Gamera contre Gyaos (Blu-ray)

Gamera contre Gyaos (Blu-ray)

Roboto Films continue de faire plaisir à sortir des coffrets Blu-ray de films méconnus et/ou disparus. Après un premier film, me voilà donc lancé dans le troisième volet de la saga Gamera avec Gamera contre Gyaos. Le coffret Blu-ray édité par Roboto Films contient trois films (Daikaijū Gamera, Gamera contre Barugon et Gamera contre Gyaos). 

 

Ca parle de quoi ?

Une éruption volcanique réveille une énorme chauve-souris assoiffée de sang. Alors que tous les plans de l’armée se soldent par des échecs, Gamera revient pour affronter la créature et protéger le Japon.

 

Gamera contre Gyaos : quand la saga assume son virage héroïque et enfantin

Troisième épisode de la saga, Gamera contre Gyaos marque une étape importante dans l’évolution du célèbre monstre japonais. Après un premier film fondateur et un second opus plus sombre et adulte, ce nouvel affrontement opère un retour assumé vers une formule plus accessible, plus naïve, mais aussi plus représentative de ce que deviendra durablement l’identité de Gamera. Le résultat est inégal, parfois agaçant, souvent attachant, et clairement destiné aux amateurs du genre. Dès le départ, le film pose son décor sur fond de tensions locales. Des travaux sont interrompus, des intérêts financiers s’opposent, et derrière une façade de défense du territoire se cache une manœuvre bien moins noble. 

 

Cette intrigue presque sociale donne au début du film une saveur inattendue, avant que tout ne bascule avec le réveil de Gyaos, une créature ancienne libérée par la curiosité humaine. À partir de là, le film redevient ce qu’il promet d’être : un spectacle de monstres géants où la menace est immédiate et sans nuance. Contrairement à certains adversaires plus ambigus, Gyaos est présenté comme une créature profondément hostile. Il ne protège rien, ne défend personne et ne cherche qu’à détruire et à se nourrir. Son comportement violent, son attirance pour le sang humain et son apparence évoquant une chauve-souris géante le rapprochent clairement d’un imaginaire vampirique. 

 

C’est un ennemi crédible, dangereux, et l’un des rares à donner réellement l’impression que Gamera pourrait être mis en difficulté. Sur le plan du spectacle, Gyaos ne fait pas dans la demi-mesure. Son rayon destructeur tranche tout sur son passage : avions, véhicules, infrastructures. Certaines scènes de destruction sont particulièrement marquantes, d’autant plus que le film ose montrer des monstres blessés, voire saignants. Ce choix peut surprendre dans un film pensé pour un jeune public, mais il renforce paradoxalement l’intensité des affrontements. Comme souvent dans la saga, les humains occupent une place importante. Scientifiques et militaires sont omniprésents, multipliant hypothèses et plans plus ou moins farfelus pour venir à bout de la menace. 

 

Si ces scènes sont attendues, elles finissent parfois par se répéter et ralentir légèrement le rythme. On retrouve ce schéma typique du kaijū eiga où les personnages humains comprennent toujours, comme par miracle, le fonctionnement exact du monstre après quelques discussions animées. Et puis, fidèle à la “tradition” Gamera, un enfant fait son apparition. Difficile de passer à côté : il crie, il s’enthousiasme, il idolâtre Gamera… et il a tendance à agacer. Son rôle est clairement de servir de relais émotionnel pour les plus jeunes spectateurs. Le problème, c’est que le film le place parfois au-dessus des adultes, au point de lui faire trouver des solutions que des scientifiques chevronnés n’auraient pas envisagées. 

 

Ce parti pris donne au film un ton plus enfantin que Gamera contre Barugon et atténue la gravité de certaines situations. Pourtant, tout n’est pas à jeter dans cette approche. L’enfant incarne une forme d’innocence face à la cupidité et à la bêtise des adultes. Le film n’est d’ailleurs pas très tendre avec ces derniers, souvent présentés comme intéressés, manipulateurs ou inefficaces. Ce contraste renforce l’image de Gamera comme protecteur, non plus seulement de l’humanité, mais surtout des plus faibles. C’est d’ailleurs dans ce film que Gamera endosse pleinement son rôle de gardien de la Terre. Une scène de vol particulièrement marquante, où l’enfant se retrouve sur le dos de la tortue géante, symbolise cette relation protectrice. 

