Critiques Séries : Made in Korea. Saison 1. Episode 6 (season finale)

Critiques Séries : Made in Korea. Saison 1. Episode 6 (season finale)

Made in Korea // Saison 1. Episode 6. #1.6.

SEASON FINALE

 

L’épisode 6 de Made in Korea clôt la première saison sur une impression paradoxale. Sur le papier, Gi-tae atteint enfin la position qu’il convoite depuis le début. Dans les faits, cette ascension laisse davantage de questions que de satisfaction. Le final ne ressemble pas à une conclusion, mais plutôt à un arrêt temporaire dans une trajectoire plus large. Dès les premières minutes, le récit recentre le conflit idéologique autour de Jang. Convaincu d’agir au nom de la nation, il s’oppose frontalement à la vision cynique de Gi-tae, pour qui le patriotisme n’est qu’un mot creux masquant des rapports de force. Cette opposition aurait pu structurer tout l’épisode, mais elle se dissout rapidement dans un jeu de manipulations politiques.

 

Gi-tae frappe fort en faisant arrêter Jang et sa sœur sur des accusations fabriquées. La scène met en évidence un système où la loi dépend uniquement de l’appui d’un supérieur plus influent. Sans protection, même un procureur devient vulnérable. La réaction du KCIA, presque moqueuse, souligne à quel point la notion de justice est secondaire face à la hiérarchie du pouvoir. La situation bascule lorsque le bureau du procureur sollicite l’intervention de Na. Soutenu par le président, ce dernier impose un rapport de force clair à Cheon. Le message est limpide : les luttes internes doivent rester invisibles à l’approche des élections. Cette injonction déclenche une cascade de trahisons. 

Cheon menace Pyo, Pyo se retourne contre Gi-tae, puis feint un rapprochement avec Jang. À ce stade, la loyauté n’existe plus, remplacée par une simple logique de survie. Le déplacement de l’intrigue au Vietnam crée une collision narrative intéressante. Ki-hyun, parti chercher une forme de légitimité personnelle, se retrouve plongé malgré lui dans les manœuvres de son frère. Gi-tae a déjà préparé le terrain, offrant à Ki-hyun une mission sous couverture censée servir l’État. En réalité, cette mission l’expose à une vérité qu’il aurait préféré ignorer. La coïncidence des lieux, entre trafic d’armes, négociations de drogue et opération militaire, illustre le brouillage total entre intérêts légaux et illégaux. Lorsque Ki-hyun découvre Gi-tae en pleine transaction, le choc est silencieux mais lourd de sens. 

 

Pourtant, il choisit de se taire. La menace de voir sa sœur et lui-même entraînés dans la chute de Gi-tae agit comme un verrou moral. Cette décision renforce l’idée que, dans cet univers, même l’intégrité a un prix. L’explosion qui suit agit comme une rupture brutale. Elle met fin à toute possibilité de dialogue entre les deux frères. Gi-tae, pour la première fois, semble réellement inquiet. Cette inquiétude reste toutefois fugace. Ki-hyun s’éloigne, physiquement et symboliquement, laissant Gi-tae seul face aux conséquences de ses choix. De retour en Corée, Jang tente un dernier coup politique. Soutenu par Na, il prépare une offensive contre Cheon et mise sur une preuve compromettante enregistrée par Gi-tae lui-même. 

L’idée est simple : retourner les armes du manipulateur contre lui. Cette tentative révèle une compréhension tardive du fonctionnement de son adversaire. Gi-tae a toujours anticipé ce genre de scénario. La dégradation de Dae-il et de So-yeong apporte une dimension plus sombre au final. L’addiction, la trahison et l’exploitation interne du réseau montrent que le crime n’épargne jamais ceux qui gravitent trop près du centre. L’arrestation de So-yeong et la mort de Dae-il coupent net toute possibilité de témoignage crédible. Le timing n’a rien d’accidentel. L’interrogatoire entre Jang et Gi-tae constitue le cœur idéologique de l’épisode. Le récit du Vietnam, des ordres absurdes et des sacrifices inutiles, expose la vision du monde de Gi-tae. 

 

Il ne croit ni à la justice ni à la morale institutionnelle. Seul le pouvoir permet de ne plus être écrasé. Cette confession n’est pas une demande de pardon, mais une justification. La chute de Jang arrive rapidement après. Isolé, discrédité, trahi de l’intérieur, il devient le coupable idéal. Le système qu’il pensait servir se retourne contre lui sans hésitation. Sa dernière interrogation, sur le sens de son patriotisme, résonne comme un aveu d’échec personnel plus que politique. Gi-tae, lui, sort renforcé. Il récupère le contrôle de ses alliés, sécurise ses partenariats internationaux et obtient le poste de directeur général du KCIA. Cette réussite n’a rien de triomphal. Elle ressemble davantage à une prise de pouvoir silencieuse, obtenue par élimination successive des obstacles.

Le final de cette saison donne l’impression d’un point d’étape plutôt que d’une conclusion. Beaucoup d’arcs narratifs restent en suspens, notamment celui de Ki-hyun, dont le rôle semble volontairement mis en pause. L’affrontement annoncé entre Gi-tae et des figures encore plus puissantes n’a pas lieu ici. 

 

Note : 5/10. En bref, en refermant cette première saison, Made in Korea laisse une sensation étrange. L’histoire promise semblait raconter une chute autant qu’une ascension. Pour l’instant, seule l’évolution est montrée, sans réel contrepoids dramatique. Reste à voir si la suite osera explorer le prix réel de cette victoire.

Disponible sur Disney+

Disney+ a renouvelé Made in Korea pour une saison 2.

 

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