Critique Ciné : Muzzle 2 : City of Wolves (2025, direct to SVOD)

Critique Ciné : Muzzle 2 : City of Wolves (2025, direct to SVOD)

Muzzle 2 : City of Wolves // De John Stalberg Jr.. Avec Aaron Eckhart, Tanya van Graan, Karl Thaning et Grant Ross.

 

Il y a des suites qui arrivent par surprise. Muzzle: City of Wolves, lui, débarque comme un rappel brutal : tout film peut revenir d’entre les morts, même quand personne ne l’a demandé. Le premier Muzzle n’avait déjà pas laissé une grande trace dans l’histoire du cinéma — et c’est probablement la raison pour laquelle quelqu’un a pensé que donner une suite serait une idée brillante. Résultat : un film d’action qui semble avoir été assemblé à la dernière minute, sans réelle direction et sans autre ambition que de remplir une heure trente… qui en paraît deux. Avant même que le générique ne termine de défiler, le constat se fait sentir : ce film existe, oui, mais sans conviction. Et moi, j’ai dû l’endurer.

 

L’ancien maître-chien Jake, hanté par son passé, voit sa vie paisible voler en éclats quand un gang s’attaque sauvagement à sa famille. Accompagné de son nouveau partenaire K-9, Argos, il démantèle un trafic de drogue, affronte des responsables corrompus et livre bataille contre ses propres démons intérieurs tout en traquant les criminels.

 

Jake Rosser (Aaron Eckhart) est de retour, et à en juger par son expression, il aurait préféré rester chez lui. Au lieu de ça, il se retrouve plongé dans une quête de vengeance contre un cartel qui semble avoir comme principal talent celui de distribuer sa méchanceté au hasard, sans logique et sans subtilité. Jake a quitté la police, s’est rangé avec sa femme Mia et leur bébé, et entraîne désormais des chiens pour les forces de l’ordre. Une activité calme… jusqu’à ce qu'un chef de cartel invisible décide de transformer sa vie en parcours du combattant explosif. Le film tente de présenter Jake comme un homme rongé par le passé, mais l’écriture tellement plate finit par donner l’impression qu’il traverse toutes les scènes avec la même énergie qu’un téléphone à 2 %. 

 

Le personnage a pourtant un bagage : un ancien Marine, un flic marqué par la mort de son premier chien, et un homme qui cherche à retrouver un semblant de paix. Malheureusement, la mise en scène ne semble pas au courant. Tout ce traumatisme, toute cette charge émotionnelle ? Perdu en chemin, probablement écrasé sous un montage frénétique. Le film commence fort : le deuxième chien de Jake, Socks, explose littéralement avant même que l’intrigue ne démarre réellement. L’animal était essentiel dans le premier film… mais ici, sa disparition sert surtout à justifier l’arrivée express d’Argos, le nouveau chien. Il faut croire que dans cet univers, les chiens sont interchangeables, comme les figurants qu’on observe disparaître d’une scène à l’autre sans aucune raison.

 

Argos, au moins, apporte un peu de vie. L’animal est souvent le seul à produire une réaction crédible, ce qui n’est pas difficile dans un casting où même les personnages principaux semblent lutter pour donner un minimum de relief. On ne demande pas un Rex ou un Uggie, mais de là à constater que le chien a plus de présence que la moitié des humains à l’écran… Le cartel, parlons-en. Mené par un chef quasi invisible, doublé d’une voix qui semble sortie d’un atelier d’imitation de méchants économiques, l’organisation terrorise tout ce qui bouge avec une cohérence de ficelle. Ce leader possède une capacité incroyable : prévoir chaque action de Jake avec un niveau de précision digne d’une IA mal calibrée. 

 

Tout est piégé, tout est anticipé, sauf évidemment son propre manque de charisme et son final expédié en deux coups de cuillère à pot. Le grand antagoniste apparaît à peine… puis sort du récit comme s’il avait lui-même décidé qu’il était temps d’aller faire autre chose. Une sortie de scène aussi molle mérite presque un applaudissement tant elle résume parfaitement le film : beaucoup d’esbroufe pour rien. Comme si l’intrigue n’était pas assez brouillonne, le scénario décide de s’offrir une parenthèse analyse sociopolitique. Soudain, Jake se retrouve accusé d’être un extrémiste suprémaciste blanc, ce qui donne lieu à quelques scènes surréalistes, notamment une tirade d’un complotiste venu expliquer au public que tout est mensonge, manipulation et propagande.

 

Cette tentative d’intégrer une critique politique ressemble à un collage mal découpé. Elle surgit sans préparation, ne s’intègre jamais au récit, et semble surtout exister pour satisfaire une envie de provoquer… sans jamais avoir la force ou l’intelligence de le faire correctement. Passons à l’action. Si le spectateur espère un film pêchu façon John Wick, il risque de s’étouffer dans sa déception. Chaque fusillade semble montée comme un devoir de montage bâclé, les combats se traînent, les explosions manquent d’impact, et les plans tremblotants donnent l’impression qu’un téléphone de 2013 a servi de caméra principale. L’action pourrait rattraper le manque d’idée, mais encore une fois, elle s’embourbe dans des décisions visuelles étranges. 

 

Les angles ne racontent rien, la lumière enterre littéralement les personnages, et le montage transforme parfois des séquences simples en véritables casse-têtes de compréhension. Le film souffre d’un manque d’identité total. Rien ne semble réfléchi : la structure part dans tous les sens, la narration se contredit elle-même, et certaines scènes semblent provenir d’un autre film qui n’a jamais vu le jour. Même la direction d’acteurs paraît inexistante. Les personnages parlent comme s’ils découvraient leurs lignes au moment où la caméra tourne. À plusieurs reprises, le film donne l’illusion qu’il va enfin prendre une direction claire. Une scène intéressante apparaît, une dynamique semble prendre forme… puis tout s’évapore, remplacé par un énième moment d’action bancale ou une nouvelle idée mal exploitée.

 

Le climax, censé concentrer la tension, traîne en longueur avant de se débarrasser brusquement de son propre enjeu. L’antagoniste tombe, l’histoire s’arrête, et le film quitte l’écran comme un élève qui rend sa copie en retard et à moitié blanche. Ce n’est pas tant une fin qu’un aveu d’épuisement. Muzzle: City of Wolves cumule les maladresses : une intrigue bancale, une mise en scène chaotique, une politique bricolée, un méchant risible, des dialogues qui semblent écrits en pilote automatique, des scènes d’action mollassonnes et un montage qui ferait passer un tutoriel amateur pour une masterclass. Aaron Eckhart fait ce qu’il peut, mais impossible de sauver un film qui semble décidé à saboter chaque élément potentiellement intéressant. 

 

Même les chiens, pourtant les meilleurs acteurs du lot, finissent sacrifiés au service d’un récit qui ne sait jamais où aller. Film trop sombre, trop confus, trop sûr de lui et pourtant incroyablement vide : City of Wolves confirme que toutes les suites ne devraient pas exister. Certaines franchises méritent de dormir en paix. Et celle-ci… méritait même d’y rester dès le premier film.

 

Note : 2/10. En bref, City of Wolves confirme que toutes les suites ne devraient pas exister. Certaines franchises méritent de dormir en paix. Et celle-ci… méritait même d’y rester dès le premier film.

Prochainement en France en SVOD

 

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