plan des dialogues, le film n’est pas plus convaincant. Les répliques sont maladroites et certains personnages ne dépassent jamais le stade de simples archétypes. Les nains sont divertissants, mais leurs personnalités restent superficielles. 

 

Le mélange des genres – horreur, thriller psychologique et comédie – ne fonctionne pas pleinement, et le ton du film oscille constamment entre sérieux et parodie involontaire. Les accents britanniques forcés contribuent également à cette impression de ridicule, donnant à certaines scènes un côté théâtral non maîtrisé. Malgré ces défauts, The Death of Snow White propose quelques idées visuelles et scénaristiques intéressantes. L’idée de réinventer un conte pour enfants en une histoire sombre et adulte possède un potentiel certain, notamment dans la manière de traiter l’envie, la vanité et la mort. 

 

Malheureusement, ce potentiel n’est jamais pleinement exploité, et le film se contente de surprendre par la violence ou le gore, plutôt que par la profondeur narrative. Le résultat est un film inégal, parfois fascinant par ses images ou certaines performances, mais globalement frustrant. La réalisation manque de cohérence, le scénario souffre de longueurs et de personnages sous-exploités, et la protagoniste principale ne parvient pas à incarner pleinement Blanche-Neige. Le film aurait pu constituer une réinvention adulte captivante du conte classique, mais il finit par laisser le spectateur à distance, avec l’impression d’un projet ambitieux mais maladroitement exécuté.

 

En somme, The Death of Snow White reste un exemple de ce qui peut mal tourner lorsqu’un film indépendant tente de mêler horreur, action et réécriture d’un conte célèbre. Les quelques points forts – les nains, la reine et certains choix visuels – ne suffisent pas à compenser les nombreux défauts : jeu d’acteur inégal, effets spéciaux parfois ratés, scénario trop chargé et choix narratifs discutables. Le film illustre que l’envie de surprendre et de choquer ne remplace pas la cohérence, le rythme et la justesse des performances.

 

Note : 3/10. En bref, The Death of Snow White tente de transformer un conte bien-aimé en une expérience mature et sanglante, mais finit par être plus irritant que captivant.

Prochainement en France en SVOD

 

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