24 Décembre 2025
La série Made in Korea démarre sa première saison en plongeant directement dans les tensions géopolitiques de l’Asie de l’Est au début des années 1970. Dès les deux premiers épisodes, le récit installe un univers dominé par la manipulation politique, les faux-semblants et les jeux d’influence. Ce cadre historique, déjà exploité dans d’autres œuvres récentes, rappelle fortement le film Netflix Good News, sorti plus tôt cette année, tant dans ses thématiques que dans certaines situations clés. L’épisode 1 s’ouvre sur un événement central : le détournement d’un avion japonais par un groupe révolutionnaire.
Années 1970. Baek Ki Tae est un homme ambitieux, avide de richesse et de pouvoir. Jang Gun Young est un procureur doté d'un instinct animal et d'une ténacité redoutable. Face à un incident majeur, Jang Gun Young met tout en œuvre pour arrêter Baek Ki Tae.
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Leur objectif est de transformer cet acte en symbole idéologique en forçant l’appareil à rejoindre la Corée du Nord. Très rapidement, la série met en lumière un contraste frappant entre la gravité de la situation et la lenteur des réactions gouvernementales. À bord de l’avion, Kenji apparaît d’abord comme un simple passager chargé d’une mission commerciale. Pourtant, son comportement laisse transparaître autre chose. Il observe les preneurs d’otages, détecte leurs hésitations et exploite leurs contradictions. Cette approche rappelle celle de Good News, où un protagoniste se retrouve également au cœur d’un événement politique majeur, tout en dissimulant ses véritables intentions.
Le pilote de l’appareil joue un rôle discret mais essentiel. Sa décision de feindre un manque de carburant permet de gagner du temps et démontre que, dans cet univers, la survie dépend souvent de choix pragmatiques plutôt que de grands discours. Ce qui ressort particulièrement de cet épisode, c’est l’importance accordée à la parole et à la négociation. Kenji ne cherche pas l’affrontement direct. Il propose, argumente et manipule, allant jusqu’à utiliser le contenu de sa mallette comme monnaie d’échange. Cette manière d’agir ancre la série dans une logique très proche de celle de Good News, où les personnages utilisent les crises comme leviers politiques plutôt que comme simples obstacles.
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Les gouvernements impliqués ne sont pas montrés comme des entités protectrices. Chaque décision semble motivée par des calculs stratégiques, parfois au détriment des civils. Cette vision désenchantée du pouvoir renforce le réalisme du récit, sans pour autant chercher à provoquer artificiellement le spectateur. L’atterrissage forcé de l’avion sur un sol sud-coréen, maquillé pour ressembler à la Corée du Nord, constitue l’un des moments les plus révélateurs de la série. Décors factices, uniformes empruntés et discours préparés à l’avance : tout est faux, mais présenté comme une vérité officielle. Cette séquence fait écho à certaines scènes de Good News, où la manipulation de l’image et du récit national joue un rôle central.
La tension monte progressivement lorsque la supercherie menace d’être découverte. À ce stade, Made in Korea montre clairement que le danger ne vient pas uniquement des preneurs d’otages, mais aussi des institutions censées résoudre la crise. La fin de l’épisode 1 révèle la nature réelle de Kenji. Derrière son identité japonaise se cache Baek Gi-tae, un haut responsable des services de renseignement sud-coréens. Cette révélation redéfinit entièrement les événements précédents. Chaque geste, chaque parole prend un nouveau sens. Cette construction narrative, basée sur un personnage double évoluant entre plusieurs camps, renforce encore la proximité avec Good News, qui reposait déjà sur cette idée d’un homme naviguant entre loyauté officielle et intérêts cachés.
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L’épisode 2 change de registre et adopte une approche plus policière. Le récit se concentre sur Jang Geon-young, un procureur chargé d’enquêter sur un réseau de trafic de drogue impliquant des gangs locaux et des partenaires étrangers. Ce basculement permet d’élargir l’univers de la série et de montrer que les événements du détournement ne sont qu’une pièce d’un puzzle plus vaste. L’enquête autour du meurtre d’un jeune couple apporte une dimension plus intime. Sans insister lourdement sur l’émotion, la série souligne la difficulté de rendre justice dans un contexte où certaines forces échappent à toute poursuite judiciaire.
La confrontation entre Geon-young et Gi-tae ne passe pas par un affrontement frontal. Elle se construit à travers des échanges tendus, des silences et des sous-entendus. Le procureur incarne une forme d’idéal légal, tandis que Gi-tae représente une logique de résultat, quitte à collaborer avec des criminels. La présence constante de micros et de dispositifs de surveillance accentue l’impression d’un monde où chacun est observé. Cette atmosphère pesante rappelle une nouvelle fois Good News même si l’angle du film de Netflix était une comédie alors qu’ici nous sommes face à un drama pur et dur, qui utilisait déjà la surveillance comme outil narratif pour montrer la perte progressive de contrôle des personnages.
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La conclusion de l’épisode 2 marque un tournant. Geon-young comprend qu’il est surveillé et que l’adversaire qu’il cherche à faire tomber est bien plus proche du pouvoir qu’il ne l’imaginait. De son côté, Gi-tae semble prêt à relancer des activités illégales sous couvert d’intérêts nationaux. Ces deux premiers épisodes de Made in Korea posent ainsi les bases d’un thriller politique dense, où la morale est constamment mise à l’épreuve. La ressemblance avec Good News est difficile à ignorer, que ce soit dans la structure du récit, les thématiques abordées ou la représentation cynique des institutions. Reste à voir si la série parviendra à s’en détacher suffisamment pour affirmer sa propre identité au fil des épisodes.
Note : 6/10. En bref, ces deux premiers épisodes de Made in Korea posent ainsi les bases d’un thriller politique dense, où la morale est constamment mise à l’épreuve. La ressemblance avec le film Netflix Good News est difficile à ignorer, que ce soit dans la structure du récit, les thématiques abordées ou la représentation cynique des institutions.
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