Critique Téléfilm : Ordinary Girl in a Tiara (2025, The CW)

Critique Téléfilm : Ordinary Girl in a Tiara (2025, The CW)

Ordinary Girl in a Tiara // De Meeshelle Neal. Avec Katharine King So , Kathryn Gallagher et Dmitry Chepovetsky.

 

Ordinary Girl in a Tiara, dernier né de la collaboration entre The CW et Harlequin, s’inscrit clairement dans la tradition des téléfilms romantiques de fin d’année. Mais celui-ci a une particularité qui mérite qu’on s’y attarde : il propose une histoire d’amour lesbienne assumée, au cœur d’un univers de mode et de rivalités passées. Sans chercher à réinventer la comédie romantique, le téléfilm tente une approche plus moderne et inclusive, tout en restant fidèle aux codes Harlequin. À l’origine, Ordinary Girl in a Tiara est adapté d’un roman de Jessica Hart, publié dans une version bien plus classique et hétérocentrée. La production de The CW a choisi de prendre ses distances avec ce matériau de départ pour proposer une relecture LGBTQ+.

 

Lorsque l'amatrice de mode vintage Caro Cartwright accepte d'héberger son ennemie d'enfance devenue héritière de la haute couture, Philippa Levreaux, les étincelles fusent.

 

Un choix qui ne se limite pas à un simple changement de genre des personnages, mais qui modifie aussi la dynamique émotionnelle du récit. Ici, pas de prince ni de faux couple royal. L’histoire se concentre sur deux femmes que tout oppose, réunies par les circonstances et un passé commun pas vraiment apaisé. Ce parti pris donne au téléfilm une identité plus contemporaine, en phase avec une partie du public qui attend autre chose que les romances formatées habituelles. Le cœur du récit repose sur Caro Cartwright et Philippa Levreaux. Caro, interprétée par Katharine King So, est une passionnée de mode vintage, indépendante, créative, et plutôt ancrée dans une vie simple. 

 

Philippa, incarnée par Kathryn Gallagher, vient d’un tout autre milieu : héritière d’un empire de la haute couture, elle traîne avec elle une image de femme privilégiée, parfois perçue comme froide ou inaccessible. Le point de départ est classique mais efficace : Caro accepte d’héberger Philippa, malgré des tensions passées et une rivalité jamais totalement digérée. La cohabitation forcée sert de terrain de jeu à une romance construite sur le principe des opposés qui s’attirent. Rien de nouveau sur le papier, mais l’alchimie entre les actrices rend l’ensemble crédible. S’il y a un élément qui fonctionne vraiment dans Ordinary Girl in a Tiara, c’est la relation entre les deux personnages principaux. La complicité, les regards, les silences et même les maladresses donnent une certaine sincérité aux scènes romantiques. 

 

Les moments de rapprochement ne semblent pas mécaniques, ce qui est loin d’être toujours le cas dans les téléfilms de ce genre. Les scènes de baisers sont traitées avec naturel, sans sensation de retenue excessive ni volonté de provoquer. Cette approche contribue à normaliser la romance lesbienne dans un cadre grand public, ce qui reste encore assez rare dans les comédies romantiques diffusées sur des chaînes comme The CW. Impossible de parler de Ordinary Girl in a Tiara sans évoquer la place centrale de la mode. Les costumes jouent un rôle narratif à part entière, servant autant à caractériser les personnages qu’à souligner leur évolution. 

 

Les tenues de Caro reflètent son goût pour l’authenticité et le rétro, tandis que celles de Philippa incarnent un monde plus rigide, lié aux attentes familiales et sociales. Au fil du téléfilm, les styles se croisent, s’influencent, et deviennent un moyen d’expression émotionnelle. Sans être spectaculaire, l’aspect visuel apporte une vraie identité au film et compense en partie un budget de production assez modeste. Il serait malhonnête de prétendre que Ordinary Girl in a Tiara surprend par son scénario. Le déroulé est prévisible, avec des étapes bien identifiées : tensions initiales, rapprochement progressif, conflit émotionnel, puis résolution attendue. Les amateurs de rom-coms reconnaîtront immédiatement les tropes utilisés, du passé conflictuel à la transformation personnelle plus émotionnelle que physique.

 

Cela dit, le téléfilm ne cherche jamais à cacher cette dimension. Il assume pleinement son statut de divertissement confortable, pensé pour être regardé sans effort, notamment pendant les fêtes. Cette honnêteté joue en sa faveur.  Ordinary Girl in a Tiara n’est pas un film marquant, ni une œuvre qui bouleverse les codes du genre. En revanche, il remplit correctement sa mission : proposer une romance douce, inclusive et agréable à regarder. La réalisation reste simple, parfois un peu plate, mais jamais désagréable. Le rythme est fluide, les dialogues fonctionnels, et l’ensemble se regarde sans lassitude.

 

Ce téléfilm trouve surtout sa place dans la vague actuelle de romances queer plus visibles dans les productions grand public. Il n’ouvre pas de nouvelles portes, mais il contribue à rendre ces histoires plus familières, plus accessibles. Avec Ordinary Girl in a Tiara, The CW livre une comédie romantique lesbienne honnête, portée par une bonne alchimie et un univers visuel soigné autour de la mode. Malgré un scénario très balisé, le film parvient à toucher grâce à ses personnages et à son ton bienveillant. Une proposition idéale pour un visionnage sans prise de tête, surtout si les romances feel-good font partie des plaisirs assumés.

 

Note : 5.5/10. En bref, avec Ordinary Girl in a Tiara, The CW livre une comédie romantique lesbienne honnête, portée par une bonne alchimie et un univers visuel soigné autour de la mode. Malgré un scénario très balisé, le film parvient à toucher grâce à ses personnages et à son ton bienveillant.

Ordinary Girl in a Tiara fait partie de la collection de téléfilms de The CW en collaboration avec la série de romans Harlequin. 

 

Retour à l'accueil

Partager cet article

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
À propos
delromainzika

Retrouvez sur mon blog des critiques de cinéma et de séries télé du monde entier tous les jours
Voir le profil de delromainzika sur le portail Overblog

Commenter cet article