Critique Téléfilm : Paws in the City (2025, The CW)

Critique Téléfilm : Paws in the City (2025, The CW)

Paws in the City / Le coeur en laisse // De John L'Ecuyer. Avec Emeraude Toubia, Carter Jenkins et Brittany Drisdelle.

 

Les téléfilms romantiques diffusés en décembre promettent souvent un moment léger, un peu de magie et quelques sourires. Paws in the City, proposé par The CW dans le cadre de sa collection en partenariat avec Harlequin, coche toutes ces cases… mais sans jamais dépasser le registre du divertissement convenu. Le film, réalisé par John L’Ecuyer en partenariat avec Harlequin Studios, laisse une impression mitigée, presque fade, comme si tout avait été pensé pour fonctionner juste assez, sans réelle ambition. L’histoire suit Issa, jouée par Emeraude Toubia, experte en réseaux sociaux qui voit sa carrière chavirer après une gaffe virale. Ce point de départ, déjà vu dans quantité de fictions centrées sur le monde numérique, manque ici d’impact. 

 

Issa se retrouver à s’occuper de Camila, une teckel diva.

 

La chute d’Issa est expédiée, sans tension, sans émotion, comme si le film craignait de s’attarder sur ce qui aurait pu donner du relief au personnage. À la place, l’intrigue file vers une reconversion improbable : devenir dog-sitter pour Camila, une teckel diva appartenant à un propriétaire mystérieux incarné par Carter Jenkins. Sur le papier, l’idée d’une romance construite autour d’un chien star peut paraître amusante. En pratique, Paws in the City repose trop sur ce ressort pour masquer un scénario très prévisible. Camila, pourtant adorable, finit par devenir l’unique source d’énergie du film, au point de voler la place laissée vide par un récit peu inspiré. 

 

Chaque scène où la chienne apparaît semble conçue pour compenser une écriture qui tourne en rond, et cela se ressent rapidement. Le slogan « The Dachshund Wears Prada » annonce d’emblée une parodie du glamour new-yorkais, mais cette promesse reste à moitié tenue. Le film joue timidement avec l’idée, sans pousser l’humour, sans en faire un vrai élément narratif. Tout reste en surface. New York devient un décor de carte postale, Issa une héroïne au parcours déjà tracé et le maître de la teckel un personnage charmant mais fade. L’alchimie entre les deux acteurs existe à peine, et le film semble le savoir : plusieurs scènes tentent de compenser cette absence de tension en multipliant les échanges rapides, les taquineries un peu forcées, voire des moments qui semblent improvisés pour donner l’illusion de spontanéité.

 

Le chemin de rédemption d’Issa suit une ligne trop droite, sans surprise, sans détour. Sa chute professionnelle promettait un vrai enjeu émotionnel, mais le film se contente d’en faire une anecdote destinée à justifier sa rencontre avec Camila et son propriétaire. Même son talent pour les réseaux sociaux, pourtant crucial dans son arc narratif, n’apporte que des solutions faciles à des problèmes trop rapidement résolus. À mesure que l’intrigue avance, l’impression de survol se renforce. Du côté des avis en ligne, beaucoup saluent la présence du chien, mais ce n’est pas vraiment un compliment pour le reste. Plusieurs réactions soulignent que Camila est l’élément le plus attachant du film, ce qui en dit long sur l’impact limité du couple principal. 

 

Certains spectateurs évoquent une romance sympathique mais très formatée, avec une fin expédiée, ce qui reflète parfaitement le rythme du dernier acte. Tout semble se précipiter, comme si le film se rendait compte trop tard qu’il devait conclure l’intrigue, au détriment de la crédibilité des émotions. Les dialogues souffrent du même problème. Un banter censé être charmant devient répétitif, parfois artificiel. Les tentatives d’humour léger apportent de la douceur, mais rarement de vrais moments marquants. Même les scènes où Issa tente d’apprivoiser la petite teckel auraient pu gagner en naturel et en spontanéité. À force de vouloir rester dans la tonalité feel-good, le film élimine toute forme de relief, ce qui finit par l’affadir davantage.

 

Le message autour des dangers des réseaux sociaux est également traité de manière trop simpliste. Plutôt que d’explorer l’impact émotionnel d’un faux pas numérique, le film réduit le sujet à quelques petites phrases moralisatrices qui arrivent comme un cheveu sur la soupe. Une approche plus nuancée aurait permis d’offrir une vraie évolution au personnage d’Issa, mais ce potentiel reste inexploité. Visuellement, Paws in the City remplit son rôle sans chercher à aller plus loin. Les décors sont jolis, les rues de New York capturées avec une lumière chaleureuse, mais tout manque de personnalité. Rien ne différencie vraiment ce téléfilm des nombreuses romances produites pour combler les soirées d’hiver. 

 

Il reste malgré tout quelques moments agréables, principalement grâce à Camila. Les scènes où la teckel exprime son caractère diva apportent un peu de fraîcheur, et certaines réactions d’Issa face aux caprices de l’animal déclenchent un sourire sincère. Mais cette dépendance au potentiel comique du chien montre aussi le déséquilibre général du film. Une romance censée être portée par deux acteurs talentueux finit par reposer sur un animal qui n’a évidemment pas la charge des émotions profondes. En comparant Paws in the City à d’autres productions de la même période, la différence se remarque rapidement. Certains téléfilms du même registre tentent au moins de surprendre ou d’approfondir leurs thèmes. 

 

Ici, tout semble figé dans une formule trop sage, presque mécanique, qui manque de passion autant que d’audace. En fin de compte, Paws in the City laisse une impression mitigée. Le film se regarde sans effort mais ne marque pas. Il propose une romance douce, mais sans âme, un décor charmant, mais sans caractère, et un duo qui ne parvient jamais à vraiment briller. Camila, adorable teckel, devient l’élément le plus vivant de l’ensemble, ce qui souligne encore davantage la faiblesse du récit. Pour un moment totalement relax sans attente particulière, le téléfilm peut remplir son rôle. Mais pour celles et ceux qui espèrent une romance plus vibrante, plus touchante ou simplement plus inspirée, l’expérience risque de décevoir. 

 

Note : 4/10. En bref, Paws in the City ressemble à une petite douceur hivernale qui manque de goût : agréable sur le moment, mais vite oubliée.

Prochainement en France

 

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