Critiques Séries : Tracker. Saison 3. Episode 8.

Critiques Séries : Tracker. Saison 3. Episode 8.

Tracker // Saison 3. Episode 8. Eurydice.

 

Avec “Eurydice”, Tracker propose un épisode qui m’a davantage touché que je ne l’aurais imaginé. Non pas parce qu’il multiplie les rebondissements (la série en a déjà l’habitude, surtout depuis le début de la saison 3), mais parce qu’il aborde un thème délicat : celui de la maternité, des liens familiaux et des choix que l’on fait lorsque l’on croit protéger un enfant. Après les épisodes 6 et 7, qui avaient chacun leur lot de tensions sociales et morales, celui-ci m’a paru plus intime, presque étouffant par moments, et c’est probablement ce qui en fait sa force. L’histoire débute sur un souvenir douloureux : la disparition d’Aubrey, une fillette enlevée un an plus tôt alors que sa mère, Sierra, était en pleine descente alcoolisée. 

 

Dès cette scène — courte mais brutale — j’ai compris que l’épisode ne me laisserait pas indemne. Un an plus tard, une découverte inattendue relance l’enquête : la petite robe ensanglantée d’Aubrey réapparaît mystérieusement dans le jardin de Sierra. Tracker a déjà joué avec le temps, mais ici, le choix de sauter aussi loin dans la chronologie donne au récit une tonalité froide, comme si la ville elle-même avait fait son deuil que Colter, lui, refuse d’accepter. Ce que j’apprécie avec Colter, c’est sa façon d’avancer quand tout le monde abandonne. 

On l’a déjà vu dans des situations similaires, surtout dans l’épisode 6 qui abordait aussi des blessures familiales, mais “Eurydice” pousse plus loin ce trait de caractère : il ne juge pas Sierra, ne minimise pas ses erreurs, mais il considère que chaque histoire mérite d’être éclaircie, même si elle semble perdue d’avance. Assez vite, l’épisode prend une direction différente de ce qu’on pouvait imaginer. Les premiers soupçons de la police se portent sur Sierra, une mécanique que la série connaît bien : méfiance envers les parents, poids des addictions, réputation détruite… Mais ici, l’enquête se retourne plusieurs fois. Plus les indices s’accumulent, plus la situation échappe à toute logique apparente. 

 

L’impression d’un puzzle que quelqu’un aurait volontairement mélangé renforce le sentiment d’urgence. Quand la possibilité qu’Aubrey soit encore vivante est évoquée, je me suis surpris à hésiter : est-ce crédible ? Est-ce une de ces concessions scénaristiques que l’on accepte parce que l’on veut y croire ? Peut-être. Mais Tracker réussit à rendre cette hypothèse plausible en la reliant à quelque chose de profondément humain : la peur de perdre un enfant et la conviction — parfois déformée — de savoir ce qui est le mieux pour lui. La vérité éclate finalement dans une révélation que je n’avais pas anticipée, même si elle m’a rappelé, dans l’esprit, certaines dynamiques morales vues dans l’épisode 7. 

Aubrey n’a pas été enlevée par un inconnu, mais retenue par ses propres grands-parents. Cette idée, déjà douloureuse sur le papier, devient encore plus troublante lorsqu’on découvre qu’ils ont inventé une nouvelle vie pour la fillette, effaçant Sierra de son histoire. Je trouve que la série réussit là où elle pourrait facilement basculer dans le manichéisme. Tout n’est pas blanc ou noir. Les grands-parents aiment Aubrey — c’est évident — mais leurs choix sont lourds de conséquences. Sierra, de son côté, porte la responsabilité de ses années d’addiction, et l’épisode ne cherche pas à l’absoudre. Pourtant, elle s’est reconstruite. Et cette reconstruction, discrète et sans emphase, m’a semblé être le vrai fil conducteur de l’histoire.

 

Un autre point qui m’a marqué est la présence de Reenie. On la voit peu physiquement dans la série, ce qui rend ses apparitions toujours précieuses. Sa rencontre avec Colter à la fin de l’épisode — rare et presque fragile — donne un souffle humain à une enquête sombre. Leur dynamique, effleurée depuis plusieurs saisons, se retrouve ici dans un échange simple mais sincère. Ces quelques minutes suffisent à rappeler que Tracker ne repose pas que sur ses courses-poursuites ou ses confrontations musclées : la série sait aussi créer des liens émotionnels solides. Quant à Colter, fidèle à lui-même, il avance, observe, reconstruit, et finit par stopper une fuite qui aurait pu condamner Aubrey à une vie coupée du monde. 

Une fois encore, il agit en équilibre entre instinct, lucidité et sens moral. Et comme souvent, il repart presque en silence, laissant derrière lui des familles qui devront réapprendre à respirer. 

 

Note : 6.5/10. En bref, un épisode où l’enquête sur la disparition d’une fillette devient un miroir des failles familiales, offrant un récit tendu et profondément humain sans jamais trancher entre ce qui est juste et ce qui paraît nécessaire.

Prochainement sur Disney+, TF1 et TF1+

 

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