 

Certes, cette séquence pose des problèmes de cohérence avec les capacités de vol établies dans les films précédents, mais elle illustre parfaitement le virage émotionnel de la saga. Le plan final, avec Gamera s’éloignant à l’horizon sur fond de coucher de soleil, accompagné d’une chanson célébrant ses exploits, ne laisse aucun doute : la recette est désormais fixée. Gamera n’est plus seulement un monstre, il est un héros. Gamera contre Gyaos n’est pas le film le plus subtil ni le plus cohérent de la saga, mais il est essentiel pour comprendre son évolution. Au final, si l’on accepte ses facilités, ses incohérences et son ton parfois très enfantin, Gamera contre Gyaos reste un plaisir coupable assumé. 

 

Un film imparfait, mais généreux, qui s’adresse avant tout aux fans de kaijū eiga capables de retrouver leur regard d’enfant et de se laisser porter par le charme naïf d’un cinéma de monstres aujourd’hui disparu.

 

Et le Blu-ray ?

Avec Gamera contre Gyaos, Roboto Films poursuit son travail de valorisation de la saga Gamera à travers une édition Blu-ray et UHD 4K particulièrement soignée. Ce troisième film, souvent apprécié pour son ton plus héroïque et spectaculaire, bénéficie ici d’un traitement qui permet de le redécouvrir dans d’excellentes conditions. Le point fort de cette édition reste sans aucun doute l’image. Le travail réalisé à partir des éléments d’origine offre un rendu impressionnant, respectueux du film tout en lui redonnant un véritable éclat. Les couleurs sont riches et bien équilibrées, notamment lors des scènes en plein jour où le film prend une ampleur visuelle remarquable. 

 

Les décors, les costumes et les effets spéciaux gagnent en lisibilité sans perdre leur charme d’époque. Le célèbre rayon destructeur de Gyaos ressort avec force, apportant un vrai impact aux scènes de destruction. Le résultat est propre, stable et très agréable à regarder, tout en conservant un aspect cinéma authentique. Côté son, l’éditeur a fait le choix de proposer uniquement la version originale japonaise sous-titrée en français. Le rendu est simple mais efficace. Les dialogues sont clairs, la musique trouve naturellement sa place et les cris des monstres ne prennent jamais le dessus. Malgré un format sonore ancien, l’écoute reste confortable et bien maîtrisée, ce qui permet de profiter pleinement du film sans fatigue.

 

Les bonus accompagnant cette édition sont moins nombreux que sur certaines versions étrangères, mais ils se montrent pertinents et intéressants. Une introduction vidéo permet de mieux comprendre le contexte du film et sa place dans la saga, avec des explications accessibles et enrichissantes. Un échange avec les responsables de la restauration apporte également un éclairage appréciable sur les choix effectués, notamment autour des couleurs et de certains détails visuels qui ont suscité débat. Ces interventions donnent une vraie valeur ajoutée au coffret, en mettant en avant le soin apporté à cette nouvelle version. 

 

Enfin, Roboto Films propose également une sélection de bandes-annonces d’autres titres de son catalogue, avec la bonne idée de varier les contenus selon les disques. Un petit plus qui ravira les curieux et les amateurs de cinéma japonais. En résumé, cette édition Blu-ray / UHD 4K de Gamera contre Gyaos est une belle réussite. Elle permet de redécouvrir le film dans des conditions idéales, avec une image éclatante, un son propre et des bonus bien choisis. Un incontournable pour les fans de Gamera et, plus largement, pour les amateurs de films de monstres japonais.

 

Caractéristiques techniques 

Master Haute Définition - Blu-ray 4K UHD : 3840 x 2160p
Son : Version originale DTS-HD Master Audio 2.0 - Sous-titres français
Bonus :
– Présentation de chaque film par Fabien Mauro
– Essai de Jordan Guichaux : « Gamera : création du concurrent idéal »
– Photos de tournages
– Interview de Shinji Higuchi et Shunichi Ogura, superviseurs de la restauration.

Également disponible en coffret 3 Blu-ray.
Coffrets rigides incluant pour les 2 éditions :
3 Digipacks + 1 livret de 60 pages + 10 cartes postales + 1 poster

Prix public conseillé : 79 € TTC le coffret 3 Blu-ray 4K UHD, 65 € TTC le coffret 3 Blu-ray

 

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