Critique Téléfilm : Summer’s Last Resort (2026)

Critique Téléfilm : Summer’s Last Resort (2026)

Summer’s Last Resort // De Melanie Scrofano. Avec Sophia Bush, Jerry O'Connell et Violet McGraw.

 

Les téléfilms qui mélangent les amours de vacances, les valises au soleil et les petites crises familiales, on commence à bien connaître la chanson. Ce genre d'histoire suit souvent une recette écrite à l'avance, et Summer's Last Resort ne cherche absolument pas à réinventer la roue. Dès les cinq premières minutes, on devine déjà la fin et une bonne partie des rebondissements. Pourtant, malgré une écriture hyper classique et des choix parfois un peu bizarres, le film s'en sort étonnamment bien. C'est le genre de surprise agréable qu'on doit surtout à une bande d'acteurs qui se donnent à fond pour faire vivre l'ensemble. 

 

Une ado stressée se retrouve coincée en vacances avec le petit ami ringard de sa mère, qui est aussi son proviseur adjoint, et complote secrètement pour les séparer.

 

L'histoire tourne autour de Summer, une ado très carrée, un brin stressée, qui aime que tout soit rangé dans des cases. Sa vie bascule quand sa mère, Milly, tombe raide dingue amoureuse de Glenn. Petit détail qui coince : Glenn est aussi le proviseur adjoint de son lycée. L'idylle avance à une vitesse folle, ce qui commence sérieusement à faire paniquer la jeune fille. Les choses s'accélèrent encore quand Glenn décide d'embarquer toute la petite famille dans un club de vacances aux Caraïbes. Le but officiel est d'assister à une remise de prix pour son boulot, mais Summer flaire le piège. Persuadée que ce couple va droit dans le mur, elle monte à bord avec la ferme intention de saboter le projet avant que les choses ne deviennent trop sérieuses.

 

Une fois sur place, le décor est planté pour les habituels quiproquos, gaffes en tout genre et rencontres fortuites. Summer fait notamment la connaissance de Crosby, un jeune Canadien super timide mais terriblement attachant, qui va bousculer un peu ses plans et ses certitudes. Le gros point faible du film se situe du côté du script. L'écriture manque cruellement d'originalité et pas mal de scènes donnent une impression de déjà-vu assez tenace. Les dialogues tentent d'enchaîner les punchlines et les moments drôles, mais le rythme tombe parfois à côté. On sent que les personnages sont un peu voisins de clichés : la romance express, l'ado rebelle qui rejette le nouveau beau-père, le séjour paradisiaque qui vire au grand n'importe quoi, pour finir sur les inévitables larmes et réconciliations autour de la piscine. 

 

Ce manque flagrant de surprises empêche le film de passer un cap, même si le rythme reste assez soutenu pour qu'on ne trouve pas le temps long. La super bonne surprise, c'est l'interprétation de Violet McGraw. Elle réussit à rendre Summer humaine et attachante, alors que le rôle aurait pu vite devenir agaçant sur le papier. L'ado contrôle-tout peut facilement énerver, mais l'actrice y met tellement de naturel et de fraîcheur que ses réactions finissent par sembler logiques. On comprend rapidement que derrière ses airs de petite cheffe se cache une jeune fille qui flippe tout simplement de voir son équilibre exploser. Cette vulnérabilité apporte une vraie épaisseur à l'histoire. 

 

De plus, ses scènes avec Crosby amènent une douceur bienvenue. Leur complicité maladroite colle pile-poil à l'esprit de l'adolescence. À ses côtés, Jerry O'Connell s'amuse visiblement beaucoup en incarnant Glenn. Son personnage passe son temps à ramer pour se faire accepter par Summer, accumulant les bourdes avec une bonne volonté touchante. Ses efforts désespérés pour passer pour le beau-père idéal offrent les moments les plus drôles du film. Même quand le scénario glisse vers des situations un peu ridicules, l'acteur garde une sincérité globale qui rend Glenn hyper sympathique. Finalement, la dynamique entre lui et Violet McGraw fonctionne bien mieux que l'intrigue amoureuse principale.

 

Le personnage de la mère, Milly, risque de diviser un peu plus le public. Le film essaie de nous dépeindre une femme spontanée, pleine d'énergie et résolue à croquer la vie à pleines dents. Le problème, c'est que son comportement frôle parfois l'inconscience. Certaines de ses réactions manquent de crédibilité et son enthousiasme permanent finit par fatiguer. Ce n'est pas tant le jeu de Sophia Bush qui est en cause, mais plutôt la façon dont son rôle a été écrit. Une petite touche de nuance et de maturité aurait permis de mieux s'attacher à elle. Heureusement, le film se rattrape avec des séquences mémorables. Impossible de louper la fameuse scène du dauphin qui vire complètement au délire absurde et laisse une impression aussi bizarre qu'hilarante. 

 

Le film enchaîne d'ailleurs les petites catastrophes réjouissantes : une compétition sur la plage qui dérape, une demande en mariage sabotée au dernier moment et les manigances du jeune Grayson, un second rôle très drôle qui passe ses journées à privatiser les meilleurs transats de la piscine pour les louer en douce aux touristes. Même si le tournage n'a visiblement pas eu lieu dans les Caraïbes, l'ambiance visuelle fonctionne à plein régime. Entre les plages de sable fin, les soirées à thème et le bleu de l'océan, les paysages jouent leur rôle à merveille. Ce cadre ensoleillé apporte un vrai charme et fait oublier les grosses ficelles de l'intrigue.

 

Note : 5/10. En bref, Summer's Last Resort ne va pas bouleverser l'histoire du cinéma, et ce n'est d'ailleurs pas son but puisque c’est un téléfilm. C'est une comédie romantique sans prétention, très prévisible, mais portée par un casting vraiment convaincant et une ambiance chaleureuse qui donne immédiatement envie de plier bagage. Un petit film pop-corn parfait pour une fin de soirée d'été, qui se regarde tout seul et laisse une note positive malgré ses défauts d'écriture.

Prochainement en France

 

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