10 Décembre 2025
Savvy Sheldon: Feels Good as Hell // De Samantha MacAdam. Avec Amber Riley, Nykeem Provo et Robin Dunne.
Savvy Sheldon: Feels Good as Hell ne cherche pas à révolutionner quoi que ce soit mais à nous offrir un moment doux, léger et réconfortant. Rien de dérangeant là-dedans : parfois, un récit chaleureux et prévisible fait exactement l’affaire. Mais il faut le reconnaître, ce n’est pas un titre qui va bouleverser le genre ou marquer une nouvelle étape dans la romance télévisée. C’est mignon, c’est tendre, et Amber Riley tient tout le téléfilm sur ses épaules avec un naturel qui donne envie de la suivre. Cela dit, passé ce plaisir-là, le téléfilm reste dans des rails très classiques. Savannah “Savvy” Sheldon, incarnée par Amber Riley, est le cœur du récit. Riley a ce talent de rendre son personnage immédiatement sympathique, avec une présence qui respire la sincérité.
Savvy Sheldon jongle avec beaucoup de choses : un travail stressant et peu gratifiant, une relation ambiguë et la vieille cuisine usée qu’elle a héritée de sa grand-mère adorée, qui lui a transmis son amour de la cuisine ainsi qu’un véritable trésor de recettes. Soutenue par sa mère et sa meilleure amie, Savvy décide de reprendre son destin en main et se lance dans diverses rénovations, qu’il s’agisse de sa carrière ou de sa cuisine.
Savvy sort d’une relation longue avec Jason, un partenaire dont les intentions n’étaient pas forcément mauvaises mais qui, dans les faits, contribuait à la priver d’air. Le téléfilm ne force pas le trait, mais c’est assez clair : Savvy avait mis beaucoup de choses entre parenthèses. On sent que cette rupture ouvre un espace où elle doit réfléchir à ce qu’elle veut réellement faire de sa vie — et cela parle à beaucoup de monde. Ce qui m’a plu, c’est que le téléfilm ne transforme pas cette remise en question en transformation spectaculaire. Savvy se recentre, s’active, cuisine, retrouve ses envies… mais ne cherche pas à devenir quelqu’un d’autre. Ce choix évite un cliché trop courant dans les romances télévisées, et j’ai trouvé ça plutôt sain.
C’est aussi un bon point niveau représentation : on ne pousse pas Savvy à entrer dans un moule pour mériter l’amour ou la réussite. La cuisine joue un rôle important dans sa reconstruction. Savvy cuisine pour se faire plaisir, pour honorer le souvenir de sa Nani et pour exprimer sa créativité. Ces moments en disent souvent plus que les dialogues. Le téléfilm place aussi quelques touches liées à son héritage trini : par petites touches, sans en faire un argument marketing, mais assez pour apporter une identité culinaire et familiale agréable. Rien de démonstratif, juste de quoi donner un parfum particulier à l’ensemble. À côté de ça, sa relation avec sa mère, Tiny, est probablement un des éléments les plus réussis.
Tiny apporte une énergie amusante, un humour sans filtre et une complicité avec Savvy qui sonne juste. Leur duo fonctionne parce qu’il ressemble à ces relations mère-fille adultes où l’amitié finit par se mêler au lien familial. Tiny n’est pas qu’un ressort comique : elle existe, elle avance, elle rit, elle flirte, et ça donne un souffle vivant aux scènes où elle apparaît. Le téléfilm reste léger, mais ce type de personnage rend l’univers plus chaleureux. Sur le plan romantique, l’arrivée d’Isaiah donne au récit un rythme plus doux que passionnel. Le téléfilm prend son temps, et j’ai apprécié que la romance ne soit pas présentée comme la clé de la guérison. Isaiah est un gars simple, bienveillant, un peu maladroit parfois, en pleine reconstruction lui aussi.
Leur relation se tisse autour de gestes discrets, de regards et de petits moments de partage. C’est loin des coups de foudre théâtraux, mais l’ensemble respire la tendresse. La façon dont Isaiah rénove la cuisine de Savvy, en tenant compte de sa personnalité et de ses souvenirs, a une vraie valeur symbolique — sans être noyée sous les violons. Maintenant, soyons honnêtes : si les personnages féminins bénéficient d’un soin particulier, les personnages masculins secondaires, eux, manquent d’épaisseur. Ryan, le patron, oscille entre l’humour et la caricature légère, sans devenir agaçant mais sans véritable impact. Ken apporte un peu de comédie mais reste peu exploité.
Will, quant à lui, traverse un arc émotionnel intéressant sur le papier, mais son attitude laisse parfois penser qu’il lutte plus contre sa propre insécurité que pour le bien-être de son couple. Ce n’est pas dérangeant, mais ça reste assez prévisible. Le téléfilm tente d’explorer les peurs autour du changement — la peur de perdre l’autre dès qu’il évolue, ou de ne plus être assez bien pour rester dans son histoire — mais il s’y attarde sans aller très loin. On ressent ce que le téléfilm veut montrer, mais ça reste en surface. Encore une fois, ça n’enlève rien au charme global, mais ce sont ces petites limites qui empêchent l’ensemble de devenir vraiment marquant.
Il y a aussi Chef Lucia, personnage inspirant qui reconnaît la passion de Savvy et l’encourage à pousser ses ambitions. Leurs scènes sont bonnes, mais un peu trop peu nombreuses à mon goût. Leur complicité aurait pu offrir un axe encore plus fort sur la trajectoire professionnelle de Savvy. Le téléfilm reste tout de même clair : Lucia joue un rôle dans le fait que Savvy se sente légitime à poursuivre ses rêves. En fin de compte, Savvy Sheldon: Feels Good as Hell est un téléfilm agréable, qui se regarde facilement et qui laisse une impression de douceur. Ce n’est pas une révolution romantique, ni un téléfilm qui va briser les codes du genre. Il fait exactement ce qu’il promet : un moment tendre, porté par une héroïne lumineuse et par une romance discrète mais touchante.
Si l’objectif est de regarder quelque chose de positif, sans drame pesant, alors il fait très bien le job. Mais si on cherche une comédie romantique qui surprend ou qui réinvente la formule, ce n’est pas ici qu’on la trouvera. Cela dit, je recommanderais volontiers ce téléfilm à quelqu’un qui a envie d’une histoire de reconstruction simple, où la douceur prime sur les effets. Amber Riley est convaincante, sincère, et la voir évoluer dans un rôle qui lui va si bien rend le visionnage agréable. Rien de neuf sous le gui, oui, mais parfois, ça suffit largement.
Note : 6/10. En bref, Savvy Sheldon: Feels Good as Hell est un téléfilm agréable, qui se regarde facilement et qui laisse une impression de douceur. Ce n’est pas une révolution romantique, ni un téléfilm qui va briser les codes du genre. Il fait exactement ce qu’il promet : un moment tendre, porté par une héroïne lumineuse et par une romance discrète mais touchante.
Prochainement en France
Savvy Sheldon fait partie de la collection de téléfilms de The CW produits en collaboration avec les romans Harlequin.
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